AUTOPSIE D'UNE REVOLUTIONJ'ai vu mes pensées fleurirSur l'arbre mort de ma résurrectionAlors que dans les siècles d'autrefoisLa vie apparaissait comme un remordsJ'ai alors voyagé démentDans l'artifice béat De l'enfer du transparentOù filtrait par gouttesL'océan d'un ennui sanguinolentJ'arrivais à Salem blêmeDans un festin de sorcièresQui illuminèrent mon malDe poisons insondables et dà ...
AUTOPSIE D'UNE REVOLUTIONJ'ai vu mes pensées fleurir
Sur l'arbre mort de ma résurrection
Alors que dans les siècles d'autrefois
La vie apparaissait comme un remords
J'ai alors voyagé dément
Dans l'artifice béat
De l'enfer du transparent
Où filtrait par gouttes
L'océan d'un ennui sanguinolent
J'arrivais à Salem blême
Dans un festin de sorcières
Qui illuminèrent mon mal
De poisons insondables et délicats
Elles me parlèrent de révolutions à venir
Dans les siècles de l'apoplexie
Où l'Homme pour lutter contre la léthargie
Se droguait d'illusoires idéaux
Qui ressemblaient à mes larmes d'ostrogoth
C'était l'époque
Où la poésie n'était que mots
Casanova moribond
Dans la Venise du renouveau
Où les femmes se prostituaient
Dans l'âge d'or des guerriers machos
Qui définissaient l'amour
Comme un Sodome et Gomorrhe
Que Sade transcrivit
Annonçant la fin des aristos
Je me rapprochais alors
De mon dilemme prenant
Surpris à libérer les passions
Dans des poésies déclamations
Où je partais de mon intention
Que de Communes n'ai-je vues
Humiliées et déchirées
Dans les sarcasmes pourris
De la note à payer
Pour le prix de ma libération
J'arrivais chez les Soviets
Point de départ primitif
De la réponse à mes déboires
Dans lesquels pondéré
J'observais Staline
Qui prônait l'athéisme
D'une divine façon
Façonnant à l'unisson
La démocratie qui mourait à petits feux
Dans une justice sociale
Où l'on sculptait l'Homme nouveau
A la vitesse de la lumière
En tombant de cette évidence
L'enfer est en nous
Le socialisme n'est qu'un purgatoire long et délicat
Où se reflètent mes réflexes de pensées
Entre l 'ancienneté et la modernité
De cet échec malencontreux
Je débouchais en Chine
Où je rencontrais Mao
Dans une révolution culturelle
Où il fallait suivre le garde rouge
Mais où es-tu démocratie ?
Ce ne fut qu'un feu de paille
Perdu dans la mitraille
Des attaques d'Enver Hoxha
L'albanais solitaire
Qui enferma son peuple
Dans l'interdit
Vis seul dans ta forteresse
Ne sors pas dans cet enfer
Qui submergea le phare rouge
D'une toux maladive
Tel un sidéen fanatique
Qui n'a que la mort comme vision
Et qui me tue
Moi , le bolchevik rachitique
C'était l'autopsie d'une révolution
Le marxisme ne suffit pas
A cette science
Il lui faut sa conscience
Commençait alors le long règne de la poésie
NAISSANCE DU POETEJe suis né dans un vent de révolte
Surgissant souriant à ce monde
Ma mère , souffrant et jouissant
Pria le ciel dans une langue inconnue
En voyant mon regard inquiet et caressant
J'appris à chercher son sein
Comme on cherche les primitives vérités
Sa beauté me ravit
Et je m'accrochais à sa destinée
Je suis né dans un élan d'amour incertain
Quand cette femme
Croyant avoir enfanté le Mal
Implora la Vierge
Qui lui montra , moi l'hérésie
Ma mère fut d'emblée ma maîtresse
Elle s'accoupla à mes désirs
Berçant mes premiers rires , mes premiers pleurs
De baisers sauvages comme la vie
Je suis né , moi Odipe prématuré
Dans le sillage d'une femme
Qui a tracé mon destin
A la croisée d'une époque
Où se perdent les idoles
Où marche un poète
Guidé par l'étoile de la Féminité
FEVRIER 93RENCONTRE AVEC LE DIABLEUn soir ,
Dans un parc
Alors que j'adorais
Une providentielle sérénité
Un chat noir surgit
Et miaulant à mes pieds
Me fit signe de le suivre
Sur un chemin qu'il indiqua
Avec ses prunelles voraces
Soudain
Le sol se déroba près de moi
De grandes flammes jaillirent
Et apparut dans le noir
Nimbée d'un feu bleu inconnu
Une femme lumineuse et ténébreuse
Qui aussitôt
Me toisa d'un regard puissant et mystérieux
Qui es-tu , noble étranger
Sois le bienvenu dans le royaume des ténèbres
Que j'annonce toujours
Avec un baiser de lumière
Je ne suis qu'un étranger de passage
Poète égaré dans les nuits douloureuses
Qui va à la quête de sa liberté
Dans ce monde bafoué par l'adversité
Mais vous , qui êtes-vous , noble dame ?
Je suis le diable honni par les religions
Qui par la force du sexe
Détourne les hommes les plus hardis
Des commandements établis
Mais que cherchez-vous
Etrange dame
Dans ce parc solitaire et glacé
Où le vent comme un mourant
Gémit sur les débris de février
Toujours , je cherche l'amour
De véritables insoumis
Qui verraient mon vagin
Comme une étoile promise
D'où surgirait
L'enfant promis des belles saisons
Moi qui fuis les contrées
Où les femmes sont voilées
J'échafaude une liberté
Secrète comme un être non identifié
Vaste comme un continent à découvrir
Laissez-moi chanter votre étoile
Moi qui , né en zone contrôlée par l'ennemi
Elabore une stratégie fine et passionnée
Afin de résister
A l'ordre corrompu et outrancier
Soudain , elle ôta
Sa longue robe noire
Je m'approchai
Etait-elle orientale ou occidentale ?
Je me baissai
Et baisai son sexe
A la senteur
Des profondeurs de la terre chaude et humide
Je suis la nature défigurée
Prends cette fiole
Elle contient
La magie des règles de ma vie
J'eus à peine le temps de la remercier
Elle disparut dans une flamme
Emportant avec elle
Un début d'amour irréel
O Etre satanique
Qui défend sa Terre
Avec l'intelligence de la passion
Prends ces vers
Comme l'hommage d'un poète
Au combat millénaire et clandestin
De toutes ces femmes oubliées
DIMANCHE 1 FEVRIER 2004biografia:
Bruno MorelloVa paraître mon recueil LE VAGABOND DES MOTS
J'en profite pour vous redonner l'adresse de mon blog:
http://lonesomemao.skyrock.com/bruno.morello@free.fr