La belle et le shérifAu début, elle pensait que c'était un jeu. Elle riait. Son petit frère aussi. Il jouait au cow-boy avec les autres gosses du quartier et de ce fait c'était toujours lui le shérif, vu qu'il avait déjà l'insigne.Elle, avec cette petite tache jaune [comme une broche] cousue sur sa blouse grise d'écolière et ses longs cheveux noirs bouclés qui tombaient sur ses épaules ...
La belle et le shérifAu début, elle pensait que c'était un jeu. Elle riait. Son petit frère aussi. Il jouait au cow-boy avec les autres gosses du quartier et de ce fait c'était toujours lui le shérif, vu qu'il avait déjà l'insigne.
Elle, avec cette petite tache jaune [comme une broche] cousue sur sa blouse grise d'écolière et ses longs cheveux noirs bouclés qui tombaient sur ses épaules, ça la rendait mille fois plus belle encore.
Je l'aimais. Je l'ai aimée. Je ne lui ai jamais dit. Elle était trop belle. Elle m'aurait ri au nez. Peut-être.
A compter de ce jour tout changea pour elle et autour d'eux, son frère et ses parents. A croire qu'ils étaient tous malades dans sa famille et que c'était une maladie contagieuse. C'est vrai aussi qu'elle était de plus en plus belle et, comme dit mon grand-père, «la beauté attise la jalousie ». Mais enfin, c'est mon grand-père.
Un soir, des soldats sont venus les chercher. Tous les shérifs et toutes les belles du coin. Ils sont partis vers la gare, pour un voyage sans bagages. Et le temps n'a plus rien dit.
J'ai compris. Plus tard. Bien plus tard. L'étoile. Les étoiles. Dans le ciel. Elle brille. Elles brillent et puis plus rien, tout s'éteint, tout s'éteint, la belle et le shérif. Les étoiles.
Elles étaient six millions dans un morceau de ciel qui n'existe plus.
Au début elle pensait que c'était un jeu.Août 1996
La Guerre se prostitue
Pour un morceau de pain
Que la paix distribue
D'une amoureuse main
12 mars 1982
souviens toi
Septembre
souviens toi
de ce jour
là
dans ta mémoire
à peine
souviens toi
septembre
à comme un goût
de cendres
de larmes
un goût de rien
et je ne vois pas
je ne vois plus
le fleuve
et la rue
souviens toi
Septembre
souviens toi
la pluie
n'a plus le même goût
depuis
souviens toi
Septembre
souviens toi
de ce jour
si lourd
et si froid
de ce ciel
bleu
cruel
et malheureux
où sont-ils
où sont -elles
avec leurs ailes
fragiles
ces oiseaux
ces hirondelles
les manteaux
les ombrelles
souviens toi
Septembre
l'automne
et les feuilles mortes
mortes aussi
où sont-ils
où sont-elles
tous ces fils
ces ficelles
que plus rien
ne retient
souviens toi
Septembre
souviens toi
de ce jour-là
juste un moment
un seul instant
souviens-toi
septembre
souviens-toi
seulement
de la poussière
et du vent
de ce jour sombre
et gris
de cette ombre
à midi
souviens toi
enfin
de moi
demain
souviens toi
souviens toi
Septembre
où sont-ils
où sont -elles
avec leurs ailes
fragiles
souviens toi
septembre
jamais
à jamais...
biografia:
Alphonse SALAFIAJe suis né en Lozère, habite dan sle Nord de la France près de Roubaix... Ecris de la poésie depuis 16 ans.
secteur44@free.fr