dans « Les Ateliers du Rêve » : Testament d’un poète J’imaginais un LANGAGEapte à soulever les MONTAGNES,à colorier le CIEL, à éveiller les VOLCANS,à secouer la TERRE,à inquiéter les OCEANS et à allumer le SOLEIL. J’imaginais un Langage TOTAL, Mythique et Sidéral,s’adressant en même TEMPS :au Cœur, à l’Ame, à l’Esprit et au Corps…un Langage METEORE,suscitant toute ...
dans « Les Ateliers du Rêve » :
Testament d’un poète J’imaginais un LANGAGE
apte à soulever les MONTAGNES,
à colorier le CIEL, à éveiller les VOLCANS,
à secouer la TERRE,
à inquiéter les OCEANS et à allumer le SOLEIL.
J’imaginais un Langage TOTAL, Mythique et Sidéral,
s’adressant en même TEMPS :
au Cœur, à l’Ame, à l’Esprit et au Corps…
un Langage METEORE,
suscitant toutes les SENSATIONS
Spirituelles et Physiques Possibles…
bien plus fort que la Vie et plus fort que la Mort.
J’imaginais un Langage embrassant les Délires,
les Folies et les VERTIGES,
les Néants, les INFINIS et les ABSOLUS…
un Langage MYSTIQUE exprimant l’INEXPRIMABLE,
l’INVISIBLE, l’INAUDIBLE et l’INCROYABLE.
J’imaginais un Langage gommant les PARADOXES ?
et traduisant les Mystères
les plus INSONDABLES de la VIE…
un Langage SENSUEL au-dessus des LANGAGES,
ressuscitant l’AGONIE en EXTASE INSAISISSABLE.
J’imaginais un Langage EXPLOSIF et DIVIN,
réinventant toutes les FORMES
de TENDRESSE et d’AMOUR.
J’imaginais un Langage métamorphosant
la LAIDEUR en GRACE,
le Désordre en HARMONIE
et l’Absurdité en PERFECTION.
J’imaginais un Langage du SILENCE et de la Métaphore,
dépassant Systématiquement les LIMITES établies,
en-dehors des RELIGIONS et des PHILOSOPHIES.
J’imaginais un Langage de l’APESANTEUR
et de l’UTOPIE,
ensorcelant les FLEURS et les ANIMAUX,
et donnant à toute CHOSE son Immortalité.
J’imaginais un Langage nous inondant d’ORGASMES
dans l’IVRESSE des Ivresses.
J’imaginais un Langage de la RENAISSANCE
et de l’APOCALYPSE,
synthétisant les ARTS VIVANTS,
et vibrant plus fort que n’importe quelle MUSIQUE.
J’imaginais un Langage HORS du TEMPS et de l’ESPACE,
curant l’INCURABLE et domptant l’INDOMPTABLE.
J’imaginais un Langage dépouillé à l’EXTREME,
et touchant constamment l’ESSENCE des Essences.
J’imaginais un Langage éclatant d’HUMOUR,
sensible jusqu’aux LARMES,
baigné des SOURCES d’EROS…
un Langage MIROIR contre l’Immobilité,
un Langage illustrant le Mémoire de l’Humanité.
J’imaginais un Langage plus douloureux que la DOULEUR,
plus passionné que la PASSION, plus fou que la FOLIE ?
plus sage que la SAGESSE,
plus violent que la VIOLENCE…
écrit avec de la CHAIR, du SANG, des OS,
du SPERME, des CRIS,
et plongeant au-dedans des GOUFFRES d’une VIE.
J’imaginais un Langage qui ferait hurler les CADAVRES.
J’imaginais un Langage qui ferait Bander DIEU.
DOUX Langage de l’EDEN et du MIRACULEUX…
Je brûlai comme le SOLEIL illuminant la MER
Par AMOUR, j’avalai toutes les PLUIES de la TERRE
La RAGE appela mon ETRE vers les immensités
Mais l’Eternité ROYALE m’a Royalement Baisé !
Les paradis de l’amour Dans son GOUFFRE intérieur,
tout Signe futile semait des tonnes d’Espoir.
La PLUIE emportait ses Souvenirs
dans une RIGOLE de Mélancolie.
Il châtrait sa Rage d’être sur les LIMITES du Monde.
SAOUL à crever et d’un Appétit Vorace,
sans VERBE, ni Frontière :
il espérait l’invisibilité des FANTOMES
pour traverser les MURS.
Comment VIVRE verrouillé de NAISSANCE,
Dans la Mouvance du COSMOS et l’Explosion des Comètes ?
Dans le FEU de ses YEUX,
il réchauffait son AME avec une Bûche de Cœur.
Les COLORIS de l’Automne
ornaient les Crépuscules de sa NOSTALGIE.
Ses LARMES agitaient les fonds Océaniques.
Son INCERTITUDE voguait
sur les Rives Sauvages du SENTIMENT.
Le VENT Glacial chuchotait aux Oreilles de la NUIT,
un MOT venu d’ailleurs :
Chacun son BLUES, en attendant son Heure…
Comment inventer une MUSIQUE
pleine de Soleils et d’Aurores ?
Dans les Replis de sa NUQUE, des Ruisseaux de Délicatesse
apaisaient des BLESSURES, issues du Fond des AGES.
Le Moindre OISEAU lui rappelait
les Nids Vides et les Rêves Envolés.
Sa Passion le fit vomir sur ses Désirs inassouvis.
Personne à la Hauteur des CIMES inaccessibles !
L’IVRESSE naquit sur ta VIE et la VILLE.
Les CASCADES poétiques inondaient les Terres Fertiles.
Comment abolir le TEMPS dans l’INFINI
de ses Cheveux,
don seul REFUGE d’Hiver ?
Dans le VOLCAN de sa Bouche,
sa Lange tremblait des Fièvres de l’AMOUR.
Il sculptait ses SEINS sismologiques,
gorgés de Lave sucrée.
[etc.]
extrait de « Passant dépassé par les événements et repassé par le temps » […] Je baisai en Douce un des tes Phares d’AZUR
Au Royaume des AMOURS :
la Démesure fit germer en toi, un DOUTE obscur !
Je n’avais pas appris à PARLER…
Mon CORPS meurtri s’échoua
sur les PLAGES de la Connaissance.
Il m’a semblé qu’on VIT les CHOSES,
avant de les nommer !
Toute SOIF éveille en nous, une nouvelle RENAISSANCE…
Au Moindre FRISSON suspect qui remue en Toi,
un INCENDIE immense menaçant même le VENT :
prends le LARGE et File vers l’HORIZON,
tu y trouveras peut-être, les RACINES de ton NOM !
Je t’envoie un FLOT de Pensées,
au Fond d’une POSTE Restante.
Dans la Géométrie de l’OUBLI :
je trace mes POINTS de Repère…
Oh COMPLICE des mes ERRANCES, aux Portes du Désert.
[etc.]
Biographie:
Skender SHERIFI est né à Vitina [Kosova] le 16 octobre 1954. Son père est originaire de la région de Tropoja et donc de l’Albanie, tandis que sa mère est une albanaise du Monténégro, venant du village de Vuthaj [d’où est issu l’académicien albanais Rexhep Qosja] près du Lac de Plavë et Gusinje. Il vit à Bruxelles en Belgique depuis 1956.
Skender Sherifi est diplômé en Langue et Littérature française : il a été dans l’ordre ou le désordre comme au Tiercé de Vincennes, parfois professeur de français, professeur d’éducation civique et morale, professeur de relations publiques et d’analyse des médias à l’université francophone internationale ; journaliste culturel dans les radios belges [Radio Contact et Kiss F.M.] et dans la presse écrite, comme présentateur et critique des spectacles, des films, des pièces de théâtre, des expos et des livres. Cela lui a permis de rencontrer et d’interviewer entre 500 et 600 Artistes Francophone et Européens, de réputation nationale et internationale.
Skender est arrivé à 20 mois en Belgique avec sa famille, et il a donc passé toute sa vie à l’étranger, dans l’Europe francophone et cosmopolite. Il a également vécu pas mal de temps à Paris, chez des amis écrivains prestigieux, en fréquentant grâce à eux, un nombre incroyable de créateurs célèbres de l’hexagone. On peut citer parmi eux des gens comme Seghers, Leiris, Mandiargues, Soupault, Aragon, Braudel, Lévi-Strauss, Léo Ferré, Pierre Emmanuel, Blanchot, Klossowski, Sabatier, etc. De même qu’il a connu et côtoyé de loin ou de près, toute l’intelligentsia et les artistes belges les plus connus, depuis la seconde moitié du vingtième siècle, dans la littérature, le cinéma, le théâtre et la peinture [ce qui est normal après avoir passé quasi un demi-siècle à Bruxelles].
Skender Sherifi a contrairement a beaucoup d’autres créateurs ou personnalités albanaises de la diaspora opéré un vrai et durable retour aux sources vers son Pays et ses lieux d’origines. En effet, il a passé quelques années [entre le début 1976 et la fin de l’année 1980] dans l’univers albanais de Kosova à Prishtina, période durant laquelle, il a fréquenté tous les intellectuels et les artistes du Kosovo.
Et enfin, depuis la chute du régime d’Enver Hoxha, à partir de l’année 1990 : Skender Sherifi a effectué au moins 15 séjours en Albanie, allant ainsi à la rencontre de son Pays d’origine et de son peuple. De plus, il faut signaler que son passage par l’Albanie et Kosova a laissé des traces culturelles quelque part : puisque Sherifi est un des rares albanais de la diaspora [ex-immigré de la seconde génération quasiment né à l’étranger, et ayant passé près de 50 années de sa vie, dans l’univers francophone] a avoir été publié en langue albanaise à Pristina dès l’année 1980, et d’être ainsi admis de fait dans le cadre de la littérature albanaise [via le soutien de personnalités telles que Rugova, Sabri Hamiti, Ekrem Basha, Murat Bejta, Ali Podrimja, etc.]
Ensuite, il est l’un des seuls à avoir bénéficié d’un soutien officiel de l’état albanais à Tirana, en étant publié en 1996 en langue albanaise, avec l’appui et le financement du Ministre de la Culture de l’époque : Monsieur Théodore Laço, et d’être ainsi admis de fait dans le cadre de la littérature albanaise d’Albanie. Il faut aussi ajouter que Skender Sherifi a également contribué à faire connaître et à défendre un peu partout en Belgique et en France, la culture et la création albanaise d’où qu’elle vienne, par des actes concrets tels que : la première traduction d’une anthologie de la Poésie albanaise de Kosova et des albanais de l’ex-Yougoslavie, avec 20 auteurs albanais, tous traduits en langue française par Skender Sherifi, lequel s’est aussi chargé d’assurer la promotion dans les divers médias francophones belges, français et suisses de cette anthologie bilingue publiée aux éditions Rilindja à Prishtina, en 1980 à quelques 3000 exemplaires. L’accueil médiatique dépassa toutes nos espérances, avec pas loin de 30 réactions diverses dans les journaux, revues, radios et télés, tant à Bruxelles, qu’à Paris ou bien à Lausanne en Suisse. Il faut ajouter que c’était la toute première fois en 1980 en Europe Occidentale francophone, que l’on découvrait des créateurs et des poètes albanais venant de l’ex-Yougoslavie, et qu’on constatait l’existence du Kosovo, son autonomie de l’époque et son effervescence culturelle.
Ensuite, Skender Sherifi a soutenu du mieux possible le cinéma albanais, en conseillant, en appuyant et en présentant lui-même face au public belge, toute une série de cinéastes albanais d’Albanie et de Kosova, dans le cadre du « Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles » dirigé par son ami Philippe Preux. C’est ainsi qu’il a pu présenter face au public belge du Festival, des cinéastes comme Agim Sopi, Fadil Hysaj, Kujtim Cashku, Ilya Terpini, Vladimir Prifti, Esad Musliu, Fatmir Koci, Saïmir Kumbaro, Besnik Bisha, Gjergj Xhuvani… Il a agit de même face aux écrivains albanais, puisqu’il les a présenté lui-même, en compagnie d’amis écrivains belges réputés [comme le sont Verheggen, Cliff, Izoard] à Bruxelles, des auteurs comme Sabri Hamiti, Ekrem Basha, Besnik Mustafaj, Dritero Agolli, Prec Zogaj, Mimosa Ahmeti, etc.
Skender Sherifi a représenté l’Albanie officiellement comme auteur, à 3 reprises, lors de la fameuse « Biennale Internationale de la Poésie de Liège », en compagnie notamment de Mimosa Ahmeti et dernièrement de Bashkim Shehu. Enfin en septembre 2003 et en décembre 2004, suite à son entrée fracassante dans le prestigieux Dictionnaire Larousse des Littératures mondiales [fin 2002 – début 2003 à Paris], les éditions « Onufri » à Tirana publient deux de ses livres en langue française : « Les Ateliers du Rêve et Passion », des textes qui proposent au public albanais et aux nombreux jeunes, de faire un grand saut dans la modernité de ce siècle et de goûter à toutes les expériences et les sensations de l’underground actuel et de l’avant garde européenne !
Sinon, Skender Sherifi est un grand passionné de cinéma [un vrai cinéphile averti qui voit près de 400 films par an], un amateur de théâtre, de peinture, de sculpture, de musiques diverses, de danse moderne… Bref toute une existence nourrie d’ARTS, de SPECTACLES, de créations diverses, mais également de rencontres, de voyages, d’amitiés sincères et fidèles, et marquée du sceau de l’humanisme et d’une humanité ouverte, curieuse de tout et par-dessus tout généreuse.
A la suite de ses nombreux échanges et expériences avec l’Albanie et les diverses réactions enthousiastes des jeunes albanais envers sa personne et sa littérature, Skender Sherifi leur répond à tous via cette « Lettre ouverte à la Jeunesse albanaise »
PUBLICATIONS
En FRANCE : en langue française
- « Quelque part Quelqu’un » - 1980 aux éditions Saint-Germain-des-Prés à Paris
- « OXYGENE » – en 1984 aux éditions Saint-Germain-des-Prés à Paris
A KOSOVA : en langue albanaise
- « Jeux et Contre-Jeux » - « Lojë e Kundërlojë » - éditions Rilindja à Prishtina en 1980
- « Oxygène » - « Oksigjeni » - éditions Rilindja à Prishtina en 1989
Traduction à KOSOVA : en langue française
- « La Solitude d’une Branche » – « Dega e Pikëlluar », une Anthologie de la Poésie Albanaise de l’ex-Yougoslavie, surtout du Kosovo, comprenant 20 Auteurs et parue à Prishtina, chez Rilindja en éditions bilingues à 3000 ex. en 1980
En ALBANIE : en langue albanaise
- « A l’Heure des Météores » – « Ora e Meteorëve » - aux éditions Globus R. en 1996, financé et soutenu par le Ministère de la Culture à Tirana et Théodore Laço.
En ALBANIE : en langue française
- « Les Ateliers du Rêve » – publié aux éditions Onufri à Tirana en septembre 2003
- « PASSION » - publié aux éditions Onufri à Tirana en décembre 2004
- 'Conversations avec la jeunesse albanaise' - Ed EMAL à Tirana 2006
iliriapost.pristina@gmail.com