Scarlett for everOuragans et zéphyrs n'ont qu'à bien se tenirMuselée par la vie aspirée de tourmentesJe tourbillonne au gré de mille souvenirsPrête à briser des glaces de lendemains qui chantentDes Hauts de hurlevent aux alizés sauvagesJ'offre mon âme errante aux lunes de minuitEt j'attends affamée telle enfant sans bagagesUne brise apaisante aux soleils assagisAutan et Föhn vengeur exp ...
Scarlett for everOuragans et zéphyrs n'ont qu'à bien se tenir
Muselée par la vie aspirée de tourmentes
Je tourbillonne au gré de mille souvenirs
Prête à briser des glaces de lendemains qui chantent
Des Hauts de hurlevent aux alizés sauvages
J'offre mon âme errante aux lunes de minuit
Et j'attends affamée telle enfant sans bagages
Une brise apaisante aux soleils assagis
Autan et Föhn vengeur explosent ma mémoire
Un siroco farceur se glisse au creux des reins
Je me fais tourterelle envolée vers les soirs
Abritée des tornades d'un très vieux parchemin
L'hiver venu grelottant sous de sinistres bises
L'esprit plein de frimas et de peurs englouties
Je frissonne orpheline de merveilleuses frises
Tricotant une écharpe tissant hymnes à ma vie
Un été bruisselant de millions de cigales
Soufflera un orage et balaiera les morts
Je me ferai typhon et deviendrai d'opale
Poussée par les embruns je trouverai un port
Scarlett inachevée d'un Tara à construire
Autant m'en emporte l'inexorable vent
Je ne renoncerai pas à vivre et à fuir
Les cyclones vengeurs et les vils ouragans.
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De Toulouse à TafraoutDe Toulouse à Tafraout
Il n'y a qu'une seconde
Car depuis quelques jours nous partageons la route
Et grâce à toi j'ai appris à relire le monde.
Les ocres bleus de ton village
Font écho à mes pages :
J'ai trébuché une nuit d'avril sur tes mots envoûtants
Et me voilà enfin, les yeux le cour chantant
Découvrant des ailleurs, des magies, des beautés,
Ensorcelée déjà par ces roches et ces pierres
Me sentant fée des sables et câline sorcière
Et t'offrant de mon âme les fines aspérités.
Du Café St Sernin au Café des Délices
Je t'envoie folies douces et lumières stellaires.
Sans doute un jour boirons nous un pastis,
Moi la Toulousaine et toi, mon Prince des déserts.
Garonne ouvrira ses flancs ondulant d'aise
Quand le long de berges dolentes tu raconteras les braises
D'un soleil dardant ses pointes acérées
Et plongeant ses lumières dans le Drâa asséché.
Une mer nous sépare mais nos cours sont jumeaux,
Je me sens ta gazelle et tu te dis mon loup.
Mes timides violettes tu cueilleras beaucoup
Je serai ta rose des sables toute ouverte à nouveau.
Le palmier des Jacobins se penchera vers tes ruelles
Blanches. Briques rouges et chapeau de Napoléon
Danseront sarabande, ma cité gasconne se fera caravelle :
Sur l'eau verte du canal vers l'Orient nous voguerons.
Ton oasis charnue aux amandiers en fleur
Croisera en pays de cocagne le pastel aux couleurs
De tes roches azuréennes, et Mohammed Khaïr Eddine
Ecoutera le jazz de Claude en sourdine.
Au loin mes Pyrénées se profilent, grandioses et enneigées,
Tandis que ton Atlas domine en majesté
Paysages lunaires, poussières laminées
D'un vent en cousinage à mon Autan voilé.
Les sororités de nos textes en goguette
Se bousculent et se croisent à en perdre la tête.
Mes millions de toits roses se prosternent vers la Mecque,
Nos croyances et respects illuminent la fête
Elle sera belle, limpide, pure et chatoyante
Cette rencontre de deux cours du Prince et de l'Infante
Mon cour vibre de miel et je fonds, indolente,
Vers toi mon bel ami dont je serai l'amante.
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Les mots sont de retour.Quelle cacophonie !
On ne peut plus s'entendre dans ce charivari !
Mes esprits s'éparpillent, mon âme est déchaînée,
Je file comme une anguille au cours d'eau éclairé.
Où étiez-vous, mes tendres ?
Je vous avais perdus, n'arrivant plus à entendre
Les couleurs de vos miels,
Et vous voilà enfin, magiques, sans pareils,
Assagis et dociles
Sous ma plume facile.
Que c'est bon de vous sentir,
Telle brise océane,
Respirant la beauté, peuple bon et diaphane,
Vous coucher à mes rêves
Et me créer de glèbe.
Vous me modelez, argile, de vos miroirs graciles,
Vous me portez, fragile, de vos mains si tactiles.
Je suis en renaissance, je revis, papillonne,
Espérance et soleil d'une terre qui tonne,
Car vos orages n'ont d'égal que mes vents apaisés,
Aquilins au repos tels fardeaux déposés.
Me voilà libre, déliée, écureuil de ma vie,
Sautant de branche en branche, rivière au saut du lit,
Mon âme s'encanaille au péril de mes nuits,
Oh, qu'il est bon de vivre lorsque la peine a fui.
Par pitié, ne me laissez plus jamais seule,
Demeurez, obstinés, ne prenez plus la mouche,
Prêtez-moi votre plume au milieu des fracas,
Je vous promets la lune si Pierrot ne veut pas !
Il a suffi d'un signe dans la diachromie des cours
Pour que l'encre s'évade, coquine et délurée,
Et au colin-maillard des espérances folles
Je joue à chat perché, comptant des fariboles
Sans même me cacher, envahie, épanouie,
Déversant au torrent mon moulin à paroles,
Ruisselette amoureuse et poétesse folle.
Je vous garde, promis, je ne vous quitte plus !
Vous les ocres éclatants et toi ma source vive,
Nous peindrons des préludes et pinceront des bleus,
Encordés enlacés tendrement amoureux,
Et toi le grand poète qui libéra un peuple,
Je te nomme gardien, ami et du bonheur prophète.
biografia:
Sabine AussenacMétisse rhénanotarnaise, je suis née en Champagne et pétille de mots et de bonheurs.
J'ai grandi entre Rhin et Garonne, entre lumières méditerranes et sombres forêts de sapins, entre Heine et Hugo, Mozart et Couperin, Stollen et Foie gras!
Ayant compris très tôt que le pays des penseurs et des philosophes était aussi celui de l'Indicible, je décidais de faire devoir de mémoire et travaille encore à un doctorat sur la poésie juive de la Shoah, après avoir rédigé un DEA sur Rose Ausländer.['Rose Ausländer, une poétesse juive en sursis d'espérance.']
Devant le manque de plus en plus flagrant d'élèves germanistes, je tente aussi de m'investir dans la communication autour de l'enseignement de l'allemand et je travaille en partenariat avec des entreprises pour faire sortir l'allemand de l'intra muros de l'Education Nationale.
Maman de trois enfants, je vis en terre toulousaine, ne pouvant me passer des beautés séculaires de ma brique rose et du parfum de l'Autan.
'Longtemps, je t'ai rêvée.
Perdue au fond des terres arides du Cantal, enlisée dans la lave stratifiée des volcans, je te cherchais, palais de briques roses, sur le fil ténu de ma mémoire.
Je fixais tes vertiges, placardant de grandes affiches de la basilique St Sernin sur les murs gris de mon appartement clermontois, m'enivrant de tes lumières, orpheline de tes mondes colorés, de tes petits marchés, de tes pincées de tuiles. La ligne bleutée des Pyrénées, se dessinant les soirs d'été tout au loin, m'était appel et mirage. J'avais soif de toi.
Me manquaient la douceur de tes ocres toscans, le parfum des tilleuls et des lilas des soirs de mai; me manquaient ta croix occitane et tes ruelles chargées d'histoire, tes bleus pasteliers et tes joutes hérétiques, tes éblouissements multicolores, de tes violettes timides au sang de tes briques. Toi la fière, la rebelle, capitale debout d'une Occitanie qui se rêvait libre.
Sans toi, je n'étais rien. J'avais faim de tes petits matins gourmands et tendres, lorsque tu t'éveillais, mi Reine des Pyrénées, mi village gascon, faim des claquements des persiennes et du café brûlant dans les tasses vert et or du Florida. J'avais faim de ta faconde, des effluves de cassoulet aux marchés aux gras. Mes lieux de vie me semblaient orthorexiques et glacés. J'avais froid sans tes ardeurs méditerrannes, lorsque ton soleil d'enfer dardait la brique et que seules tes églises offraient des oasis de fraîcheur.
Longtemps, je descendais en songe tes fleuves impassibles.Je revoyais tes eaux mêlées. Ville confluente, carrefour entre l'orient des plages languedociennes et l'occident des déferlantes, à mi voie des garrigues et des pins landais. A la croisée des chemins, cité Gasconne aux lumières provençales, antichambre de la méditerranée et promesse océane, arc-en-ciel identitaire, tu te fais passerelle, route de la soie des Suds et escale, auberge espagnole et métissage portuaire. L'eau verte du Canal me conduisait à Sète, et Garonne me guidait presque outre atlantique. Tu étais mon Ellis Island, mon espérance, ma terre promise.
Mon hérétique.Tu m'as appris le devoir d'insolence. Toi la protestante, la cathare, sour des Esclarmonde et autres « Parfaites », écho des citadelles du vertiges se profilant aux confins de l'Aude, porte de Montségur. Jamais tu n'as fait profil bas, résistant à cette langue d'oïl qui voulait faire taire tes terres, hostile à tous les Parisianismes, défiant les lois de ces lointains quais des Brumes, éclatante de fierté. Même martyre, embrasée dans le moderne et sinistre bûcher de l'AZF, victime des incohérences et des lâchetés humaines, tu as su te relever.
Longtemps, je t'ai aimée.
Nous écoutions les notes bleues de Claude et buvions du thé au Jasmin au Bol Bu, hypokhâgneuses en révolte, chassant les nuages et les garçons, découvrant la vraie vie au sortir de nos campagnes tarnaises ou gersoises.Nous hantions les longues travées de ce Mirail bétonné, récitant Verlaine et critiquant nos pères.Les martinets hurlaient dans un ciel bleu comme en enfer et je plaquais les trois accords de Blowing in the wind , moniale naïve et vestale encore, sous la travée du cloître des Jacobins. Nous voulions changer la vie: Ma première matraque m'a frappée rue du Taur.
J'avais 20 ans quand la France a rosi, et je me souviens du Capitole en liesse, de la première fête de la musique, de nos grandes espérances. Beaucoup plus tard, petite Poucette rêveuse, j'ai égrené mes rêves et grandi. Mais je n'oublierai jamais ma foi adolescente, motivée avant l'heure, rouge comme Rosa Luxembourg et persuadée que nous transformerions le monde .
Et puis j'ai goûté Paris et ses ors magnifiques, Bruxelles et sa Grand place, Londres, Prague, Berlin...Pourtant, c'est vers toi que mon cour me porte.Tu es mon ancre et ma grand voile, mon passé et mes futurs.J'ai rêvé ma vie sur les coussins de mon petit appartement du quartier des Chalets, je la rêve encore, plantant le lilas de mes espérances sur la terrasse d'une grande maison qui hésiterait entre Jardin des Plantes et canal.
Aujourd'hui, mes enfants te découvrent et vivent sous tes toits de tuiles. Premiers baisers sous les tilleuls de la promenade, le long de Garonne.On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
Tu as grandi aussi.Tu vogues sur tes ailes du désir, sour des étoiles, carrefour de l'Europe. Parfois mutilée par les chantiers immenses, tu seras bientôt libérée des trafics. Tes affaires Calas et autres scandales ne peuvent te noircir. Tu respectes ceux qui t'aiment, et ils te le rendent bien.
Tu es toujours mon autre. Mon double je, ma ville mémoire, ma ville espoir. De l'angélus de l'aube à l'angélus du soir, j'écrirai, face au clocher de St Sernin, au-dessus d'un million de toits roses.
Au fronton du Capitole, sous le palmier des Jacobins, le long des berges de Garonne, sur l'eau verte du Canal du Midi, j'écrirai ton nom: TOULOUSE.'
La poésie m'est ancre et Grand voile, m'enracine à ma terre occitane et m'ouvre au monde et à la vie.
Européenne de coeur, très attachée à l'Europe des Régions et au dialogue franco allemand, je me sens Lili Marleen, j'ai envie de faire chanter les hommes de tous les continents, malgré les conflits et les haines.
J'aime écrire, par le feu, comme Marina, pour retrouver l'éternité, comme Arthur,et la poésie m'est aussi pont, rivière, océan, univers.
'La poésie sauvera le monde.'
Dostoïevski.
apfelkraut32@yahoo.fr