Marie Hurtrel – FranceEt pas moiLes mots sont inutiles sur l’absenceDis-tuLes heures ne s’étirent pas à se taireDis-tuLe silence ne nourrit rienDis-tuIl est à boire le sang du jourDis-tuIl est à voir l’instant immédiatDis-tuTu aimes et moi et Dis-tuIl n’est pas à le dire Dis-tuIl va sans le direDis-tuTu es ce que j’ignoreJe suis ce que tu saisCopine copine avec rien le vide le fr ...
Marie Hurtrel – France
Et pas moi
Les mots sont inutiles sur l’absence Dis-tu Les heures ne s’étirent pas à se taire Dis-tu Le silence ne nourrit rien Dis-tu Il est à boire le sang du jour Dis-tu Il est à voir l’instant immédiat Dis-tu Tu aimes et moi et Dis-tu Il n’est pas à le dire Dis-tu Il va sans le dire Dis-tu
Tu es ce que j’ignore
Je suis ce que tu sais
Copine copine avec rien le vide le froid le sans le possible Dis-tu
Tu fonctionnes comme ça Et pas moi
Comme un tam-tam je reviens Sur toi et demain S’il pleut je pleure S’il soleil je meurs Ce n’est que d’un mot dont je rêve Un baume sur le froid le sans le rien Une caresse sur le manque
Parce qu’il manque tout Il n’y a plus de pétales aux fleurs Plus de parfum au fruit Plus de notes de musique Et le silence étouffe de silence Et la vie se meurt de vivre L’eau est amère L’air vicié Le vin aigre Le vent saharien La neige boueuse La route défoncée Le sang séché L’encre diluée Le papier brûlé Le livre fermé La fenêtre béante La porte battante Mes pieds embourbés La nuit apeurée La terre empierrée
Les ronces griffent mes joues Le feu lèche mes chevilles J’entends le brouhaha des cris qui s’éteignent L’odeur cuite des minutes incendiaires saoule Je tam-tam et ça passe
Tape-sang
Qui sait cela
Les tempes cognent Le cœur
Tape le sang qui s’épuise Sans vie et trop
Cogne la mort dans l’âme DésÂme
Et le froid qui s’insinue Et la raison qui démissionne Et le vide qui épouse
L’air
L’eau
La terre n’existe plus dans le corps qui brûle Brûlent les dernières heures Et le jour trompé de boues Des laves volcaniques d’un rêve qui s’éternise Sur le quai d’une gare innommée
Je la nomme Absence
Les laves figent sur la solitude Ce que le temps ne sait pas apaiser
Ce que le temps noie d’incertitude Ce que le temps met de temps à ronger Dans d’abyssales délueurs S’égare
Le feu comme plâtre sur mes jambes blessées L’arbre à fins Les fruits des nondemains L’océan de sable à ses pieds La lise au jardin
Ce sont mes coups au chœur des horloges cassées
Contrefaçon
Sur le chêne de mon linteau Sous De mes jours l'oripeau
J'ai caché Tes photos Ton visage Et mes démons
Mais Entre mes doigts Ma plume et mon trait vivent Et la ligne de tes lèvres revient L'arc de tes yeux retourne À mon cœur À mes mots Et mes dessins
Sous le manteau de neige Absconse Entre saule et cornouiller Dépouillés J'ai enterré mes rêves Trop brûlants Brûlés Pour accepter ta réalité
Mais Les essences de mon jardin Ont l'écorce brune De ta peau Et de tes pupilles le parfum
Et mon jardin s'enivre
Alors J'ai mangé l'oronge des légendes Pour tromper mes yeux trempés d'admission
Alors De nuits en jours Aux ailes de colombes voyageuses J'ai lié La prière d'admettre mon âme Sur les nuages goutte à doute Offrant la pluie dans mes pages Un flocon sur ton livre
Le goût du sang Entre l'aube et l'eau Des crépuscules de mon été Filtre des notes graves Sur les lignes de ma portée
Par demain hier se décompose Par mes mots exorcistes j'expose Et le vide et le rien et le sol libertin De la chanson Je suis partition
Un sang dit
C’est un cercle qui brûle De l’ignoble à l’infâme L’inverse averse du temps
Mes mots Je vous caresse Câline Roule dans mes paumes Vous me pulsez m’électrisez me léchez Les doigts et l’âme Baisez Mon front le menton Et ailleurs
Après le pire l’inconcevable Retour de peur cultive mes peurs Elles s’enfoncent dans ta peau Se noient dans ta bouche
Et vous Mes objets en forme d’absence Dépouillez la vie des distances infirmes Voyez Mes luttes intimes entre les draps du chaos
J’énumère la chose par l’image Et me roule dans les mots Coquelicots
Je me sème dans tes eaux C’est le champ des délices Où je glisse Frôle d’une main ta plume Pour écrire Ta licence Mon indécence
Je dors entre les pages d’un livre Et j’écris des nuits blanches sous la dictée De la pulpe pupe de tes doigts Bruns Pas là
J’embrasse ta terre Elle m’embrase de toi De tes couleurs Sombres Et je nage Nue Entre tes pas
Poèmanadire
Pour un Faiseur de vers en forme de Poésie de Poète
écris à en maudire ton clavier écris à en bénir ton clavier écris à en trembler d'extase écris à en pâlir de honte écris à en rougir de confusion écris à en vomir ton âme écris à en pleurer de joie écris à en communier avec le diable écris à en faire pousser des fleurs sur la banquise écris à en bleuir d'hiers écris à en noircir la nuit
écris sur ta peau écris dans tes paumes écris sur le sable écris dans tes yeux
écris
n'arrête pas
Biographie : Marie Hurtrel : poète, nouvelliste et peintre, née le 4 juillet 1961 – Le Blanc – France.
Chez Marie Hurtrel, «la peinture est poésie dans toute la force de l’expression d’images spirituelles sensées et insensées. La peinture est une histoire. Comme un poème, elle peut être lue pour ce qu’elle figure ou pour ce qu’elle insinue ».