LE CHAT NOIR Le chat noir me suit à la trace au fil du chemin et mon esprit me dit tu n’arriveras pas au terme du voyage et la chanson me dit jamais plus la voix ne chantera e la lumière me dit l’aveugle est resté aveugle et le rêve me dit chercher-moi dans les heures de vielle mais va donc trouver le mot quand tu ne sais qui tu aimes qui tu hais mais ...
LE CHAT NOIR
Le chat noir me suit à la trace
au fil du chemin
et mon esprit me dit
tu n’arriveras pas au terme du voyage
et la chanson me dit
jamais plus la voix ne chantera
e la lumière me dit
l’aveugle est resté aveugle
et le rêve me dit
chercher-moi dans les heures de vielle
mais va donc trouver le mot
quand tu ne sais qui tu aimes qui tu hais
mais va donc croire à ton visage
pris dans le miroir
un chat noir me suit à la trace
au fil du chemin
l’heur fatale c’est lui qui la dira.
LE PRE
par là se dressaient la maison
le mur de grand-père le peuplier le papa
et les pieux qui cernaient l’espace rouge
par là nous descendions à la Font-Dukagjin
où nous buvions jusqu’à plus soif
et partagions le pain et le sel avec le dieux
du mont Pashtrik
aujourd’hui l’herbe s’allonge sous la faux
nous recueillons les dents du loup traīnant
parmi les tendres épis
les mains dans les poches j’achève ma journée
allant et venant dans l’espace défait
écoutent le hennissement sauvage des chevaux
blancs d’écume
jusqu’à la nuit tombée
là dans ce pré où nous avions notre maison
CETTE OMBRE JE NE SUIS
cette ombre pré de la fenêtre
ce n’est pas moi
c’est ta mère
qui te cherche dans la foule
cette ombre au fond de la chambre obscure
c’est ne pas moi
c’est ton frère
qui joue de la flûte le cœur triste
cette ombre devant le miroir
c’est ne pas moi
c’est ta sœur qui se coupe le cheveux
Lumi ô lumière
Je suis celui qui garde la porte
ITHAQUE
A Ithaque
on abord au terme de voyage
et l’horloge sonne toujours midi
qui appareille sans lanterne
ne lira jamais
le livre long de deux mille ans
qui dit le merveilles de la cœur
ayez grand soin
Ithaque
en dépit de tout
un livre usé des yeux
AU HASARD DU MONDE
si je devais cesser d’écrire ami
et si ma voix
ne te parvenait plus
va un œillet entre les doigts
et chercher ma tombe
au hasard du monde
Traduit d’albanais par Alexandre Zotos
BIOGRAFÍA:
ALI PODRIMJA est né en 1942 à Gjakove, ville de grand tradition culturelle et artistique, aux confins du Kosovo et de l’Albanie actuelle. La modernité même d’Ali Podrimja se nourrit, entre autres sources, de m’héritage populaire : son gout de la parole imagée et de la forme oraculaire n’est pas étranger, en effet, à la tradition ancestrale. De recueil en recueil [quelque douze publiés à ce jour], Ali Podrimja s’est affirme comme une des figures de proue de la poésie albanaise contemporaine. En France Défaut de verbe, édition bilingue, a été publié chez Cheyne éditeur en 2001
BIBLIOGRAFI
LIBRA TË BOTUAR
Thirrje, Jeta e Re, 1961
Loja nën diell, tregime, JETA E RE, 1967
Dhimbë e bukur, RILINDJA, 1967
Sampo, RILINDJA, 1969
Torzo, RILINDJA, 1971, 1979,
Folja, RILINDJA, 1973
Credo, RILINDJA, 1976
Drejtpeshimi, RILINDJA, 1981
Lum-lumi, RILINDJA, 1982,1986,1990, 2003
Fundi i gëzuar, RILINDJA, 1988
Zari, RILINDJA, 1990
Në bisht të sorrës, ART-PENA, 1994
Buzëqeshja në kafaz, DUKAGJINI, 1995
Tkurrja e Atdheut, ese, FAIK KONICA, Tetovë, 1996
Libri që nuk mbyllet, ese, RILINDJA, 1997
Ishulli Albania, RILINDJA, 1998
Burgu i hapur, RILINDJA, 1998
Harakiri, ese, RILINDJA, 1999
Dielli i zi, ese, RILINDJA, 2000
Eni vjen pej Çamërie, [Sprovë antologjie për Çamërinë], ROZAFA, 2003 dhe ARBËRIA, Tiranë, 2003
Një gur i çarë, [Sprovë antologjie për Kosovën], ROZAFA, 2005 dhe botimi i dytë TOENA, 2005.
iliriapost.pristina@gmail.com