Fille du destinUn rêve étrange et merveilleux,immobile et silencieux,s'épanouit, embaumant l'automned'une fleur de chrysanthèmefleurissant de mille diamantssur un visage angéliquelueur du jour perlée de rosée.Une ombre passe et ne s'arrête.pas un regard, pas un sourire,même le moineau sans parentne daigne plus jouer.Tu es Toi! rossignol blottidans la lanterne de pierreToi! perdue sur les ...
Fille du destinUn rêve étrange et merveilleux,
immobile et silencieux,
s'épanouit, embaumant l'automne
d'une fleur de chrysanthème
fleurissant de mille diamants
sur un visage angélique
lueur du jour perlée de rosée.
Une ombre passe et ne s'arrête.
pas un regard, pas un sourire,
même le moineau sans parent
ne daigne plus jouer.
Tu es Toi! rossignol blotti
dans la lanterne de pierre
Toi! perdue sur les rives mauves
du lointain,
et je ne suis personne.Nul besoin luxurieux
dans le silence immobile,
dans l'immobilité silencieuse!
Désormais, Tu marches exhalant
ton parfum au soleil du matin,
aube naissante sur les cèdres roses,
par les sentiers tièdes
de la montagne
entre des parcelles,
creusées de sillons,
où ne lèvent, sauvages,
que maigres récoltes de céréales.
Et je vais, solitaire,
une fleur flêtrissante
pleurant toutes ses larmes
entre mes doigts noueux,
car ma vie est aussi vide
que la peau
dont elle s'est dépouillée.
Je vais, hâve errant,
chagrin de sable,
ne sachant d'où je viens,
ignorant où aller,
à la recherche des ténèbres
des trois chemins.
Nous y retrouverons-nous?
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PolichinellesA Michel Bories,
artiste peintre mort accidentellement à Cuba.Qui êtes-vous hommes?
bien ou mal
des animaux pensants
des mammifères policés
ou de titanesques humanoïdes
aux têtes vides?
qu'aux Moires
filles d'Erèbe
gouffre insondable
royaume de la mort
et de la Nuit
sa soeur gémelle
déesses du destin
Clotho filant le fil
Lachésis le mesurant
et Atropos le coupant
tous sans exception
obéissants moutons!
Mais qui êtes-vous
vous assoiffés
jusqu'à l'ivresse
de pouvoir absolu
et d'absolutisme?
des pleutres?
des leurres?
des réalités leurrées?
Que des pantins... êtes!
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Les gueuxClair de lune
soleil gangréneux
demain à la une
paraderont les gueux.
Chemises déchirées
pantalons fangeux
bottes crottées
bienheureux les persécutés
ils iront par les sentiers pentus
rocailleux
par les sentes aux pierres acérées
mendiant l'aumône
ils iront ombres faméliques
de paradis en enfers
sans qu'un samaritain
ne leur en détermine les amers.
Seuls ou en cohortes
bravant
les vents glaciaux
ils erreront de la sorte
transgressant les contrats sociaux
de champs de batailles
en charniers putrides
fil à fil
dénouant la trame
brisant
misérables canailles
leurs oriflammes d'apatrides.
Clair de lune
soleil gangréneux
demain à la une
paraderont les gueux.
Les pieds enchaînes
dans des chausses baillant
ils avanceront fourbus
oeil noir
râle du désespoir
suant sang et eau
en rangs serrés
horde ténue
vol de corbeaux
poitrine nue
fusil bouché
gâchette rouillée
apprenant à mourir
se refusant de fuir
face aux assaillants.
Et tous les hommes
insondables
humains de nulle part
reflets de lumière
dans les sphères
coupoles inviolables
pernicieusement abrités
derrière des gnomes livides
derniers remparts
resteront sagement cachés
poursuivant
perfides
leur abominable labeur
de têtes réducteurs.
Clair de lune
soleil gangréneux
demain à la une
paraderont les gueux.
Seuls
ou en cohortes
de ces ruines
nul vestige
descendant
déguenillés
les Champs Elysées
défileront les gueux
chantant la Carmagnole.
Mais...
devant eux
se fermeront les portes...
du Prytanée.
Comme des chiens...!
Refoulés
par des hardes
de cerbères
cloportes assoiffés
Das Reich vert mystère
armés d'espingoles
ils s'élèveront alors
blancs quadriges
sur l'azur auréolé de sang.
De Paris
ville lumière
toute de roses tapissée
bannis
chassés
sous un orage démentiel
ils croupiront abandonnés
montreurs d'ombre
sous les ponts
détruits
au bord des rivières putrides
des pestilentiels cimetières
et des dépotoirs fétides
creusant leurs tombes.
Et les femmes apeurées
dans les églises
égouts cadenassés
tissent les bures grises.
biografia:
Raymond MATABOSCHIl est né le 4 Octobre 1947, dans un petit village des Pyrénées Orientales, de parents d'origine catalane, modestes ouvriers agricoles. Comme eux, il a le respect de la terre, de sa terre catalane, et il le revendique.
S'il n'avait pas été le fils aîné, il aurait certainement eu une vie plus facile. A l'âge de dix sept ans, il a cessé ses études, même s'il était un élève doué pouvant aspirer à de hautes responsabilités, pour participer financièrement aux besoins de sa famille, et il s'était expatrié à Paris. Mais, autodidacte, partant de la base, il a su acquérir, tout au long de sa carrière, les notions essentielles pour s'ouvrir sur des activités touchant à sa terre et à la terre, tout en parcourant le monde. Seul bémol, ne possédant aucun cursus universitaire, il n'est pas reconnu en France.
Epris de littérature, il écrit depuis l'âge de douze ans. Sa façon de rédiger ses textes est toute particulière. Souvent au coin d'une rue, à la terrasse d'un café, en pleine nature..., une image, une situation, sur un bout de papier, il griffonne, à la manière d'un peintre brossant une esquisse, des mots...
male_hibernatus@yahoo.fr