LA NEIGE ET LES CHANSON QUI PARLENT DE TOILa neige assise, file de la laineJe suis avec les chansons qui parlent de toiQuelques-uns passent en courant par mon cahiermarchant avec les bottes boueusessur les mélodies comme s’ils offriraient les clés des villes aux hibouxLa neige assise, aiguise ses dentsMoi, je suis avec les chansons qui parlent de toiqui prennent leurs sourcesaux climats chauds ...
LA NEIGE ET LES CHANSON QUI PARLENT DE TOI
La neige assise, file de la laine
Je suis avec les chansons qui parlent de toi
Quelques-uns passent en courant par mon cahier
marchant avec les bottes boueuses
sur les mélodies
comme s’ils offriraient les clés des villes aux hiboux
La neige assise, aiguise ses dents
Moi, je suis avec les chansons qui parlent de toi
qui prennent leurs sources
aux climats chauds
LE LONG DU JOUR
J’ai marché le long du jour
Je poserais une serrure à la porte des distances
L’attente bruineuse s’en irait
Ma joie, folle gitane,
Jouerait sans cesse de son tambour
J’ai marché le long du jour
Le jour au visage pâle, aux jambes fatiguées
Était assis devant les portes
Le vide opaque de l’habitude : “Au nom de Dieu
clément et miséricordieux”
Sa vie entre le marteau et l’enclume : “Dieu merci”
L’avenir était un regard éteint dans ses yeux
J’ai marché le long du jour
J’ai cherché ton nom sur les visages souriants
Dans les vols des oiseaux
Dans les branches qui embrassaient le vent
J’ai marché le long du jour
Les chemins m’ont emmené à la nostalgie
et à l’incendie
UN TABLEAU DE PICASSO
Devant les yeux de fou, les regards perçants de Picasso, nous avons mis dans son tableau notre naissance de nos cendres. Nous avons effacé l’espace de la ville. Le verre, l’acier et la plastique était désormais un vieille histoire. Du jeu des lampadaires avec le rideau nous avons volé les ombres et collé à nos peaux, dans l’accompagnement de l’orchestre de la géometrie. L’angle obtus était tes bras. L’angle aigu était mon blottissement. Le losange était notre recherche d’un troisième point de retrouvaille. La tangente était la neige brûlante que tu avais apportée de tes montagnes. Le triangle était mes cheminées de fée. La ligne droite était ton imagination grande ouverte. La ligne brisée était ma poésie trébuchée. Le point était le lieu de départ de notre voyage sans temps, sans espace.
Dans le fond, l’Amérique frappait les afghanes cette fois-ci. Dans le fond, l’homme était une araignée; elle tissait notre déception. Dans le fond, l’Israel ruminait sa mémoire. Dans le fond l’Afrique était toujours l’esclave de la famine. Dans le fond les tours s’écroulaient, on brûlait notre confiance en l’homme.
Et Picasso regardait notre tableau sans ciller.
LA FLAMME
Elle était aussi contradictoire qu’un jour ensoleillé de novembre
Elle y était
Elle était dans nos pieds qui cherchaient des endroits durs pour ne pa s’enfoncer
Elle y était
Les rayons de soleil tissaient des dentelles au fond de l’eau
Elle y était
Quelques morceuax de nuages taillaient des statues
Elle y était
La vie quotidienne était dans le pouls du moteur du bateau de pêche
Les vagues qu’il créait venaient heurter contres nos rêves comme des baleines morts
Elle y était
La beauté folle
Etait une marmotte en garde sur un versant de l’homme
Elle y était
Epaule contre épaule, nous filions des images
Elle y était
Nous payions le secret d’être si proche si loin
Comme une dette au temps court
Plus nous payions, plus notre dette augmentait
Elle y était
Le sac de nos peurs était ouvert
Les cadenas rouillés de nos portes épais étaient ouverts
Toutes nos cordes sonores étaient ouvertes
Elle y était
Ah, la soeur folle de l’amour
KAR VE SENLİ ŞARKILAR
Oturmuş yün eğiriyor kar
Ben senli şarkılardayım
Karalama defterimden
geç kalmış birileri geçiyor koşarak
Çamurlu ayakkabılarıyla
ezgilere basarak
Sanki kentlerin anahtarlarını
baykuşlara sunacaklar
Oturmuş dişlerini biliyor kar
Ben senli şarkılardayım
kaynakları sıcak iklimlerden
GÜN BOYU
Yürüdüm gün boyu
Uzaklığın kapısına kilit vuracaktım
Çiseleyip geçecekti bekleyiĞ
Sevincim çılgın çingene
Ha babam çalacaktı tefini
Yürüdüm gün boyu
Yüzü solgun dizi yorgun gün
Oturmuştu kapı önlerine
Alışkanlığın donuk boşluğu bismillah
Örsle çekiç arası yaşamı çok şükür
Yarın sönük bir bakıştı gözlerinde
Yürüdüm gün boyu
Adını güleç yüzlerde
Kuşların uçuşlarında
Rüzgarı kucaklayan dallarda aradım
Yürüdüm gün boyu
Yollar hep özleme ve yangına çıktı
BİR PICASSO TABLOSU
Picasso’nun delici deli gözleri önünde küllerimizden doğuşumuzu koyduk bir tablosuna. Sildik kentin uzayını. Cam, çelik ve plastik eski bir öyküydü artık. Sokak lambalarının perdeyle oyunundan gölgeleri çaldık, tenimize yapıştırdık geometrinin orkestrası eşliğinde. Geniş açı senin kollarındı. Dar açı benim dortop sokuluşum. Eşkenar dörtgen üçüncü bir birleşme noktası arayışımızdı. Teğet senin dağlarından getirdiğin yakıcı kardı. Üçgen benim getirdiğim peribacalarıydı. Düz çizgi senin ardına kadar açık düş gücündü. Kırık çizgi benim tökezleyen şiirimdi. Nokta zamansız, yersiz yolculuğumuzun başlangıç yeriydi.
Fonda Afganlara vuruyordu bu kez Amerika. Fonda bir örümcekti insan; düşkırıklığımızı örüyordu. Fonda belleğini gevişliyordu İsrail. Fonda yine açlığın kölesiydi Afrika. Fonda kuleler yıkılıyordu, insana güvenimiz yakılıyordu.
Picasso delici deli gözlerini kırpmadan tablomuza bakıyordu.
ALEV
Kasım ayında güneşli bir gün kadar aykırıydı
Oradaydı
Gömülmesin diye sert yerler arayan ayaklarımızdaydı
Oradaydı
Güneş ışıkları suyun dibinde dantel örüyordu
Oradaydı
Birkaç parça bulut heykeller yonutuyordu
Oradaydı
Günlük yaşam balıkçı motorunun nabız atışındaydı
Yarattığı dalgalar ölü bir balina gibi gelip düşlerimize çarpıyordu
Oradaydı
Çılgın güzellik
İnsanın bir yamacında nöbet tutan tarlafaresiydi
Oradaydı
Omuz omuza görüntüler eğiriyorduk
Oradaydı
Bunca yakın, bunca uzak olmanın sırrını
Borç gibi ödüyorduk dar zamana
Ödedikçe artıyordu borcumuz
Oradaydı
Çocukluk korkularımızın torbası açıktı
Kalın kapılarımızın paslı kilitleri açıktı
Seslerimizin bütün telleri açıktı
Oradaydı
Ah, aşkın çılgın bacısı
Biographie:
Aytekin KARAÇOBAN
Né en 1958 en Turquie, poète et traducteur, Aytekin Karaçoban a travaillé comme chargé de recherche à la faculté d’éducation de Dicle à Diyarbakir. Après avoir terminé ses études dans cette même faculté. Il a obtenu un diplôme d’études approfondies à l’université de Rouen où il a travaillé sur la poésie de la Résistance. Depuis 1990 il vit en France
Dès 1978, Aytekin Karaçoban publie dans des revues littéraires de son pays d’origine ses propres poèmes et articles ; dans le même temps il traduit nombreux poèmes, articles et livres des poètes et écrivains contemporains. Il les publie également dans des revues littéraires en France.
Ses ouvrages en français :
Images instantanées [poèmes]
éd. Le bruit des autres, 2000
POESIE EN TURC
Je suis frère de la rose
Ed. Memleket Yayinlari, Ankara, 1998
Entretien Avec Pablo Neruda
Ed. Mezopotamya, Stockholm, 1995
Images Instantanée
Ed. Öteki, Ankara, 1998
Dans le goût des retrouvailles,
Ed. Pervaz, Ankara, 2000
TRADUCTIONS DE FRANCAIS EN TURC
Joyce BLAU : Les Kurdes et le Kurdistan
[bibliographie critique, 1977-1990]
Ed. Mezopotamya, Stockholm, 1994
Noureddine Zaza : Ma vie de Kurde
Ed. Mezopotamya, 1995
Thomas Bois : L’Ame des kurdes à la lumière de leur folklore
Ed. Mezopotamya, 1995
Charles Dobzynski : La mémoire n’a pas de cendre
[poèmes choisis] Ed. Öteki, Ankara, 1997
Volodia Teitelboim : Pablo Neruda [biographie]
Ed. Kavram, Istanbul, 1999
Isabelle Desesquelles, Je me souviens de tout,
Ed. Dünya, Istanbul, 2005
Marc Jimenez, Qu'est que l'esthétique
Ed, Doruk, Istanbul, 2008
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