Mahjoub Ayari / Tunisiaمحجوب العياري / تونسمضى أجملُ العُمرمضى أجملُ العُمرعامٌ يودّ ...
Mahjoub Ayari / Tunisia
محجوب العياري / تونس
مضى أجملُ العُمر
مضى أجملُ العُمر
عامٌ يودّعني
أذكرُ الآن مريمَ -كنا التقينا شتاءً- لها بسمةٌ مُهلكهْ
مطرٌ في الزّقاق المحاذي لتفّاح جارتنا
كنتُ مستوحشا في انفرادي
معطلةٌ بئرُ حُلمي، وبي بعضُ ما يجعلُ الرُّوح تبكي
أُسرّحُ عيني بعيدا
أرى من خلال الشَّبابيكِ تُـفّاحةً نصفَ حمراءَ تهمي على حلم جارتنا
مطراً يغسل الآن شُبّاكها
رُوحَها
مطراً يرتوي من يديْها
تُعاودني مريمُ الآن طيفا شريدا
- تضعضعتُ منذ افترقنا
- تضعضعتُ أيضا
- أمَا من سبيل لكي نحتفي بالشتاء
- كأنْ لا سبيل
- أما زلتِ كالماء جذلى، تهيمين بالغيم والأغنياتْ
- كصحراء أصبحتُ مُذْ داست الخيلُ قلبي
- لقد ديس قلبي، وكان انكساري عظيما
سأشكوكِ، مريمُ، ما حلّ بالرّوح منذ افترقنا
سِباخاً من الملح صارت سبيلي
'حماةُ الحِمى' لم يعودُوا حُماةَ الحِمى
صاحبي... نورُ عيني، نديمي، رفيقُ المسرّات والضّيق قد صار منهم
وفي ما مضى كان منّي
يحبُّ النّبيذ المسائيّ في فَيْءِ نخلتنا
كان في سُمرتي، أجعدَ الشعر مثلي، وعيناه في لون عينيَّ
يغشى المُصلَّى الذي كنتُ أغشى
ويتلُو من الذِّكر ما كنتُ أتلُو
وينشدُّ للشِّعرِ، شِعرِ الصعاليك والنّابغهْ
وقد كان تِِرْبي
يُرافقني في الأماسي
نصيدُ الغرانيقَ والبطَّ عند البُحَيْراتِ صيفا
وقد كان مثلي
أبي كان يُدنيه منيّ، ويروي لنا وقعةَ الغُولِ
أمّي تُقاسمُها أمُّه الزّيتَ والتّمرَ والأغنياتِ الحزينهْ
وقد كان منيّ
ولكنّني الآن ألقاه في زُمرة القاتلين
لقد صار يا مريمُ الآن منهم
[ينام مع المارينز... يرتدي سترة واقيةً من الرّصاص... يتجول في 'هانفي' مدرّعة
يأكل الهومبورغر ويشرب 'الكوكاكولا' بشراهة نادرة... لا يتوقف شدقاه عن مضغ شوينغوم هوليود... يهتز لبطولات رعاة البقر... ولا يتردد في محاربة الإرهاب
فكَمْ، آهِ كمْ
آهِ يا غدرَ أهلي
فهلْ آكلُ الآنَ لحمَ الأشقّاء نياَّ
أجيبي، فـ[قد عقروا ناقتي]
واستباحُوا التي واللُّـتَـيَّا
أجيبي، فقد [جاوز الظالمون المدى]
أكلُوا لحم كلّ النّبيّينَ... غالَوا عَلِـيّاَ
سآكلهم ها هنا... الآن
آكلهم حيثُ حلُّوا... وما من جُناحٍ عَلَـيّاَ
وإنّي لَمُعلِـنُها: [لن يمرّوا]
ولن يُسقطوا رايةَ الرّفضِ ما دُمْتِ مريمُ، ما دُمتُ حيّاَ
وإنيّ مُعِدٌّ لهَّم فوق ما قد أعدُّوا... فهيّا
مضى أجملُ العُمر
عامٌ يودّعني، غير أنيّ
أرى من خلال الشّبابيكِ زوجَيْ حمامٍ
أرى من خلال الغماماتِ فجراً ندياَّ
أرى مريمَ الآن في أوج بسمتها، وهي نشوى... فأرتدُّ حيَّا
فيا ثغرَ مريمَ رفقاً بقلبي
ويا قلبَ مريمَ كُنْ بي حَفِيَّا
مضى أجملُ العمر
ودّعني العام
لكنَّ قلبي سيبقى صبياَّ
سيبقى نشيدي أردّدُه مِلْءَ مِلْءِ الحياهْ
[إذا الشّعبُ يوما أراد الحياهْ...]
L'Enfant
A Hamadi Sammoud
Epris du Bleu, il arrive.
Drapé des nostalgies brûlantes aux chants des pêcheurs,
Léger aérien, il arrive sans gourde, ni cierge :
Son bâton, lorsque ses angoisses antérieures l'habitaient, était une chanson que les ancêtres entonnaient ivres sur l'eau…
Et c'est sur l'eau, que l'Enfant installa ses jardins enchantés, décora d'astres la cime des palmiers.
Des tourterelles se posèrent sur ses mains, des gazelles sautillèrent et des fées en hyacinthe chantèrent aux aurores.
Les marchands du port proclamèrent :
«Nous avons aperçu à l'aube un Enfant. La brume était épaisse,
Il est arrivé avant le lever, léger : sans gourde, ni cierge ni rame…
Nous l'avons suivi.
A notre stupéfaction, il marchait majestueux sur l'eau et s'éloignait » !
* * *
Un vieillard déclara :
«J'étais l'un, parmi quatre, au crépuscule marin. J'ai jeté mes filets. La mer était tout autre que celle que je connaissais depuis de longues années : Elle nous a fait don de poissons divers, coquillages, crabes et autres fruits rares…
J'ai rempli les verres des amis, et offert le reste de ma jarre à la mer… Nous avons chanté.
J'ai remis la barre au plus jeune d'entre nous.
Un vent complice nous a salués…
Je me suis dressé pour lui rendre hommage ;
C'est alors que j'ai aperçu une lueur là-bas à l'horizon :
Une caravane de lumière virant vers notre barque !
J'ai longuement scruté l'horizon … la lumière était intense.
J'ai saisi mes jumelles, j'en ai essuyé les verres avec mes manches :
Des chevaux me sont apparus, et derrière les chevaux des chars montés par des fées plus belles que
- O, comment les décrire mon Dieu- les mots me trahissent !
J'ai entrevu trois gazelles, des cygnes, des arbres qui marchaient…
Et j'ai vu l'Enfant, majestueux, marchant sur l'eau... habillé de vert, de jaune, de rouge, de bleu…
Mon Dieu combien les couleurs se ressemblent ! ! !
* * *
«Je viendrai ce soir avec mes amis » a déclaré un jeune homme
«Nous veillerons toute la nuit. Nous guetterons cet Enfant. Nous voguerons sur ses traces, sans crainte ni des monstres marins, ni des orages. Nous dévoilerons le mystère de la nuit, et nous découvrirons quels rivages cette créature accoste. Soyez donc sans crainte, et ne vous faites aucun souci».
* * *
«Aucun de vous n'atteindra cet enfant.
Depuis des années il s'exile dans ses jardins de splendeurs.
J'ai tenté, avoua le plus vieux des marins, de suivre sa trace, avec les meilleurs des matelots… et nous avons échoué !
Chaque nuit, nous pouvions voir l'éclat de ses jardins enchantés.
Nous entendions aux aurores le chant des houris.
Nous nous orientions vers la source lumineuse… Mais» ! ! !
Des mois et des mois cet Enfant m'a hanté :
J'ai accosté des quais dont j'ignore les noms.
J'ai tenté les plus expérimentés des marins…
J'ai corrompu les jeunes les plus braves…
J'ai dit :
«Les jardins de cet Enfant regorgent de tout ce que l'oreille n'a jamais vu.
Là-bas, où réside l'Enfant, il y a des vignes de miel,
Des turquoises, des diamants, des cygnes de hyacinthe…
Là-bas il y a… »
Nous avons embarqué !
* * *
A l'aube du septième jour, alors que je gréais le mât,
Appelant les marins à plus de vigilance,
Un vent s'est levé, m'a volé mon enfant.
Au déclin du jour, –le visage au vent- j'ai pleuré mon frère.
Au vingt-troisième jour, trois compagnons sont tombés sous le fouet du soleil.
Les dents de la nuit ont croqué les doigts du sixième,
Et les marins se sont écriés pleurant :
« O capitaine, guide-nous vers l'Eau, nous sommes fatigués !
Vire, ô seigneur vers l'ouest ; il y a, là-bas, des îles d'eau et d'ombre…
Vire donc… »
J'étais abattu…
Nous sommes rentrés ! ! !
* * *
Trois ans plus tard,
Le soleil se délassait sur le lit de l'eau… et j'étais sans joie.
J'avais abandonné le navire aux vents d'Est.
Le vent d'Est, a –au calme- la douceur des caresses féminines :
La main du vent jouait avec mes cheveux blancs,
Et ma main embrassait le visage du vent…
Comme si j'effleurais la pointe du sein !
Comme si ma main se reposait sur un duvet de coton ! !
Je me suis assoupi quelques instants.
Lorsque je me suis réveillé, la mer était miroitante de lumières.
Je me suis levé :
- « Mon Dieu, où est le sein… où sont ses mains ?
Le navire … et le mât ?
- Où sont le gouvernail… et les rames ?
- Et la jarre et mes verres ? »
Eveillé, j'étais, et les vagues houleuses dansaient…
l'eau était… et j'étais orphelin sur l'eau…
j'ai fait quelques pas, sans me mouiller…
j'ai marché, couru, dansé… je me suis assis, assiégé par l'eau, sans être mouillé !
J'ai tendu l'oreille, et regardé autour de moi :
L'Enfant était là !
Majestueux, il nageait sur la brume !
J'ai vu une gazelle s'approcher de lui.
J'ai vu –et ce n'était pas un rêve- comment les arbres l'embrassaient…
J'ai levé la main… je l'ai agitée longuement.
Il m'a salué et s'est approché.
J'ai baissé la tête de ma forte stupeur.
La lumière était intense et j'étais comme une nuit :
Mes larmes mouillaient mes larmes !
Il était si proche : ses mains sentaient le musc.
Il fit signe, un étalon a hennit devant moi.
Je montai l'étalon qui galopa vers l'Est.
C'était au crépuscule marin.
C'était un soleil qui riait au-dessus de l'eau…
Et c'était mon coursier qui s'enfonçait vers l'Est…
Et c'était la mer au déclin du jour…
C'était l'Enfant qui s'estompait derrière la brume… loin vers l'ouest !
C'était la mer au déclin du jour…
C'était le soleil,
C'était la lumière,
C'était l'étalon,
C'était l'Enfant,
C'était la brume,
C'était moi,
C'était elle…
Nous étions…
Nous fûmes…
Septembre 2000
Matin tunisien
Ô toi !
Les arbres ne te ressemblent point.
Tu ne ressembles même pas à toi-même.
Certes, tu es plus belle que toi-même.
A moi aussi, les arbres ressemblent peu.
Et la plupart du temps, je suis quelqu'un d'autre.
Pardonne mon délire… j'ai dépassé la quarantaine.
Tu sais que la quarantaine est l'âge idéal du délire
et de la folie.
* * *
La patrie au matin :
Des chats s'entretuent avec les mains et les dents
Le plus féroce s'empare des pauvres
ordures jetées par le voisin.
Des singes attendent le bus du matin.
Des autruches véloces portant sombres pardessus
et cravates mal taillées s'égaillent dans le décor.
Mon autruche et moi, pareils aux autres, nous
allons au travail.
Nous avons confié notre bébé, futur singe d'élite,
à une famille d'autruches.
Tout est à merveille !
Que le matin est beau !
Que la patrie est belle !
Poème traduit de l'Arabe par le poète, révisé par Catherine Bastère-Rainotti
Je vous invite à découvrir d'autres poésies et plein d'autres choses sur le site : Lire et recréer
dont Catherine Bastère-Rainotti est la responsable : http://www.lirecreer.org/index.html
Visions de Hassan Al-Wazzane [Léon l'africain]
A Amin Mâalouf
[…Lorsque l'esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la terre de Dieu est vaste, et vastes ses mains et son cœur. N'hésite jamais à t'éloigner au-delà de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les croyances].
Amin Mâalouf [Léon l'africain]
Maintenant, les voyages nous livrent à une autre contrée.
Notre refuge sera, comme d'habitude, une demeure à proximité de la mer.
Au premier jour, nous ferons le tour des tavernes de notre ville.
Au deuxième jour, avant le lever du soleil, nous visiterons ses Mosquées, ses églises tt les demeures de ses fidèles.
Nous effondrerons en larmes devant ses portiques.
Avec nos larmes sincères, nous purifierons nos deux cœurs de leurs péchés :
Nous sentirons que Dieu est proche de nous où que nous soyons.
Au troisième jour, Nous foncerons dans les parfums des souks.
L'arôme du café à l'aube nous réanimera.
L'exhalaison du «henné» luisant sur les paumes de belles inconnues, ravivera en nous ce que le départ, les chagrins et notre exil ont failli assassiner en nous…
Nous ne serons tentés ni par le potier,
Ni par le marchand de tissu,
Nous ne nous arrêterons pas ni chez l'orfèvre,
Ni dans le souk des chéchias,
C'est devant le fleuriste, que nous libérerons les brides de nos rêves :
Nous composerons des bouquets semblables au matin d'été…
Et nous rêverons de deux femmes pour l'aveu des roses… et pour notre exil.
* * * *
La nuit, il regagnera la taverne, comme d'habitude, Des étrangers
et des marins le rejoindront Et Al-Wazzane, sa coupe débordante,
Lèvera la voix dans l'allégresse :
« O Tavernier ! A nous les coupes d'argent !
Prépare la chair divine et le vin vieux des jarres.
Parfume d'ambre les coins et les recoins
Les commensaux sont ce soir mes hôtes ! »
* * * *
Lentement, la nuit passera,
Et Al-Wazzane trinquera avec les compagnons…
Un étranger invoquera les douleurs de la passion.
Et fera le récit de la désobéissance du cœur
Et de son envol, là-bas, auprès de Leïla.
Un marin aux cheveux grisonnants
Racontera les douleurs de la mer.
Et évoquera les navires partis, au petit matin, avec les proches
Sans jamais revenir…
Le capitaine, remplira encore sa coupe assoiffée,
Et dévoilera un tatouage bleu rose
Tracé sur son bras droit par la sirène.
Elle adorait un certain aveu dans ses yeux,
Et visitait tous les soirs son embarcation azurée,
Rien ne l'en dissuade : ni vigiles, ni pluies.
* * * *
Voilà, des années qu'Al-Wazzane fréquente le sel de la mer :
Il a aimé des villes jusqu'aux larmes… et est resté sans patrie :
- La patrie à El-Wazzane, c'est la terre tout entière !
Il a aimé des femmes :
Une vierge à Grenade, une belle à Fez, une ingénue à Tombouctou, une veuve au Caire des Ottomans et une nonne à Rome.
- Que n'a-t-on pas fait porter à ton cœur, O Wazzane !
- Que ne jettes-tu pas ton bâton pour un moment ? !
* * * *
Maintenant, une rive me livre à d'autres rives sans rivages.
Dans mon rêve, ma mère m'est apparue ce soir,
Elle est arrivée dans toute sa splendeur
A embrassé ma tête, a pris ma main et dit :
- « Mon fils :
Lorsque la terre te semblera étroite, change-la et pars pour d'autres horizons,
Personne ne t'en voudra, mon unique.
Et sache que si les cœurs des gens se gâtent,
Ou ignorent les miracles dans tes mains,
Le cœur de Dieu restera le plus grand,
La main de Dieu restera la plus généreuse
Et sa terre la plus vaste.
Alors, explore son immensité
Fais de cette mer ton fidèle compagnon
Sois fils des caravanes infatigables,
Sois soumis aux exils et Roi tu seras !
- Mon fils :
Sois plus grand que toutes les patries,
et Patrie tu seras ! ! ! »
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Biografia
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Mahjoub Ayari / Tunisia
محجوب العيّاري / تونس
الاسم: محجوب
اللّقب: العيّاري
الولادة: 13 أوت 1961 بهنشير عيشون ماطر ولاية بنزرت - الشّمال التّونسي
- متحصّل على الأستاذية في التوثيق وعلوم المكتبات - معهد الصّحافة وعلوم الأخبار - تونس 1997
- عضو اتّحاد الكتّاب التونسيين
- رئيس جمعية أحبّاء المكتبة والكتاب بنابل
- يشغل خطّة رئيس مصلحة المطالعة والمكتبات بالمندوبية الجهوية للثقافة والمحافظة على التراث بولاية نابل.
- كتب الشعر والرواية والدراسة والمقالة النقدية، وقام بتعريب عدة نصوص من اللغة الفرنسية.
حائز على
* الجائزة الثانية للإبداع بين الشباب العربي - القاهرة 1988
* الجائزة التقديرية الأولى للإبداع وزارة الثقافة التونسية 1994
* الجائزة الأولى لمهرجان الأغنية التونسية -الكلمات- تونس 2002
المشاركات
شارك في العديد من الملتقيات والمهرجانات والندوات الشعرية والثقافية داخل الوطن وخارجه يمكن أن نذكر منها
* ملتقى الشعر التونسي الحديث ببنزرت - الدورة الثالثة، جانفي 1994 والدورة الخامسة - جوان 2000
* مهرجان الشعر العربي - تونس 1998
* ليلة الشعر العربي [المهرجان الوطني للصيد البحري بصيادة] - الدورة 14، جويلية 1999
* الملتقى الأول للشعراء العرب - تونس 22 - 25 سبتمبر 1997
* الأيام الشعرية الثالثة - اتحاد الكتاب التونسيين من 10 إلى 13 ديسمبر 1998
* ربيع الفنون الدولي بالقيروان - أفريل 1998
* مهرجان المربد - بغداد - 2000
* الأيام الشعرية محمد البقلوطي، 2001، 2005
* ربيع الشعراء بفرنسا - 2001
* مهرجان الزيتونة الدولي بالقلعة الكبرى - ديسمبر 2001
* أسبوع الكتاب التونسي بالمملكة البلجيكية - بلجيكا 2002
* مهرجان الشعر العرب¡
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