Terre de sel et de mirageTu empruntes Des chemins obscurs Tu sèmesDes petites chaussuresDes cercles de pasDe vie a trépasDiable de tempsQui courbe les saisonsEmporte les raisonsVoila que nous ressentonsCes baisers mensongersDe nos rêves passagersFleuves et sables mouvants Qui tournoient à tout ventEmportant ton visageTerre de sel et de mirageTes enfants y croquentDes drôles d'images Et des ca ...
Terre de sel et de mirageTu empruntes
Des chemins obscurs
Tu sèmes
Des petites chaussures
Des cercles de pas
De vie a trépas
Diable de temps
Qui courbe les saisons
Emporte les raisons
Voila que nous ressentons
Ces baisers mensongers
De nos rêves passagers
Fleuves et sables mouvants
Qui tournoient à tout vent
Emportant ton visage
Terre de sel et de mirage
Tes enfants y croquent
Des drôles d'images
Et des cartes de voyages.
Et, je témoigne
En ce soir
Dérisoire
La mort des lunes
Et des papillons
Et l'absence
Qui dérobe le printemps,
Et les fins
Et l'éternel commencement.
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Pour MaïakovskiLes mômes de la ville
Rêvent de la place
Rouge
Ils iront fêter
La femme
Aux tresses blondes
Que la neige couvre
Le toit de Moscou
Que le cri
Des amants fous,
Bercent
Les cours amoureux
Que la chanson
Raconte la passion
De la maîtresse
D'une tendre saison
Ais-je aimé ce regard noir,
Ténébreux
Ce visage osseux
Un terrible aveu
Et, ces vers passionnés
Qui consolent la ville
Tourmentée de Bagdadi
Que s'emboîte ma folie
Dans le cour
Des poupées russes
Jalouses d'un terrible secret
Le poète s'en est allé
Me privant
D'un âge disgracieux
J'ai cherché
Son étoile dans les nuits,
Et sa voix me chantait
Ce mois d'octobre
Et ses révoltés
J'ai cherché
Les saisons
Cette voix
Et sa raison
Les étoiles
Me riaient au nez,
«Nous avons un amant,
nous avons un amant»
Pour toi
Le poète n'était qu'un passant.
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Racontes-moi l'AurèsJe me vêts
De ma robe blonde et pâle
Je me vêts
De mes champêtres saisons
Racontant
Sur mes routes paysannes
Ma terre,
Ma Berbérie
Belle et rebelle
Comment dessiner
Sur la poussière des étoiles
Tes lèvres fleuries,
Petite fille Chaoui
Ce sourire de pétales bleus
Qui caresse mon cour
De chuchotements doux,
De chuchotements fous
Je suis hantée
Par ces innombrables saisons
Qui éclatent dans ma tête
En rires délirants
Brisant les silences,
Le blanc de ces matins nus
Déferlant sur les terres brunes
De mon Aurès natal
Ce sentiment qui enflamme
Toute parole superficielle
Et tout se joue
Dans l'incendie
De ces lignes bleues
Chemins épars,
Chemins de traverses
Je suis née là-bas
Entre Djemina et Baghaï
Raconte-moi donc amie
L'Aurès.
Que je m'abreuve
De ta neige originelle
Les yeux rivés
Sur l'oubliée Numidie
Cherchant à ouvrir
Ses portes éternelles.
biografia:
Nassira BELLOULANée le 13 février 1961 à Batna, dans le pays Chaoui. Etudes à l'école nationale des cadres de la jeunesse à Alger, journaliste depuis 1992, et auteur de plusieurs ouvrages; Les portes du soleil [receuil de poésies ] paru en 1988 à Alger [traduit partiellement en espagnol et anglais et d'autres livres; romans, récits. essai. Mariée et mère de trois enfants, vivant à Alger.
n.belloula@hotmail.fr