Hace Mess
Après avoir passé une grande partie de sa vie en Kabylie, sa terre natale, il quitte l’Algérie afin de se rendre en France en 2003 pour poursuivre des études en électrotechnique.
« J’ai été la terre sur laquelle reposaient les dieux
L’univers dans lequel les planètes reprenaient leur souffle
Le firmament se nourrissait de la paix
Et en rallumait le rêve des étoiles
« J’ai été le chant des oiseaux qui accompagnait la nature
Le vent qui caressait tendrement
Les pierres et les montagnes
Je suis devenue celle qui fait peur
L’épouvantail qui fait fuir les oiseaux
Les enfants
Sur la terre fleurie
« J’ai été celle qui renait de l’oralité
De bouche à oreille
Le miel coulait de mes maximes
De mes proverbes
De mes adages et de mes contes
J’ai su faire parler les signes et les objets
Réconcilier l’avenir et le passé
Conseiller le savoir
Apprendre à l’oubli
Les échardes du temps
Je suis devenue aphone
Un silence
Une note de musique qu’on ne lit plus
Une épine sur le dos de l’Histoire
« J’ai été celle qui se privait pour nourrir ses enfants
Celle qui repoussait le sommeil
Afin de visiter l’âme des ancêtres
Pour revivre les légendes
Pour nourrir l’espoir
J’ai été une femme heureuse
Celle qui avait le droit
De prendre ses enfants dans ses bras
La mère qui renaît dans l’espoir de ses garçons
Et le sourire de ses filles
Aujourd’hui
Leur rêve me sépare d’eux
Je suis la mère indigne
Celle qui a enfanté
Celle que l’on nomme désormais la stérile »
Poète, dramaturge et comédien, il a adapté en kabyle, entre autres, plusieurs œuvres (nouvelles, poèmes, pièces de théâtre) d’auteurs étrangers, Félix Leclerc, Joséphine Bacon, Gaston Miron, Garcia Márquez, Hermann Hesse, Khalil Gibran, Rose Reginald, Jack London, Henrik Ibsen, Matéi Visniec, Léo Ferré, Ésope, Gao Xingjiang, Confucius, Maupassant, Bertolt Brecht, Dürrenmatt, Lu Xun, Jodorowsky, Oscar Wilde, Jacques Brel, Robert Thomas, Graeme Allwright, Mahmoud Darwich…
« La nuit m’échappe
Et les rêves me fuient
Ton image me poursuit
Entre le silence et l’insomnie
Le fard de tes yeux pleurant
Salit les joues de tes collines
Le mutisme qui frappe ton cœur
M’arrache du sommeil
Pour essuyer tes larmes
Tu me fais mal, ma Mère
« Les feux qui brûlent mon corps
La fumée qui m’étouffe
L’arbre ancestral déraciné
Par les ennemis de la beauté
Les incendies qui ravagent ma jeunesse
Calcinent mon espoir de me voir fleurir
Consument mon rêve de voir tes bourgeons
Rehausser ma poitrine et mes flancs
Les flammes qui brûlent ma beauté
Brûlent aussi mon sourire
Mon enfance qui ne chantera plus jamais
L’innocence des rues
La sécurité du village
La fraîcheur des maisons en pierres
Et la grandeur des femmes
Que fredonnent ces poèmes jamais écrits»
Ses pérégrinations l’ont amené à créer au mois de décembre 2012 la troupe théâtrale Tinifsan.
« Les rides du temps » est son premier recueil de poésie publié au Québec.
« Un de vos enfants arborera mon crane
Qui résiste à la disparition
Mon crane
Une bouche sans langue
Un regard sans vie
Un sourire figé
Une vie inanimée
Une existence sans histoire
Le souffle d’outre tombe
Vous déclamera mon poème inachevé :
« Je suis le papillon
À qui vous avez crevé les yeux
Et coupé les ailes
Je suis né pour le rire et la joie
Né pour la liberté
Grandir loin des prisons de la foi
M’épanouir en dehors des geôles de la loi
Ajouter mon sourire à la toile de l’Enfance
Répandre mon parfum, comme la rosée matinale
Sur le tapis de fleurs qui ornent le printemps
Je suis le miel
L’étoile qui couronne le visage de la nuit
Je suis le ciel
Le firmament qui apaise les ennuis
J’écris pour ne pas disparaître
Pour ne pas… »
Livres à publier prochainement :
Théâtre
Si le printemps revenait
La face cachée de la beauté
La pauvreté de l’inestimable
C’est une question de principe
Poésie
J’écris pour ne pas disparaître