Il est tempsIl est temps d’essayer l’amourlà où la guerre gronde et tue sur terreil est temps d’essayer la paixavant de compter tous les morts de la guerreil est temps d’enterrer la rage et la haineavant que les armes ne traversent les frontièresil est temps de prendre l’autre dans ses brasavant le silence des cimetièresil est temps de voir la beauté de l’Ã ...
Il est temps
Il est temps d’essayer l’amour là où la guerre gronde et tue sur terre
il est temps d’essayer la paix avant de compter tous les morts de la guerre
il est temps d’enterrer la rage et la haine avant que les armes ne traversent les frontières
il est temps de prendre l’autre dans ses bras avant le silence des cimetières
il est temps de voir la beauté de l’âme et de considérer l’être avant l’avoir
il est temps de conjuguer le verbe aimer du matin au soir et jusqu’à l’aurore
car l’humanité pourrait disparaître si on reste étranger à ses frères
si la funeste guerre supprime des vies qui ne demandent qu’à vivre sous le soleil
si la peur et le deuil s’installent chez l’homme et pleure son cœur quand les bombes résonnent
il est encore temps de faire taire les armes de vivre le jour et d’espérer son retour
il est encore temps d’aimer son frère et de trouver les gestes qui lui sont chers
offrez l’amour n’attendez pas à demain car les armes parlent plus vite que l’humain.
J’ai cherché la lumière dans mes pensées Le soleil s’est enfui dans la nuit
J’ai écouté de savants discours Leur clarté n’a pas éclairé mon ignorance
J’ai lu des livres de sagesse Les mots sont restés couverts de mystère
J’ai mendié un flambeau aux êtres proches du ciel Mon chemin est resté obscur
J’ai demandé audience aux étoiles Elles m’ont reçu durant mon sommeil
J’ai donné rendez-vous à la lumière Les ténèbres ont effacé mon adresse
J’ai allumé un feu pour voir la vérité Le vent a balayé mes flammes
J’ai crié pourquoi? Les nuages ont noyé mon écho
Je me suis alors tourné vers mon cœur Il m’a ouvert la porte
J’ai fait silence Et mon âme s’est illuminée
C’est alors que j’ai compris Que je n’avais rien à comprendre
Mais seulement à écouter Vivre la vie au-delà de ma vie
Dans le silence de mes pensées Dans la beauté du jour naissant…
Emilio Francescucci
Le vin de ma belle
Apporte ma belle ton vin qui ensorcelle Ce soir je veux boire de ta bouche vermeille Le sang de la vigne qui guérit le chagrin Et les baisers libertins qui se rient du destin
Verse ton vin rubis à ma soif je veux taire Mes angoisses et mes pensées suicidaires Verse encore dans ma nuit ton vin célestiel De ton amphore au nectar plus doux que le miel
Garde douce fée mes lèvres de vin trempées Et mon désir et ma passion cette nuit éveillés Le sommeil n’a jamais vu l’amour fleurir Verse ton élixir j’ai l’infini pour dormir
Verse, verse encore ton feu sacré à mon envie Ce moment où je suis heureux je sens la vie Je dormirai sous terre durant des années Jamais ne refleuriront les roses fanées
Verse à mes lèvres ta boisson jusqu’à l’aurore Je préfère l’ivresse aux sermons sonores Ta vigne généreuse et tes larmes rubis Transportent mon âme au cœur du paradis
Seul ton vin rassasie la soif de mon désert Verse-le avant que mes os soient à découvert Sur ma peau couleur soleil fleuriront des roses Au parfum divin de l’ivresse éclose
Je bois sur ton sein le vin couleur de rose C’est le plus grand remède à la vie morose Je bois avant que le temps ne devienne rare Car la mort est une nuit sans lune et sans phare
Je bois car un jour mon corps sera poussière Et poussière aussi seront tous les cimetières Laisse couler sur mes lèvres ô ma belle Ton vin source et mystère de vie éternelle
Je suis heureux quand tu me verses du vin Un vin de rose au parfum de son jardin L’amour et le vin quel mariage divin! C’est de la vie le plus grand des festins!
biografia:
Emilio Francescucci est né à Guardiagrele en 1939, un petit village niché dans les montagnes des Abruzzes, situé au centre-Sud de l’Italie. Il est arrivé au Canada en 1957 et a poursuivi ses études au Collège Sainte-Marie, puis à l’Université de Montréal, où il a obtenu une Maîtrise en éducation. Après avoir consacré plus de trente années à l’exercice de sa profession d’orthopédagogue, il a repris le sentier de la poésie et fondé avec des amis, en septembre 2000, le Carrefour de Poésie de Lanaudière. Il en a assumé la présidence jusqu’en novembre 2004. En 2002 il publie son premier recueil de poésie : Échos du silence et remporte le 1er prix de Création littéraire décerné par le Conseil de la Culture de Lanaudière. Il a participé à plusieurs collectifs poétiques, Lanaudière en poésie, éditions ArtDoise, dont l’anthologie « Marcher avec Saint-Denys Garneau », édition Création Bell’Arte et publié un recueil de poésie en dialecte des Abruzzes : Serenate à Guardiagrele. En juin 2003, il a remporté le premier prix de poésie dans le cadre de la semaine Italienne à Ottawa avec son poème : La luce del silenzio.