Tétérého ALI-TAGBA
Tétérého ALI-TAGBA est né en 1959 à Atakpamé au Togo en Afrique de l’ouest. Parallèlement à sa profession de contrôleur des assurances, de formateur et de secrétaire général du GRAPP (Groupe de Réflexion et d’Action pour la promotion de la Poésie).il a écrit huit recueils de poèmes deux pièces de théâtre, trois romans en français. Puis deux recueils de poèmes en tem et deux recueils de poèmes en éwé qui sont deux langues africaines. Participation à de nombreux festivals de poésie en Afrique et en Europe. Ses poèmes sont apparus dans de nombreuses anthologies et revues dont :
Dans les anthologies
-Hjartat i munnen(Le cœur dans la lune),internationnelle poesidagarna en 1995 à Malmö en Suède
-POESIE DE LANGUE FRANCAISE-144 poètes d’aujourd’hui autour du monde. Anthologie établie par Stéphane Bataillon, Sylvestre Clancier et Bruno Doucey Préface de Bruno Doucey aux éditions Seghers en 2008 .Ouvrage publié avec le soutien de l’OIF(Organisation Internationale de la Francophonie) et la participation de la nouvelle pléiade.
-Togo 50 ans ,50 poèmes : ANTHOLOGIE DE LA POESIE TOGOLAISE .Par Kudavi NOMANYO,Président du GRAPP. Aux éditions HAHO en 2013.
Dans les revues :
-Revue italienne AFRICHE de la Societa Missioni Africane IL POZZO DEL SAPERE. LA narrativa Kotokoli. Septembre 2008.
-« A l’écoute de l’Afrique » édition spéciale de la revue de l’UNESCO. Hommage de l’UNESCO à Aimé CESAIRE (1913-2008).Paris, 22 Mai 2008.
FAISABILITE
Oui elle le fera.
Elle ne le fera pas.
Elle le fera.
Elle ne le fera pas.
Elle le fera.
Elle ne le fera pas.
Elle le fera.
Elle ne le fera pas.
Elle le fera.
Elle ne le fera pas.
Jusqu’à, elle l'a fait.
Oui il la fera
Il ne la fera pas
Il la fera
Il ne la fera pas
Il la fera
Il ne la fera pas
Il la fera
Il ne la fera pas
Il la fera
Il ne la fera pas.
Jusqu’à, il la fait
Il et elles les feront et, c’est fait
ALI-TAGBA Tétérého
LIBERTE
Je suis un homme libre !
Libre de penser.
Libre de me taire ou de parler.
Libre de m’énerver ou de rire,
Libre de la serrer ou de sourire
Libre de mes actes.
Et tant de femmes,
Et tant d’hommes,
Se sentent aussi libres que moi.
Sont-ils vraiment libres ou prisonniers de leurs propres conceptions ?
Et le monde qui prône tant la liberté,
A –t-il vraiment besoin des hommes libres ?
Pour respecter les conventions ?
Pour préserver les us et les coutumes ?
Pour perpétuer l’espèce humaine ?
Libre en tout cas moi je suis libre !
Tant pis si tout le monde ne veut pas être libre.
Tant mieux si tout le monde ne peut pas être libre. /.
ALI-TAGBA Tétérého
Au Grand Peintre Pablo Picasso
Et à tous les autres peintres
LA SERPENTINE
La rivière qui pleut sur nos pensées,
La rivière qui meut à travers le monde entier,
La rivière qui veut une vie élancée,
C’est cette rivière qui coule dans nos veines,
Elle est existentielle.
La rivière d’ouïe,
La rivière de bruit,
La rivière de pluie,
Coule dans nos veines,
Elle est personnelle.
La rivière magnétique,
La rivière élastique,
La rivière plastique,
C’est elle qui coule dans nos veines,
Elle est exponentielle.
La rivière sur laquelle nous gravons nos sciences et nos passés,
La rivière dans laquelle nous couvons nos consciences et nos péchés,
La rivière à laquelle nous convions nos existences et non abbés,
Coule dans nos veines,
Elle est sempiternelle
La rivière qui liquéfie nos larmes,
La rivière qui clarifie nos formes,
La rivière qui falsifie nos paumes,
C’est elle qui coule dans nos veines,
Elle est superficielle.
La rivière qui blanchit nos soifs,
La rivière qui rafraîchit nos coiffes,
La rivière qui franchit nos gaffes,
Coule dans nos veines,
Elle est exceptionnelle.
La rivière dans laquelle nous baignons nos amertumes et colères
La rivière dans laquelle nous lavons nos maladies et misères,
La rivière de laquelle nous tirons nos amulettes et mystères,
C’est cette rivière qui coule dans nos veines,
Elle est immatérielle,
La rivière qui rouille nos bois,
La rivière qui mouille nos lois,
La rivière qui verrouille nos voix,
Coule dans nos veines,
Elle est poubelle.
La rivière qui moule nos lieux,
La rivière qui roule nos yeux,
La rivière qui foule nos pieds,
C’est elle qui coule dans nos veines,
Elle est femelle.
La rivière qui glisse sous le regard du passant,
La rivière qui visse la vision du clairvoyant,
La rivière qui s’immisce dans une allure de titan,
Coule dans nos veines,
Elle est plurielle.
La rivière qui caresse,
La rivière de tendresse,
La rivière de sagesse,
C’est elle qui coule dans nos veines,
Elle est sentimentale.
La rivière qui boit le soleil cuit,
La rivière qui noie la pluie
La rivière qui doit à l’amphibie,
Coule dans nos veines,
Elle est universelle.
La rivière qui rampe sous l’œil des rochers-arbrisseaux,
La rivière qui lape les chants des oiseaux,
La rivière qui campe sous le murmure des animaux,
C’est elle qui coule dans nos veines,
Elle est belle.
La rivière qui efface nos mains,
La rivière qui espace nos matins,
La rivière qui trace nos chemins,
Coule dans nos veines,
Elle est sentinelle.
La rivière d’eau douce qui atténue nos haines,
La rivière non polluée qui diminue nos peines,
La rivière non servante qui remue nos arènes,
C’est elle qui coule dans nos veines,
Elle est surnaturelle.
La rivière rouge qui bleuit nos laines,
La rivière blanche qui noircit nos chaînes,
La rivière verte qui jaunit nos scènes,
Coule dans nos veines,
Elle est arc-en-ciel.
La rivière qui détermine une vie sur notre cœur,
La rivière qui élimine ce qui nous écœure,
La rivière qui examine le déclin de l’enfant de chœur,
C’est elle qui coule dans nos veines,
Elle est mamelle.
La rivière qui coule saoule,
La qui saoule coule,
C’est d’elle que nous tirons nos espoirs pêcheurs
C’est d’elle que nous obtenons nos mangeoires des lendemains prometteurs
C’est sur elle que nous posons nos perchoirs des jours meilleurs,
Et c’est aussi elle qui coule dans nos veines,
Lent---te---ment./.
ALI-TAGBA Tétérého