Ousmane Gueye
Ousmane Gueye est né le 24 Mars 1996 à Ndoffane Laguème. C’est un poète sénégalais et étudiant en droit public, niveau licence 2, à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. En 2014 il commence à écrire ses premiers poèmes. Il est l’auteur d’un recueil poétique publié en 2O18 et intitulé Autopsie d’une âme.
LE PANSEMENT
Par-dessus ma pauvre tête,
Plane la calebasse du ciel,
Avec toutes ses dents artificielles.
Elle me sourit avec des sourires ahurissants,
Des sourires pleurants,
Des sourires endeuillés,
Des sourires escarmouchés.
Son haleine se démange d’espoirs brisés
Et autour de moi, les tableaux noirs
S’implantent comme des barres perchées
Sur un miroir blanc et sombre !
La pratique de l’invincibilité
Ne me charme plus.
J’ai regardé et j’ai vu.
Ma blessure, c’est une honteuse timidité.
Je sors, on me regarde et je rentre.
Je rentre, on m’ignore et je m’éventre.
QUAND JE CACHE MON AMOUR
Quand je suis amoureux et que je cache mon amour ?
Je deviens bizarre et à chacun de mes détours,
Je me dis qu’elle risque de voir des auspices
Dans mes yeux fébriles. Je n’ai pas de fétiches !
Non, je n’ai pas de poupée qui me donne.
Ah femme, si tu entendais mes ronronnes !
Alors que les baisers de la lune s’effacent
De ma joue, je comprends cette farce
Réelle : si je ne cesse de pleurer,
C’est que je ne cesse d’aimer.
Ah ! Pourquoi désirer une bien-aimée ?
Stupide ! N’est-ce pas mon cœur, ce charnier
Sans vie ?
MUSES DES RUES
Les rues de Saint-Louis sont pleines
De ces pépites qui illuminent des yeux,
Sous le regard forcé du soleil. Pleines,
Elles marchent avec assurance, défiant
Du regard tout être mâle avare
Qui leur vole le moindre sourire.
Quand je les croise, leur pouvoir
Me submerge et je sens mon être
Se délecter de ces quelques ombres qui
S’échappent de leurs rondeurs exquises.
Ces ombres semblent me dire : « vois qui
Est devant toi et profites de nos joues mises
En l’air. Oh prince inconnu! Sois bienheureux.
Nous t’étoufferons de câlins doux et mielleux. »
Hélas, je désire moi une sainte montante.
Mais je crois qu’elle a déjà été prise et séduite.
SOUVENIRS
En contemplant la beauté de la nature,
J’ai souvent senti mon cœur trembler
Et danser de joie devant cette beauté à tomber.
Un jour, admirant l’eau,
J’ai senti augmenter mes taux.
Une sirène venait de passer
Et sa beauté me dérangeait dans ma lucidité.
J’étais avant infaillible, mais ce fut une fée.
Cette demoiselle ne me semblait pas
Terrienne. Elle était de couleur unique
Et ressemblait plutôt à un amas
De cauris.
On aurait dit une Ouroule qui rit !
Elle était si belle, si douce, si sexy
Que j’eus atteint l’ataraxie.
J’ai alors compris que même la nature
N’était similaire.
Mon estomac gargouillait
De partout.
C’était une rose qui venait d’apparaître sous mon regard,
Une rose noire qui s’envolait avec un regard pillard.
LE PUITS
Ecoutez ces fleurs qui s’échangent des coups.
Elles chantent le va-tout.
C’est une bien belle mélodie
Pour esquisser de près ma folie.
Les cloches des anges me parviennent et, clous,
Leurs rires raisonnent aux oreilles
De la nature à la virginité vieille.
J’ai maintenant reçu le dessin merveilleux
De certains pieux.
Ma feuille est abreuvée.
Ma plume est devenue mère des chapelets.
Mon cœur est le tambour céleste.
Ma voix chante la sonnerie de la sieste
Des gardiens du jardin
Jalousement caché au souterrain.
Puisque mes larmes sont mariées au sel
Des nectars où se baignent les éternels,
Je n’ai plus rien à envier aux
Féeriques oiseaux de feu
Qui visitèrent la carapace bleue aux creux
Du temps des voyages longs.
La grandeur demeure dans les salons,
Et j’y étais pour m’entretenir avec le voyant.
Créant et brisant
Désormais, la rosée ne m’enchantera plus.
Le phœnix à ma vue ébloui,
Vient de rajeunir pour la dernière
Fois et brise de glorieux sempiternels à terre !
Le serpent du pommier que j’ai dompté
M’a prêté allégeance énumérée
Pour la vraie esthétique
Que je ne pouvais avoir en narcissique.
TON RETOUR
Alors que je faisais tout pour ne pas imaginer
Ce moment, tu es finalement venue.
Alors que je faisais tout pour ne pas te regarder,
Tu es finalement encore apparue.
Je fuyais l’amour du regard.
Je fuyais la tendresse de ta voix.
Je fuyais ta bouche de roseaux.
J’essayais encore d’étouffer mon cœur, et tu es revenue.
Je t’ai regardé, désolé et impuissant.
Je t’ai regardé toi, ma muse perdue. J’en étais triste et déçu.
Déçu de t’avoir perdu. Déçu de ne plus pouvoir espérer.
J’écouterai mon cœur pour écrire aujourd’hui.
Quand je t’ai revu, j’ai affiché un sourire.
Mais mon âme scandait d’atroces regrets.
Je t’ai parlé et tu m’as répondu.
Oh ma chère ! J’ai essayé de sortir et de sourire
A nouveau. Mais ce que je ressens ne change pas. Mon cœur
Est encore sous le choc de ton départ. Il est encore lourd et aveugle.
Ses sens ne perçoivent même plus les couleurs. Devrais-je me tuer
Pour ne plus me souvenir de toi ?
Je n’ai pas d’autre choix que de me taire.
Oui, me taire pour éviter de froisser quiconque.
Je n’ai d’autre choix que de m’en remettre à Allah,
Espérant qu’il retournera mon cœur et que je t’oublierai.
Mais je n’ai de doute qu’à chaque fois que
Je te reverrai, je pleurerai en silence.
Existe-t-il plus grande douleur que d’aimer
Follement et de ne pouvoir rien dire ?
Existe-t-il plus grande douleur que de regarder
Sans pouvoir d’un doigt toucher ?
Tout m’interdit de t’approcher. Tout !
TU ES PARTIE
Hier, j’ai débarqué de nouveau dans la ville.
Je sentais encore la douleur de ton départ.
Le soir, j’ai été forcé de regarder l’immortel
Portrait de ton jour. Je me suis alors penché.
J’ai pleuré intérieurement pour sortir des prières.
Mon cœur meurtri suit le corbillard
De nos souvenirs. Je t’ai perdu à jamais.
Même si cela me fait mal, je me dis que
Ton bonheur prime sur tout. Je l’accepte.
Pars, chère bien-aimée. Je regretterai toujours
D’avoir été ton frère. Je mourrai avec cette douleur
Qui revient à chaque fois que je pense à toi.
Hélas, ton visage ne veut pas me quitter.
Ta voix s’accroche à mon âme comme une orpheline
Cherchant refuge. Mon être ne peut la laisser partir.
Mes pleurs de l’instant vont clore cette œuvre que je t’écrivais.
Je voulais réellement te chanter, te chérir, t’aimer.
Désormais, l’autre te découvrira. Il te verra toi toute…
Moi, le malheureux, je t’offrirai un sourire bienfaiteur
Quand je te verrai sourire pour votre bonheur
A toi et à lui. Je t’aimerai à jamais.
Et mes larmes en couleront à jamais.