Papa Moussa Sy
28 juillet 1989 à Dakar
Spécialiste en francophonie et littératures francophones
Etudiant en Master 1
Université Cheikh Anta Diop de Dakar
Département de lettres modernes.
A la recherche d’un Oasis
Quand dans ce monde éperdu je suis seul
Et que le vent du désespoir cingle ma face.
Quand la chaude vie désertique me rend veule,
L’espoir de voir un désert vital me tracasse.
Quand lentement devant moi l’horizon s’efface
Et que j’avance à pas feutrés dans l’indécis.
Quand dans mes vains efforts je vois surgir l’impasse
Je dis : « l’oasis n’est ni ailleurs ni ici ».
Dans un vaste désert j’erre comme un berbère.
J’endure le faix pesant du ciel ardent,
J’hume des bouffées de poussières amères
A la recherche d’un oasis consolant.
Soudain, je l’aperçois, il est là, devant moi.
L'oasis avec ses grands palmiers et son eau clair
Je courre, je vole, mais ma joie est précaire :
C’est juste un mirage, tout redevient coi.
Un grand chagrin lancinant me perce la chaire
Mais je dois reprendre ma quête de naguère.
Peu importe les obstacles et précipices
Je suis toujours à la recherche d’un oasis.
ADIEU
Adieu
Tu as été trop faible pour transgresser
L’endogamie du cercle familial,
Et moi je suis désarmé pour agresser
Les lois rigides de la vie sociétale.
Adieu
Car l’amour est désormais emprisonné
Par les barreaux sacrés de la tradition,
Et sur tous les murs j’irai badigeonner
La calligraphie de mon âpre émotion.
Adieu
Je ne verrai plus ton visage innocent
Ni ta belle allure propre à une Ardo
Tes us haïssent le mélange de nos sangs
Nos enfants seront vus comme des bardots.
Adieu
Sourire qui s’estompe de plus en plus
Regard qui se dilate, larme qui coule
Vie qui se clôt, et un horizon de plus
Qui découvre un avenir en cagoule.
Adieu, Adieu, Adieu…
LE PANORAMA DE LA TERRE
Mon esprit, comme un oiseau planant dans les airs
Erre, observant le panorama de la terre.
Je préfère être dans les nuées que sur la terre,
La terre où ne règne qu’un mal de vivre amer.
La propagation des gaz à effet de serre
Détruit calmement la précieuse atmosphère.
L’esprit nocif de l’homme de ce millénaire,
Avec ses inventions a terrifié notre ère.
Déchets, débris et détritus jetés en mer,
Tuent les êtres vivants maritimes si chers.
Eruptions de volcans, feux de brousses précaires,
Ruinent la forêt, sa verdure et ses eaux claires.
Ecoutez les plaintes de ce cœur en colère,
Parcourant du nord au sud les deux hémisphères.
Notre monde d’hui est un monde délétère,
Et l’attitude de chaque homme est velléitaire.
LE CREPUSCULE D’UN ROI
Quand le soleil décline et que lentement
Marche le crépuscule
Sur le ciel d’Iba Mar…
Viens voir les bonds des lions et leurs rugissements
Qui font vibrer toutes les côtes de Dakar.
Sous la voix galvanisante des cantatrices
Et les cris virils des tam-tams burlesques,
Les lions trépignent
Avec leurs pattes chevaleresques
Pour graver sur Terre de jolies cicatrices.
Rois de la jungle,
Terreurs de la gent animale
Porteurs de lumière, de majesté et de bravoure,
Les lions bondissent et exhibent leur force
Sous des milliers de regards pris d’amour.
C’est alors qu’ils s’élancent
Pour le moment crucial.
Un roi doit nécessairement déchoir.
Pour un seul trône, point de rival!
Ils se toisent, se dévisagent, se défient…
La poussière vint.
Elle ensevelit de détresse le roi déchu
Et arrose de fierté le lion véritable
Il cambre, se trémousse et sa crinière vibre
Déclenchant la folie des cœurs libres.
La force et la sagesse auront triomphé.