Fatou Dioffe Ba
Née en 1988 à Saint-Louis du Sénégal, Fatou Dioffé Bâ a commencé depuis les bancs du collège Amadou Fara Mbodj à manier les vers. Sa passion la conduit à participer à différentes activités culturelles. Ouverte et chaleureuse, sa recherche du sens de la vie la mène à découvrir des idéologies variées.
Une lumière surgit,
Mes soucis s’enfuirent.
La chance m’a souri,
D’un sourire qui ne peut me nuire.
Comment m’y prendre mère chérie,
Pour t’annoncer ma survie ?
Mes peines se sont évanouies.
Mes efforts m’ont servi.
Mon âme s’est revêtue
D’une laine toute velue.
Comment m’y prendre mère chérie,
Pour t’annoncer ma survie ?
La survie de ton enfant.
Ton enfant qui t’aime tant,
Qui parle de toi en chantant
Des mélopées d’antan.
Comment m’y prendre reine des reines
Pour te dire que ta princesse est maîtresse de l’arène.
Grand-père, dernier de mes Pères,
Ma chance, mon espoir, mon essence,
Parlez-moi de mes racines, parlez-moi de mon moi enraciné.
Oh Père, combien je vous ai souhaité !
Laissez, laissez couler ces mots de mon histoire.
Je vous sais riche, riche des Massasis,
Riche de Sénéfobougou, riche, oh que riche !
Mame, dites, qui sont mes Mames ?
Vous êtes le dernier, le détenteur, le salut.
Reformons le royaume des Massassis,
La lignée des Coulibaly, traduis-moi le Bambara.
Que je puisse comparer ces mots
A ces sentiments encrés au plus profond de moi.
Révélez-moi mon passé, levez le voile.
Que mes yeux puissent voir,
Mes oreilles entendre,
Ma peau, sentir
Mon nez, humer :
Que je puisse être.
Oh Père, parlez-moi de vos pères !
J’en ai tellement rêvé, tant espéré,
Puis me suis résignée. Et
Vous voilà surgi de nulle part, de partout,
Bel imprévu, spectaculaire renaissance, quel espoir !
Vous portez, vous symbolisez, oh Père !
Laissez-moi vous toucher ! Vous êtes bien là ?!
Oh Père !
Je vous tiens, restez debout, autant que vous pourrez et, mieux, à jamais.
Guidez la famille vers son royaume, vers son trône.
Redonnez-la son heure de gloire.
Restez, Père.
Et bêchez, encore et encore, retrouvez l’histoire
Des Coulibaly Massassi.
Autre temps, autre mœurs, je promets.
Plus jamais de retraite sur l’arène.
Douce, je resterai ta sirène
Autre temps, autre mœurs, c’est juré.
Amoureux tu me venais, souriant
Mais orgueilleuse feignais-je dédain
Que de mots, de pleurs, de gestes sans fin !
Mais que de joie à jouer de mon chevalier servant !
Puis de par les promenades ; le vécu…
Une fleur en pleur, une laide bien gaie,
Une ville en ruine, un désert habité
Et vois, ressens, pressens.
Essence du lac rose et de l’océan grandiose
Voudrais-tu seulement, là, d’un crépuscule d’une vie.
A l’aube je t’attends, à midi t’oublie, le soir te renie
Avant que vienne la nuit, je t’appelle, te supplie.
L’eau versée à terre ne se ramasse pas.
Le temps presse et nous n’avons que nos pas.
Si pour moi, tu éprouves l’éternité, le merveilleux,
Partageons nos peines pour que s’exaucent nos vœux.
Douce force, doux réconfort, douceur qui me fortifie,
Ma drogue. Ni thé, ni café, ni cocaïne, non.
Des sensations inouïes,
Parfois d’euphorie, d’incommodité, de fébrilité…
A écrire, à crier, à chuchoter au monde entier !
Pourquoi m’encombrer d’armes immondes ?
Pourquoi me quereller n’importe où, n’importe comment ?
Alors que ma voix gronde, ordonne et s’impose,
Alors que ma voix touche, transperce et transforme.
Pourquoi, tout le temps, pleurer, me morfondre pour sombrer ?
Pourquoi, tout le temps, m’exaspérer, me crisper jusqu’à stresser ?
Alors que, sur la feuille blanche, je puis me confier, verser mes larmes,
Alors qu’avec l’encre je puis dessiner pour mieux me cerner.
Et, ils sont là
Mes joies, mes calvaires de tous les jours,
Mes peurs, mes espoirs, mes rêves…
Mes amours, mes amitiés : réussites et déboires.
Ils sont là,
Rythmant ma vie, mon âme.
Là,
Les murmures, les chants religieux à peine soufflés…
Les poèmes !
Air, vide ou subtile richesse ?
Mes pauvres perles ne peuvent te voir.
Pourtant, te dois-je la joie de vivre !
Céleste mystère mais quelle présence.
Air, étranger ou fidèle compagnon ?
Pourtant, me vient souvent une sensation
Découlant de ton corps maître.
Air, substituant ou rattaché à l’être ?
Air fiancé de mon souffle affamé ?
Air essence de ma vie éphémère ?
Air roi ou divin messager ?
Parle, parle
Parlez afin de m’enivrer.