Poète, tu écriras
Poète, tu écriras.
Pour semer la graine de l’espoir.
Pour illuminer les regards submergés de passions tristes.
Pour extirper l’esprit amorphe des entrailles du désespoir.
Pour reconstituer les cœurs brisés,
Pour ranimer les cœurs inertes.
Poète, tu écriras.
Pour ôter le spleen des âmes égarées.
Pour rendre à l’orphelin son innocent sourire.
Pour rallumer la verte flamme des impies.
Pour sécher les larmes de la veuve du martyr.
Poète, tu écriras.
Pour revigorer le soldat piétiné par les bottes immondes.
Pour immortaliser les héros flagellés sur l’autel de la postérité.
Pour enseigner à la jeunesse de ton pays les valeurs fécondes.
Pour servir la conscience et la morale de l’humanité.
Azo Dieng
© 30 700 09 01 12
Tous droits résevrés
Sanar UGB, décembre 2010
Ndar, la ravissante*
Me ravit la belle cité dans les bras de la mer bleue
Baignant les cœurs et les esprits lorsque la lueur dorée
Se dissipe dans les nuées de la marée blanche.
C’est le moment où Faidherbe étendu sur son lit savoure les délices
De la majesté, les délices de la mélodie de l’âme revigorée.
Me ravit la sublimissime bleue, miroir de la signare immortelle
Qui telle une pirogue sous les clapotis, danse gracieusement
La musique du cœur épris. Perchée sur les rochers de l’élégance
La sirène tisse la voile des merveilles qu’elle déploie tendrement.
Me ravissent les majestueuses bâtisses qui me content la belle époque
Celle du métissage, creuset de mille et une richesses.
Me ravit ta terre sanctifiée par les pas de Bamba, l’homme
Qui dompta le tumulte des vagues et illumina à jamais ta face.
Ndar, ma plume te chante aujourd’hui car enchantée par ta noblesse.
Assane DIENG
*Lauréat du 1er prix ex-æquo du Concours international de Poésie 2009 de Saint-Louis du Sénégal
Hymne à l’amitié
-
S’il est vrai
Que l’amitié résiste au diktat du temps
Et transcende la distance
S’il est vrai que l’amitié est une noblesse d’âme
Alors mes amies sont nobles
Des nobles aux patronymes modestes
Aux noms communs
Ndeye Fatou, Binetou, Samba, Abdoulaye, Ami, Bara
A l’esprit qui ne connaît point mon histoire
Ces noms ne disent rien
Mais à moi ils disent beaucoup
Car ils me rappellent ma jeune histoire
Sur les routes bitumées et les sentiers battus de Louga
Nous avons cheminé ensemble
Nos pieds frappant l’asphalte sous un soleil de plomb
De la maternelle au lycée en passant par Massamba Siga
Collège des mille et une merveilles
Nous avons vécu d’intenses moments communion et de joie
Une joie mêlée au charme de l’insouciance puérile
Binetou, Emmanuel, Louis Emile
Sainte Marie a bercé notre tendre enfance
Mais hélas, les chemins sinueux de la vie nous ont séparés
Les uns à l’extrême nord, les autres au lointain sud
Mais s’il est vrai
Que l’amitié résiste au diktat du temps
Et transcende la distance
Vous resterez toujours gravés dans mes pensées
-
S’il est vrai
Que l’amitié est un arbre florissant
Qu’arrose la fraternité
S’il est vrai que l’amitié est une noblesse d’âme
Alors mes amis sont nobles
Des nobles aux patronymes modestes
Aux noms communs
Iba, compagnon de galère
Des nuits blanches passées à la belle étoile sous le regard
Frisquet de décembre au pénible et injuste séjour forcé
A la Maison d’Arrêt et de Correction de Saint-Louis
Le temple de Sanar nous a réunis dans la joie et dans la peine
Que d’étapes avons-nous survécu, que d’obstacles franchies
Deux années ont suffit pour que Gaston Berger
Fasse de nous des grands amis, amis au nom de la souffrance
Commune, de la détresse et des angoisses fraternelles
Amis au nom de l’amitié pure et sincère
Aujourd’hui que tu as quitté Sanar pour Thiès où t’attend ton avenir
Ta sempiternelle angoisse s’est tut inhibée par le rythme
Solennel de la convoitée fanfare, requiem du bellâtre déshérité
Officier, tu seras l’arme immaculée de paix, tu défendras
L’éthique et la justice, tu redonneras au patriotisme toute son aura
S’il est vrai
Que l’amitié est un arbre florissant
Qu’arrose la fraternité
Je ne saurais vous oublier vous autres
Baila le conseiller, le grand frère
Que de fois tu as éclairé ma lanterne et apporté les réponses
A mes questions les plus troubles
Mouhamadou Moustapha, le sang ne ment pas
Gueye Fall, Bathie, Abdourakhmane
Vous êtes les compagnons de route dans la joie comme dans la peine
-
S’il est vrai
Que l’amitié reconstitue les cœurs brisés
Réchauffe les âmes esseulées
S’il est vrai que l’amitié est une noblesse d’âme
Alors mes amies sont nobles
Des nobles aux patronymes modestes
Aux noms communs
Amina la sœur, digne expression de la femme
Noire sculptée par la plume de l’illustre poète
Fatimatou la sopé, la grâce d’une antilope sacrée
Au sourire tiède, esquisse de la cousine bien aimée
Aicha Diallo l’amie fidèle, au sensuel et mélancolique regard
Marame la complice, l’élégance et la noblesse de la signare
Mariétou la grande sœur, la délicatesse du geste
Duchesse des temps modernes, Boudy la confidente
Vous êtes…
L’étoile qui éclaire et illumine les nuits sombres
Le vase contenant le nectar des roses divines
Le baume qui apaise les cœurs endoloris et meurtris
La chanson de geste qui galvanise le guerrier conquérant
La pluie qui arrose et fait germer les graines de l’affection
Vous êtes…
Mes compagnes, mes amies, mes sœurs
Azo Dieng
© 30 699 09 01 12
Tous droits résevrés
Sanar UGB, décembre 2010
Notice biographique
Né le 02 mars 1990 à Dakar, Azo Dieng – étudiant en Lettres à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis – est un jeune poète pétri de convictions fortes. Mu par une passion inextinguible de la poésie et de l’écriture, il s’active avec hardiesse dans la promotion des Lettres Sénégalaises et des jeunes talents. Membre fondateur du Club des jeunes écrivains et artistes de l’Université Gaston Berger (Plum’Art), il est aussi sympathisant du Cercle des Ecrivains et Poètes de Saint-Louis. Aussi est-il l’Administrateur de la rubrique A vos plumes ! sur le site de ndarinfo.com.
En décembre 2009, il est Lauréat premier prix ex-æquo du concours international de poésie de Saint-Louis. Le 02 février 2012, il devient membre de l’organisation Poetas del Mundo.