Partir!Partir sans rire au nez mineurDes morpions en purgatoirePartir là-bas en galèreAu creux soudain de l'été fébrileQui s'annonce en couleurs chatoyantesSans franchir la porte agressiveDes oublis moroses et mesquinsMais je n'irai pas défierLes lointaines îles tumultueusesJe ne servirai point d'appât clandestinA la grande pieuvre dévoreuseJe n'irai guère au quartier latinEn quête sau ...
Partir!
Partir sans rire au nez mineur
Des morpions en purgatoire
Partir là-bas en galère
Au creux soudain de l'été fébrile
Qui s'annonce en couleurs chatoyantes
Sans franchir la porte agressive
Des oublis moroses et mesquins
Mais je n'irai pas défier
Les lointaines îles tumultueuses
Je ne servirai point d'appât clandestin
A la grande pieuvre dévoreuse
Je n'irai guère au quartier latin
En quête saugrenue de baratin
Ni à Venise en radeau de fortune
Car je ne braderai pas pour si peu
Mon talent vertigineux
Pour ces ingrates odyssées hasardeuses
Partir et ne point partir
Car partir c'est vaquer ensemble
A la pointe amicale du soleil ardent
Scruter sans détour l'horizon lointain
Et sans entraves de ma terre enchanteresse
Partir solidaire dans le calme serein
D'un instant de délire et de joie intime
Comme le colibri voltigeur
Du clair pays entier j'irai migrateur
A la conquête précieuse de ses paysages d'Eden
De ses jardins de beauté
Où gazouillent à l'unisson
L'alouette messagère
Le rossignol allègre
Et la mésange bleue
le flamant rose
Et le cormoran marin
Papa Sada Anne
Korodji et Ramatou
J'ai défié les courants hostiles
Des rivières tumultueuses
Et palpé le pouls des palmiers las
Au regard d'inquiétude
J'ai parcouru le Fouladou et le Firdou
En quête inlassable de fraternité jumelle
Ah! Qu'elles sont sont belles
Korodji et Ramatou les bergères
Aux yeux de fée innocents
Vos sourires de cristal sont promesse d'avenir
Dans le calme paisible des hameaux enfumés
A la croisée des chemins éprouvés
J'ai rejoint le Fogni et le Kombo
Au nom des ancêtres précurseurs
J'ai prié seul dans le bois sacré
A la recherche forcenée de la paix buissonnière
J'ai imploré dans la poussière brune
La grâce de la prêtresse visionnaire de Mossor
Parque divine qui engendra
L'épopée généreuse du pays germinal
O femme panthère que rien n'émoussa
Ta mémoire féconde est le blason séculaire
Qui affermit le courage téméraire
De ton vaillant peuple multicolore
Car tu es le guide et le giron
L'argile et la mesure qui pèse et allège
La branche séculière de la grande fratrie millénaire
De Kabrousse et Nalou.
Papa Sada Anne
Mon pays
J'ai gravi les sommets les coteaux
Et les pentes florissantes
J'ai humé de près les parfums flamboyants
Des vertes campagnes en sillons
J'ai poursuivi à l'extrême
Le soleil et la lune plaisantins
Et me voici à l'embouchure
Des chemins de croisière
Embarcadère des ombres fugitives
Tapies dans le silence obsédant des ténébres
Chemins de liesse et de lumière
Phosphorescence au pied du Saint des oliviers
Voie de liberté exutoire et
Point d'ancrage de la quête prometteuse
Clairvoyant je reviens de loin
Yeux ouverts exorcisé émancipé
Immunisé du mal innervant
Du grand large éblouissant et ensorcelant
Teuss! Qu'il est beau
Mon pays de miracles étouffé
Mon pays de rêve attachant et captivant
Aux images de beauté parfumées
Aux trésors infinis enfouis dans le coeur immense
De ses hommes de bonté au génie créatif consolateur
Et réconciliateur.
Papa Sada Anne.
Biographie:
Papa Sada Anne. Il est né à Saint-louis du Sénégal. Il est professeur de lettres. Poète, critique littéraire. il a participé à plusieurs ateliers d'écriture destinés au public scolaire. Il a à son actif plusieurs essais critiques sur les oeuvres de David Diop, Césaire, O. Socé Diop, Birago Diop, etc... Co-auteur d'un ouvrage collectif sur: ' Une si longue lettre' de Mariama BA, paru en 2006. Il est membre du CEPS, chargé de la communication. A reçu le diplôme d'honneur du Ministère de l'Education, pour services rendus à l'éducation. Il a publié aux éditions Xamal, Saint-Louis, 2009, un recueil intitulé ' Parfums d'exil', préfacé par Alioune Badara Coulibaly.
'Parfums d'exil', ce poème jailli d'un seul jet de l'esprit du poète, cette tirade porte l'empreinte d'un souffle qui, jamais ne s'essouffle. Le poème écrit sans ponctuation, s'achève et se prolonge avec douceur chez tout lecteur et entraîne irrésistiblement ce dernier, tant le rythme est soutenu. Et puis ce recueil répond à l'actualité brûlante de l'émigration clandestine. Le poète, dans ses fonctions d'Educateur, porte à notre réflexion des pensées toutes empreintes de lucidité et de responsabilité.[ Alioune Badara Coulibaly].
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