Les perles sont raresRares comme les larmes d\'un chienRares comme de la pluie dans le désertRares comme de la monnaie dans la bourse des clientesRares sont les perlesLes perles déferlent le dégoût de l\'êtreMais elles sont raresQui les aurait euSentirait l\'approche facileMais elles sont raresPlus rares que mille troupeaux de bêtesAu sortir des boucheriesLes ...
Les perles sont rares Rares comme les larmes d\'un chien Rares comme de la pluie dans le désert Rares comme de la monnaie dans la bourse des clientes
Rares sont les perles Les perles déferlent le dégoût de l\'être Mais elles sont rares Qui les aurait eu Sentirait l\'approche facile Mais elles sont rares Plus rares que mille troupeaux de bêtes Au sortir des boucheries
Les perles sont rares Elles sont rares Et rares sont les personnes qui les trouvent Sur leur sentier Sur la route du quotidien Sur la route de leur devenir Sur la route des marchés Sur la route du gain Sur la route des banques Les perles sont rares Comme diraient en chour Les enfants au clair de lune En chanson Les perles sont rares Rares Rares Rarissimes sont les perles
Les perles à Paris comme à Londres sont rares Les perles sont rares Rares dans les palais des rois Rares dans les palais des potentats Rares dans les portes des attentats Les perles sont rares
biografia:
\'Avec Gabriel Haïpam, le lecteur est porté par le vent marmonnant qui balaie les immensités sahéliennes. Une terre pauvre où nous apprenons la richesse des vases en terre, la quiétude des cases rondes dans le conciliabule serein des messages anciens. Entre la majesté touareg et les pirogues lestes, le désert et le fleuve se marient dans un rêve. Dans les pas du poète, dans sa solitude guerrière, combattant pour la paix, inlassablement, la famine saisonnière côtoie la masse gonflée des hippopotames. Il y a ce doux parfum qui balaie la terre déchirée de l\'Afrique. Cette communion tranquille avec la nature, avec la tourterelle qui picore les grains de mil. Cette mère nature blessée par une industrialisation naissante et anachronique qui \' décongestionne le planteur En lui offrant la valeur dévalorisée du labeur \'. Mais Gabriel Haïpam, c\'est le contraire de la nostalgie et de l\'apitoiement. Il taquine un peu \' ces criquets pèlerins qui lui tendent la perche et lui tendent la main \'. Et dans l\'immensité il y a toujours cette solitude déchirante du poète, de l\'oiseau blessé, d\'un oiseau calciné qui survit peu à peu sous le feu de l\'amour. Car l\'amour n\'est pas là. Il en appelle à Dieu et la mort est bien là, parmi les crocodiles et parmi les étoiles qui tentent de freiner la course du soleil. Fugaces, elles voyagent au pays du désir, dans des développements destructurés, dans un pays à l\'économie loqueteuse, sous un protectorat aux architectures incertaines. Des corps usés et désarticulés, des inepties sociales et sociétales s\'étalement à la face du monde et aux yeux du poète naturaliste. Il y a de la noblesse de Dali ou de Cervantès, chez ce prince africain qui tente par son humanité de purifier le monde.\'
Gabriel Haipam est un étudiant et poète camerounais. Il est né en 1979 à Guiseye-Ardaf, petite localité de l\'extrême nord du pays. Il est actuellement à l\'université de Douala où il suit les cours de français et d\'études francophones. L\'univers des vers est son premier recueil de poèmes ; il est également l\'auteur de Si la parole ne meurt... Elle demeure solitaire.C\'est un véritable écrivain qui retrace avec une verve qu\'on lui reconnait volontier l\'itinéraire de l\'Afrique en panne ou qui se cherche à travers les voûtes de l\'affropessimisme.Il prône une renaissance africaine qui s\'appuie sur ses femmes et hommes en général et sur sa jeunesse en particulier,une écriture qui trouve sa fibre et son délire dans un surréalisme très contemporain.Pour lui \'Chaque plume a son encolure sa chevelure sa raison d\'être...Chaque plume est plume à coté des autres plumes\'.