Raymond
MATABOSCH
Fille du destin
Un rêve étrange et merveilleux, immobile et silencieux, s'épanouit, embaumant l'automne d'une fleur de chrysanthème fleurissant de mille diamants sur un visage angélique lueur du jour perlée de rosée.
Une ombre passe et ne s'arrête. pas un regard, pas un sourire, même le moineau sans parent ne daigne plus jouer.
Tu es Toi! rossignol blotti dans la lanterne de pierre Toi! perdue sur les rives mauves du lointain,
et je ne suis personne.
Nul besoin luxurieux dans le silence immobile, dans l'immobilité silencieuse!
Désormais, Tu marches exhalant ton parfum au soleil du matin, aube naissante sur les cèdres roses, par les sentiers tièdes de la montagne entre des parcelles, creusées de sillons, où ne lèvent, sauvages, que maigres récoltes de céréales.
Et je vais, solitaire, une fleur flêtrissante pleurant toutes ses larmes entre mes doigts noueux, car ma vie est aussi vide que la peau dont elle s'est dépouillée.
Je vais, hâve errant, chagrin de sable, ne sachant d'où je viens, ignorant où aller, à la recherche des ténèbres des trois chemins.
Nous y retrouverons-nous?
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Polichinelles
A Michel Bories, artiste peintre mort accidentellement à Cuba.
Qui êtes-vous hommes? bien ou mal des animaux pensants des mammifères policés ou de titanesques humanoïdes aux têtes vides?
qu'aux Moires filles d'Erèbe gouffre insondable royaume de la mort et de la Nuit sa soeur gémelle déesses du destin Clotho filant le fil Lachésis le mesurant et Atropos le coupant tous sans exception obéissants moutons!
Mais qui êtes-vous vous assoiffés jusqu'à l'ivresse de pouvoir absolu et d'absolutisme? des pleutres? des leurres? des réalités leurrées?
Que des pantins... êtes!
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Les gueux
Clair de lune soleil gangréneux demain à la une paraderont les gueux.
Chemises déchirées pantalons fangeux bottes crottées bienheureux les persécutés ils iront par les sentiers pentus rocailleux par les sentes aux pierres acérées mendiant l'aumône
ils iront ombres faméliques de paradis en enfers sans qu'un samaritain ne leur en détermine les amers.
Seuls ou en cohortes bravant les vents glaciaux ils erreront de la sorte transgressant les contrats sociaux de champs de batailles en charniers putrides fil à fil dénouant la trame brisant misérables canailles leurs oriflammes d'apatrides.
Clair de lune soleil gangréneux demain à la une paraderont les gueux.
Les pieds enchaînes dans des chausses baillant ils avanceront fourbus oeil noir râle du désespoir suant sang et eau en rangs serrés
horde ténue vol de corbeaux poitrine nue fusil bouché gâchette rouillée apprenant à mourir se refusant de fuir face aux assaillants.
Et tous les hommes insondables humains de nulle part reflets de lumière dans les sphères coupoles inviolables pernicieusement abrités derrière des gnomes livides derniers remparts resteront sagement cachés poursuivant perfides leur abominable labeur de têtes réducteurs.
Clair de lune soleil gangréneux demain à la une paraderont les gueux.
Seuls ou en cohortes de ces ruines nul vestige descendant déguenillés les Champs Elysées défileront les gueux chantant la Carmagnole.
Mais... devant eux se fermeront les portes... du Prytanée.
Comme des chiens...! Refoulés par des hardes de cerbères cloportes assoiffés Das Reich vert mystère armés d'espingoles ils s'élèveront alors blancs quadriges sur l'azur auréolé de sang.
De Paris ville lumière toute de roses tapissée bannis chassés sous un orage démentiel ils croupiront abandonnés montreurs d'ombre sous les ponts détruits au bord des rivières putrides des pestilentiels cimetières et des dépotoirs fétides creusant leurs tombes.
Et les femmes apeurées dans les églises égouts cadenassés tissent les bures grises.
biografia:
Raymond MATABOSCH
Il est né le 4 Octobre 1947, dans un petit village des Pyrénées Orientales, de parents d'origine catalane, modestes ouvriers agricoles. Comme eux, il a le respect de la terre, de sa terre catalane, et il le revendique.
S'il n'avait pas été le fils aîné, il aurait certainement eu une vie plus facile. A l'âge de dix sept ans, il a cessé ses études, même s'il était un élève doué pouvant aspirer à de hautes responsabilités, pour participer financièrement aux besoins de sa famille, et il s'était expatrié à Paris. Mais, autodidacte, partant de la base, il a su acquérir, tout au long de sa carrière, les notions essentielles pour s'ouvrir sur des activités touchant à sa terre et à la terre, tout en parcourant le monde. Seul bémol, ne possédant aucun cursus universitaire, il n'est pas reconnu en France.
Epris de littérature, il écrit depuis l'âge de douze ans. Sa façon de rédiger ses textes est toute particulière. Souvent au coin d'une rue, à la terrasse d'un café, en pleine nature..., une image, une situation, sur un bout de papier, il griffonne, à la manière d'un peintre brossant une esquisse, des mots...
male_hibernatus@yahoo.fr
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