Patrocinadores











     






    Raymond 
    MATABOSCH 


    Fille du destin

    Un rêve étrange et merveilleux,
    immobile et silencieux,
    s'épanouit, embaumant l'automne
    d'une fleur de chrysanthème
    fleurissant de mille diamants
    sur un visage angélique
    lueur du jour perlée de rosée.

    Une ombre passe et ne s'arrête.
    pas un regard, pas un sourire,
    même le moineau sans parent
    ne daigne plus jouer.

    Tu es Toi! rossignol blotti
    dans la lanterne de pierre
    Toi! perdue sur les rives mauves
    du lointain,

    et je ne suis personne.

    Nul besoin luxurieux
    dans le silence immobile,
    dans l'immobilité silencieuse!

    Désormais, Tu marches exhalant
    ton parfum au soleil du matin,
    aube naissante sur les cèdres roses,
    par les sentiers tièdes
    de la montagne
    entre des parcelles,
    creusées de sillons,
    où ne lèvent, sauvages,
    que maigres récoltes de céréales.

    Et je vais, solitaire,
    une fleur flêtrissante
    pleurant toutes ses larmes
    entre mes doigts noueux,
    car ma vie est aussi vide
    que la peau
    dont elle s'est dépouillée.

    Je vais, hâve errant,
    chagrin de sable,
    ne sachant d'où je viens,
    ignorant où aller,
    à la recherche des ténèbres
    des trois chemins.

    Nous y retrouverons-nous?

    --------------------------

    Polichinelles

    A Michel Bories,
    artiste peintre mort accidentellement à Cuba.


    Qui êtes-vous hommes?
    bien ou mal
    des animaux pensants
    des mammifères policés
    ou de titanesques humanoïdes
    aux têtes vides?

    qu'aux Moires
    filles d'Erèbe
    gouffre insondable
    royaume de la mort
    et de la Nuit
    sa soeur gémelle
    déesses du destin
    Clotho filant le fil
    Lachésis le mesurant
    et Atropos le coupant
    tous sans exception
    obéissants moutons!

    Mais qui êtes-vous
    vous assoiffés
    jusqu'à l'ivresse
    de pouvoir absolu
    et d'absolutisme?
    des pleutres?
    des leurres?
    des réalités leurrées?

    Que des pantins... êtes!

    ------------------------

    Les gueux

    Clair de lune
    soleil gangréneux
    demain à la une
    paraderont les gueux.

    Chemises déchirées
    pantalons fangeux
    bottes crottées
    bienheureux les persécutés
    ils iront par les sentiers pentus
    rocailleux
    par les sentes aux pierres acérées
    mendiant l'aumône

    ils iront ombres faméliques
    de paradis en enfers
    sans qu'un samaritain
    ne leur en détermine les amers.

    Seuls ou en cohortes
    bravant
    les vents glaciaux
    ils erreront de la sorte
    transgressant les contrats sociaux
    de champs de batailles
    en charniers putrides
    fil à fil
    dénouant la trame
    brisant
    misérables canailles
    leurs oriflammes d'apatrides.

    Clair de lune
    soleil gangréneux
    demain à la une
    paraderont les gueux.

    Les pieds enchaînes
    dans des chausses baillant
    ils avanceront fourbus
    oeil noir
    râle du désespoir
    suant sang et eau
    en rangs serrés

    horde ténue
    vol de corbeaux
    poitrine nue
    fusil bouché
    gâchette rouillée
    apprenant à mourir
    se refusant de fuir
    face aux assaillants.

    Et tous les hommes
    insondables
    humains de nulle part
    reflets de lumière
    dans les sphères
    coupoles inviolables
    pernicieusement abrités
    derrière des gnomes livides
    derniers remparts
    resteront sagement cachés
    poursuivant
    perfides
    leur abominable labeur
    de têtes réducteurs.

    Clair de lune
    soleil gangréneux
    demain à la une
    paraderont les gueux.

    Seuls
    ou en cohortes
    de ces ruines
    nul vestige
    descendant
    déguenillés
    les Champs Elysées
    défileront les gueux
    chantant la Carmagnole.

    Mais...
    devant eux
    se fermeront les portes...
    du Prytanée.

    Comme des chiens...!
    Refoulés
    par des hardes
    de cerbères
    cloportes assoiffés
    Das Reich vert mystère
    armés d'espingoles
    ils s'élèveront alors
    blancs quadriges
    sur l'azur auréolé de sang.

    De Paris
    ville lumière
    toute de roses tapissée
    bannis
    chassés
    sous un orage démentiel
    ils croupiront abandonnés
    montreurs d'ombre
    sous les ponts
    détruits
    au bord des rivières putrides
    des pestilentiels cimetières
    et des dépotoirs fétides
    creusant leurs tombes.

    Et les femmes apeurées
    dans les églises
    égouts cadenassés
    tissent les bures grises.

    biografia:

    Raymond MATABOSCH


    Il est né le 4 Octobre 1947, dans un petit village des Pyrénées Orientales, de parents d'origine catalane, modestes ouvriers agricoles. Comme eux, il a le respect de la terre, de sa terre catalane, et il le revendique.

    S'il n'avait pas été le fils aîné, il aurait certainement eu une vie plus facile. A l'âge de dix sept ans, il a cessé ses études, même s'il était un élève doué pouvant aspirer à de hautes responsabilités, pour participer financièrement aux besoins de sa famille, et il s'était expatrié à Paris. Mais, autodidacte, partant de la base, il a su acquérir, tout au long de sa carrière, les notions essentielles pour s'ouvrir sur des activités touchant à sa terre et à la terre, tout en parcourant le monde. Seul bémol, ne possédant aucun cursus universitaire, il n'est pas reconnu en France.

    Epris de littérature, il écrit depuis l'âge de douze ans. Sa façon de rédiger ses textes est toute particulière. Souvent au coin d'une rue, à la terrasse d'un café, en pleine nature..., une image, une situation, sur un bout de papier, il griffonne, à la manière d'un peintre brossant une esquisse, des mots...

    male_hibernatus@yahoo.fr

    Violeta Boncheva
    Patricia Andrea
    Rodriguez
    Ahmed
    Almarasi
    Elena
    Kohen
    María
    Aparecida da Silva
    Roberto
    Da Silva
    Luciana
    Campos
    Gardenia
    Barraza Farinelli
    Nkai
    Mpiosso-ye-kongo
    Ljubomir Mihajlovski