Un jourJe me suis perdu dans ces ruellesEt tu passais près des couleurs fruitièresVoici les cerisesVoici la pommeJ’ai heurté un passantUn muletier m’a crié gareJ’ai failli tomber sous les sabots sonoresJe t’ai suivieJ’ai penséA qui connut les soleils de Konya,Les neiges d’IspahanEt le chemin de Damas qui mène ailleursJe t’ai suivie buvant à la cascade De ta chevelureMes yeux e ...
Un jourJe me suis perdu dans ces ruelles
Et tu passais près des couleurs fruitières
Voici les cerises
Voici la pomme
J’ai heurté un passant
Un muletier m’a crié gare
J’ai failli tomber sous les sabots sonores
Je t’ai suivie
J’ai pensé
A qui connut les soleils de Konya,
Les neiges d’Ispahan
Et le chemin de Damas qui mène ailleurs
Je t’ai suivie buvant à la cascade
De ta chevelure
Mes yeux escaladaient ton corps
Callipyge
Me suis agrippé à la chute des reins.
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Comme ce chant d’un soir de demi brume
Je savais le leurre de l’amour
Et à l’ombre d’un figuier, arbre-de-l’indiscipline-répulsion-à-l’alignement-arbre-de-l’ingéniosité-qui-pousse-sur-les-murs-la-cime-à-l’envers-qui-voyage-dans-la-fiente.
Je-suis-de-cet-arbre-et-je-n’aime-pas-les-oliviers.
Et à l’ombre d’un figuier qui revient au poème
Tu étais autre
Que toutes les déconvenues de l’amour.
Je leur ai dit
Avez-vous vu ma bien-aimée
Je leur ai dit
Je n’aime pas votre ici
Le sens du bonheur du côté du Nord Est.
Montagne de mon chagrin,
[Si près de mon oreille siffla la première pierre]
Donnez-moi de ce vin que je reprenne force !
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Mettez-moi sur la route d’Isola del Liri
Près des jardins
Où se chantaient le soir canta donna et moi je n’étais rien.
Redonnez-moi de ce vin qui verdit les routes
biografia:
Jalel El Gharbi : universitaire, essayiste, traducteur et poète, il oeuvre pour une utopie qu'il appelle Orcident ou Occirient.
elgharbi.jalel@voila.fr