Mallé BARRY
Né le 28 Octobre 1971 à Saint-Louis du Sénégal, au quartier Santhiaba dans la langue de Barbarie.
Après les études primaires et élémentaires à l’Ecole Samba Ndiémé SOW, ex Ndar Toute Fille, il fréquenta le collège Abbé David BOILAT où il obtint son brevet de fin d’études moyennes (BFEM) puis le Lycée Charles Degaulle. Le BAC acquis, il se fait enrôler dans l’armée en 1996.Il y resta jusqu’à 2016. Sous les drapeaux, il a acquis de nombreux parchemins notamment américains, français et Suisse avec le Centre pour le Dialogue Humanitaire (HD) et se spécialisa en Renseignements et des médailles de l’ONU et de la CEDEAO.
Passionné de la littérature, il a eu à écrire des poèmes, quelques pièces de théâtre. Désormais libre, il se consacre surtout à l’écriture et sa rencontre avec son mentor, père et concitoyen le poète, romancier et épistolier Alioune COULIBALY fut le déclic de son aventure littéraire.
POEME D’HOMMAGE A MON MENTOR ET CHANTRE MONSIEUR ALIOUNE BADARA COULIBALY
JE VEUX ETRE UN DJELI
Je veux être un Djéli
Pas un djéli d’une nuit
Mais un djéli d’une vie
Du noble descendant de Biton COULIBALY
Je veux être un Djéli
Comme le maître balafoniste accompli
Banzoumana Cissoko
Pour glorifier l’enfant de Saint-Louis
Je veux être un djéli
Comme la voix d’or Nahawa Doumbia
Pour chanter le chantre bambara
Sans dépit ni répit
Je veux être parolier,
Parolier inspiré par Ndiaga MBAYE,
Pour psalmodier
La modestie d’une plume de vermeil.
Mais aussi, je veux coécrire
Avec la fille des quatre saisons,
Pour applaudir son mariage littéraire,
Avec l’épistolier des deux saisons.
Je veux, au son sublime du Chant vespéral,
Chaque soir, à mes enfants, lire et relire,
Le Versificateur de Kénédougou,
Chevalier de Sénéfobougou.
Etre la magique cantatrice
Yandé Codou SENE
Pour auréoler l’ami et discipulus
De Senghor à la plume saine
Etre enfin un djéli et danser le guéré
Pour nimber cette plume rimée
Qui fait notre fierté
Et lui dire inithié.
Rédigé à Saint-Louis le 20/01/2020
Seydou ! Seydou !
Mon frère, je n'ai pu t'offrir un homonyme,
Mais je te consacre ce poème posthume.
Car n'ayant plus de larmes,
Il ne me reste que ma plume.
Amoureux incontesté des lettres,
Tu naviguais dans les courants littéraires,
De l'antiquité à nos jours,
Tel le ferait un docteur es lettres.
Tu es venu pur,
Tu es retourné pur.
Ô janvier de malheur !
Que tu m'as plongé dans la douleur !
Mon frère, je t'ai vu partir
Sans pouvoir te retenir.
Sans femme, ni enfant,
Malgré ton cœur bienveillant.
Pourquoi ne m'as-tu pas emporté à sa place
Pour qu'il tienne sa classe ?
Ô mort, tu ne devais jamais atteindre
Ceux qu'on aime et faire geindre !
Bientôt,
Sans mon stylo,
On se reverra
Et je te dirai combien tu me manquas.
Pétri de piété et de générosité,
Talibé khadriya avéré,
Je parie
Que tu es au Paradis !
Écrit le soir du 5 février 2017 par M.Barry
Démons camouflés,
Pensant naître sous une bonne étoile,
Parce que vous portez des étoiles.
Oubliant même l'existence du ciel,
Parce que vous buvez du miel.
Pensant que vous portez des barrettes,
Vous tirez des incendiaires
Pour détruire d'innocentes carrières,
Qui devaient fleurir pour nourrir.
Vous pensant invulnérables,
Dans votre tombe, vous serez vulnérables.
Sans sentinelles, ni piquets d'honneur,
Vos mea culpa ne seront que malheurs
Car les étoiles aussi étincelantes
Que les barrettes sur vos épaulettes,
Ne seront que des étreintes
Dans les entrailles de la terre.
Jetés dans les oubliettes,
Les pouvoirs de la grande muette,
Auront l'effet d'une grenade inerte.
Vous aurez ainsi ouvré à votre perte.
Apprenons à semer
Ce que nous voulons récolter
Afin qu'au soir de notre vie,
Nous puissions nous mouvoir au Paradis !
Écrit le 4 Avril 2016 par M. Barry
Santhiaba
Quartier de ma naissance,
Musée de mon enfance,
Sur Les rives de ton fleuve
J'ai effectué mes premières galipettes
Sur les berges de ta plage,
Belle comme une sirène,
J'ai rencontré cette mignonne,
Symbole de mon premier amour
En ton sein,
Pour le ballon orange,
Ma passion fut née
Avec émotion, j'eus mon premier panier
Sur les ruines du camp,
Forteresse contre des envahisseurs imaginaires,
Je pris ma première faction de Diambar
Et là se scella mon métier d'adulte.
Une barbe toute blanche anonyme,
Poétiquement m'émut
En me gratifiant de " Ô Mes chers disparus",
Et me donna ainsi le goût des poèmes.
Dans ton calme,
Sous les filaos,
Se sont écloses
Mes premières rimes.
Santhiaba ma fontaine de jouvence,
Malgré les ravages sur les rivages,
Du fleuve et de la mer,
Eternellement, tu vivras dans mon cœur.
Écrit le 20 juillet à Kisangani ( Congo RDC) par M. Barry
JE NE SAVAIS PAS
Sur la pointe des pieds, je ne savais pas,
Adorable et adorée élève que tu t’en irais au trépas.
Savais-tu que tu rendrais triste la classe de madame Maria.
Car toujours souriante, tu l’illuminais telle une Margarita.
Ô Décembre de bonheur !
Toi qui as l’honneur d’abriter la fête de la Nativité,
Pourquoi aurais-tu accepté d’être témoin de la mortalité ?
Et devenir Décembre de la douleur !
Je ne savais pas que l’insolente mort,
En pleine année scolaire,
S’en prendrait à une élève de l’école
D’Anne Marie Javouey la bienheureuse,
Je ne savais pas que sous le magistère
De la bienveillante sœur Anne Marie,
Qui marche sur les pas de la Vierge Marie,
Nous partirions au cimetière !
Mais je ne savais pas aussi,
Que par un souci d’ange au Paradis,
Ô mort tu ferais ton choix dans cette école,
Où tous les élèves sont des anges.
A mon tour, je ne te dirai pas adieu.
Mais au revoir Seydatouna Aïchatou Fara Sarr.
Car moi aussi, même si j’ignore l’heure et la date,
J’ai rendez-vous avec la mort.
En attendant, tu resteras à jamais
Gravée dans nos cœurs.
Et je me console de par tes beaux souvenirs
Dont l’ultime est le sourire.
Ecrit la nuit du 24/12/2019 par M. Barry