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Marc Delouze
Nacionalidad:
Francia
E-mail:
parvis@free.fr
Biografia

Marc Delouze

Marc Delouze. Né à Paris. Vit entre Paris (Goutte d’Or) et Fécamp. Poète, prosateur et voyageur « par la force des choses ». Premier recueil en 1971, Souvenirs de la Maison des Mots, (précédé de Par  manière de Testament, d'Aragon). Quelques années plus tard, se refusant à "faire le poète", s'installe dans un silence éditorial d'une vingtaine d'années. En 1982, crée l'association Les Parvis Poétiques. Cofondateur et conseiller littéraire du festival les Voix de la Méditerranée, à Lodève. Anime le Festival permanent de toutes les écritures dans le 18ème arrondissement (Paris). Une douzaine de livres publiés, pour moitié poèmes et récits. Poèmes traduits en une trentaine de langues. Dernières publications : Yeou, Piéton des terres, poème, (La passe du vent, 2007). C’est le monde qui parle, récit, (Verdier, 2007). 14975 jours entre – Poésies en phase terminale et Souvenirs de la Maison des Mots, (La passe du vent, 2012). Le Chant des Terres (La Porte, 2014). L’invention du paysage, poeme, 2015, Chroniques du Purin, récits, l’Amourier, 2016 , Les confitures de la mémoire, nouvelles, l’Amandier, 2016 - contact : parvis@free.fr

 

Valletta fiction

 

A tous les migrants morts de par le monde,

qui sont la mort de la mémoire

et à Erri de Luca, mémoire de la Méditerranée 

 

Tu crois que c’est la mer

Tu crois que c’est de l’eau

Mais ne sont que des mots

Qui enflent comme vagues de sable

Dans le dur désert du désir

 

Tu crois que c’est une ile

Tu crois que c’est un port

Tu crois ce que tu regardes

Mais tu ne vois que ton regard

Et n’entends que l’écho de ta propre voix

 

Tu crois que c’est la pierre

Tu crois que c’est la ville

Mais ce n’est qu’un décor

Pour un théâtre de souvenirs

 

Alors tu as plongé crois-tu dans le poème de la mer

Mais c’est l’Enfer qui t’a reçu

Et tu as bu à la source de la honte

Dans le silence abyssal d’Homère

Où l’Europe a coulé comme un os sans sépulture

 

Tu crois que c’est la mer

Tu crois que c’est de l’eau

Mais ce ne sont que des cris engloutis

Sous la houle de terreur

Qui désespère d’un quelconque rivage

 

Malte, septembre 2014


Marc Delouze

 

Biographie

 

Il est né au milieu des charniers

L’oreille cernée par tous les cris du monde

 

Il s’accroche à la nuit

Aux cheveux de la nuit

Dans sa bouche il mâche

Le fruit pourri d’une langue oubliée

 

Il a vécu hors de saison

Une vie buissonnière

 

il regarde ses pas

Ce sont ceux de son ombre

Qu’il ne dépassera jamais

Ni ne dérangera l’ordre des choses

 

Il n’ira pas plus loin

C’est une certitude

 

Son ombre désormais

N’est plus que la main coupée d’une caresse

Qui erre sur la terre


Marc Delouze

or amer

 

or amer corps à la mer

corps à terre corps atterré

il y a foule en l'arène torturée du monde

l’humanité n'y retrouve pas ses petits

 

ô algues revenez

dans le grand déchirement du temps

bercer les anciennes espérances

 

piquetée de bleuets la mousse de nos corps

tapisse les altitudes

là où jaillissent les sources

 

ô algues revenez

dans le grand balancement du temps

bercer les anciennes espérances

 

et nous partons légers sur la houle du temps immobile

en laissant derrière nous les mythiques galions chargés d’or

sombrés au plus profond

au plus enfoui des profondeurs illusoires

 

ô algues revenez

dans le grand effacement du temps

bercer les anciennes espérances

 

irons-nous à la mer

parviendrons-nous à l'embouchure

de la détresse

 

ô algues revenez

dans le grand abandon du temps

renouveler les anciennes espérances

 

 

Marc Delouze

 

L’homme qui fermait les yeux sans baisser les paupières

 

L’homme qui fermait les yeux sans baisser les paupières

les yeux béants comme le ventre de l’histoire

après le passage des hommes-charrue

comme l’huître après le couteau

 

l’homme qui fermait les yeux rideaux de fer

rouillés coincés comme autrefois

Santiago Belfast Berlin Budapest

comme toujours Pékin Rangoon Damas ou Manama

 

l’homme qui fermait les yeux - qu’on croyait endormi

bras en croix paumes ouvertes comme une bouche

se réveillera-t-il avant la lune en feu

et le jour explosé fruit pourri jeté contre le mur

avant le sang du rêve éclaboussant la terre

 

l’homme qui fermait les yeux ouvre soudain la bouche

la parole qui s’en échappe est un gros scarabée

qui tremble balbutie bafouille

car ne parlait jusqu’à ce jour qu’avec ses rêves

 

 

Marc Delouze was born in Paris. He is a poet and traveller "by the force of things". A first poetry collection was published in 1971 : “Memories of the House of Words” (prefaced by Aragon).

After his initial success, Marc, refusing "to play the poet", did not publish for twenty years during which time, he created, in 1982, “The Poetry Forum”, which organises events, festivals, acoustic exhibitions, readings, etc. and worked and researched new methods of poetic expressions connected with modern city life: street performances, poetry with music, etc.

In 2000 he created a new festival in Paris (Montmartre) inviting poets, actors, musicians, dancers, singers, choirs, painters, video… He is also co-founder and literary advisor to the poetry festival - Voices of the Mediterranean – which takes place in Lodève (south of France). Published 25 books… Latest collections : C’est le monde qui parle (The world who speaks), récit, 14975 jours entre… (14975 days between…) poems, 2012,  Le Chant des Terres (The Song of Lands), poem, 2014. Chroniques du Purin (Chronicle of the Manure), stories, Les confitures de la mémoire, (Jams of the memory), stories, L’invention du paysage (The invention of the landscape), poem…

 


 

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