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Athanase Vantchev de Thracy
Nacionalidad:
Francia
E-mail:
avthracy@hotmail.com
Pertenece a la Directiva
Biografia

 

L’ESTHÉTIQUE DE LA LIBERTÉ
À Fatos Arapi
« Il n’est d’autres demeures que dans l’angle
De cette aube qui s’ouvre, hors de la mort. »
            Piero Bigongiari
Quelle virtuose flambée de mots
Dans l’air paisible de Vlora
Posée sur les eaux candides
De l’Adriatique, la mer
Au visage loyal d’une aube cristalline !
Et cette aquatique cohésion de la Beauté
Qu’aucune démission, aucune vicissitude
N’ont jamais pu dévier !
La musique envoûtante de tes vers,
Lampe allumée dans la grande nuit
De la véhémente solitude du cœur !
Et ton âme tissée de clarté,
Royaume de promesses de floraison,
De clémence enchanteresse et
De générosité pharaonique !
Toi, chantre illyrien
Qui a su de l’épouvante
Créer le bonheur de la foi
Et orner le nom de ta patrie
D’absolu et d’infini !
Ta parole toute d’ardeur,
Continent de lumière
Opposé à l’ondoyante obscurité du temps !...
Aujourd’hui tu chantes
À travers mes dits d’amour !
Ami des vagues,
Ne permets pas qu’un dieu innocent
Verse des larmes sur nos blessures !
            Athanase Vantchev de Thracy
Le 5 octobre 2013
Glose :
Fatos Arapi (né en 1929) : une des grandes figures de la littérature albanaise. Il termine ses études primaires et secondaires dans sa ville natale de Vlora. Fatos Arapi continue sa formation à la Faculté de mathématiques et économie de Sofia, en Bulgarie. Il a travaillé des nombreuses années comme journaliste et chargé de cours à la Faculté d\'Histoire et de Philologie de Tirana.

Poems by Athanase Vantchev de Thracy(阿沙納斯.凡切夫.德.薩拉西)

Translated by Lee Kuei-shien, Taiwan   

李魁賢  譯

 

自由的美學

L\'esthétique de la liberté

給法妥斯.阿拉琵

 

此外無其他住所

觀賞破曉,除了死亡

 

畢貢加里、彼埃羅

 

 

你的話語閃亮著技巧

在孚洛拉寧靜的空氣中,

那城市設在亞德里亞海

開闊的水面上

容貌高貴得像晶瑩的清晨!

 

海岸整體一致的美

無論人為或是偶然意外

都不會減少分毫嫵媚!

 

你譜出的迷人音樂

像大夜的床頭燈

伴著內心深濃的孤寂!

 

你的靈性以光明交織

是承諾繁花盛開的王國,

嬴得慈悲移情同感

以及法老的慷慨寬懷!

 

你是伊利里亞的吟遊詩人

刻畫出忠實的幸福

擺脫恐怖的威脅

且以絕對無限的字眼

讚美你故鄉的名號!

 

你的怍品,都在讚美,

是光明的五洲大陸

對抗我們時代無常黑暗!

 

如今你透過評論歌唱

正是我所愛的教諭!

 

波動的朋友呀

別讓慈善神明的淚水

滴落在我們的傷口!

 

   註:給法妥斯.阿拉琵(Fatos Arapi,  b. 1930)是阿爾巴尼亞文學泰斗,在孚洛

拉(Vlora)受完中學教育後,到索菲亞(Sofia)進修數學和經濟學。擔任

記者多年, 然後在地拉那(Tirana)教歷史和哲學,出版詩集十餘部。

畢貢加里、彼埃羅(Bigongiari Piero , 1914-1997)是義大利20世紀著名詩

人。

 

 

詠伊麗莎白.布朗寧

Elizabeth Barrett Browning

 

炫目的愛情,心靈的意外救主

凸顯帝國統制下的死亡,

前方溫柔的路途,淨心若僧尼

把薔薇的心聯結夏日的自然。

 

慌亂的手親筆書寫的詩歌,

大膽敘說光明擁抱的天堂

語氣比聖人禱告更純潔

令天使的音樂在夜裡失聲!

 

馬爾薩斯排闥高興蒞臨,

雙唇因羞怯擦傷而變蒼白

悲愁的寒冬讓恐懼結晶

 

在苦悶的胸懷被暈眩掃空!

她被感情升華的熱火俘虜

變成害怕、高山、天空、深淵!

 

註:伊麗莎白.布朗寧(1806~1861)是英國女詩人,與詩人愛德華(Robert Browning)

        絕璧雙輝。詩集以《葡萄牙十四行詩》最著名,里爾克曾譯成德文。

 

 

 

LUNDI

A Luis Arias Manzo*

« Sur la table on avait posé
une tête en argile
aux murs on avait mis
des fleurs… »


Miltos Sakhtoûris,

La scène

Eloge à Mog Ruith,
Le Serviteur à la Roue,
Le vainqueur de Comac Mac Airt,
Le mélode magicien,
Le druide du soleil intérieur,
Le maître sublime de la harpe !

Gloire à Dagda, son suprême protecteur,
Le dieu des éclairs,
Le seigneur des mers
Et de tout l’univers obscur de l’au-delà,
Le souverain possesseur,
Le roi bienveillant
A l’hospitalité digne d’un Alcinoos !

Ô Musicien de l’âme qui sait,
Unité amoureuse de la Beauté,
En mon sein étincelle une vive lumière,
Sur ma main d’humble aède gaulois
Sont peints les yeux du ciel immortel !

Mais, ô mon guide de clarté,
Je sacrifie aussi aux déesses grecques,
A Espérance et à la grande Némésis,
Au pied de leurs statues
Qui se dressent côte à côte
Dans le temple ionique de mon cœur,
Je prie, noyé de larmes voluptueuses,
Saisi de ferveur extatique,
Chaque jour !

Chaque jour
Je me prosterne devant les déesses,
Pour que le chantre modeste que je suis,
N’espère plus qu’il ne lui soit permis !

Voici pourquoi,
Ô mes Amis qui vous riez
De mes sacrifices,
Tous les soirs,
Le toit de ma modeste demeure
Tremble et s’illumine
Et doucement s’élance vers
La rose, vers la chantante clarté
Des astres aux maisons innombrables !

Paris, le 23 juin 2008
Glose :
Luis Arias Manzo : un des plus grands poètes et écrivains contemporains chiliens, fondateur et secrétaire général du Movimiento Poetas del Mundo, organisation qui regroupe plus de 8.000 poètes du monde entier.

Miltos Sakhtoûris [né en 1919] : poète grec. « Son œuvre, – écrit Michel Volkovich, l’excellent traducteur des poètes helléniques – l’une des plus admirée de ses cadets, est un cauchemar où la noirceur, la rudesse, le dépouillement des images finit par agir, étrangement, comme un exorcisme ».

Mog Ruith : dans la mythologie celtique irlandaise, Mog Ruith est un druide mythique. Il est surnommé le « Serviteur à la Roue » car, en tant que représentation du dieu Dagda, son attribut est la roue cosmique. Cette roue rend sourd quiconque l\'entend, entraîne la cécité de celui qui la voit et tue ceux sur qui elle s\'abat. Il a une fille, elle même « druidesse », Tlachtga.

Mog Ruith apparaît principalement dans un texte intitulé Forbuis Droma Damhghaire [Le Siège de Druim Damhghaire]. Ce texte raconte une expédition guerrière du Ard ri Erenn [Roi suprême d\'Irlande] Comac Mac Airt contre la province de Munster qui ne paie pas le « Boroma ». Il s\'agit d’un tribut en bétail que les rois de provinces doivent au Ard-ri. Les gens de Munster font appel au druide Mog Ruith, dont la puissante magie leur apporte la victoire. C\'est l\'un des druides les plus puissants de la mythologie, c\'est aussi un guerrier qui a la particularité d\'être « aveugle » ; la cécité est une qualité pour certains druides puisqu\'elle leur confère le don de voyance. Sa résidence se nomme « Darbre » [ou « Dairbre »], ce qui signifie forêt de chênes.

Les premiers chrétiens irlandais en firent l\'instigateur de l\'exécution de saint Jean-Baptiste, afin de détruire sa réputation, preuve que le mythe était important.

Alcinoos : dans la mythologie grecque, Alcinoos [Ἀλκίνοος / Alkínoos] est le fils de Nausithoos et le roi des mythiques Phéaciens. Il accueille les Argonautes qui fuient de Colchide. À leur arrivée, il ordonne que si Médée est encore vierge, elle doit retourner vers son père. Jason et Médée consommeront rapidement leur mariage. Il accueille aussi Ulysse naufragé qui lui contera ses aventures et, malgré les menaces de Poséidon, Alcinoos l\'aidera à repartir. Poséidon transformera le nouveau navire d\'Ulysse en roc et bouchera ainsi le port des Phéaciens d\'une montagne.

Némésis : dans la mythologie grecque, Némésis [Νέμεσις / Némesis] est la déesse de la Vengeance. Le nom de Némésis dérive du terme grec νείμειν, signifiant « le don de ce qui est dû ». La mythologie romaine en reprend un aspect sous la forme de Invidia, soit « l\'indignation devant un avantage injuste »

Le substantif « némésis » est employé en français par antonomase pour désigner la colère ou la vengeance divine. En anglais, il désigne un châtiment mérité et inéluctable, voire un fléau ou une malédiction. Il peut également s\'appliquer à une personne : un punisseur de torts ou un vengeur, ou bien un ennemi, un rival personnel. Antonomase [n.f.] : en rhétorique, une antonomase est la figure de style.


NON, LE POETE NE PEUT PAS MOURIR


[In memoriam]

A Jaime Choque Mata


« En todo hay una palabra
que duele mucho:
!ADIOS! »


[ « Dans tout mot qui fait très mal
il y a un :
ADIEU! »]


Terezinka Pereira

I.

Colombe, douce colombe,
Pose tendrement tes pattes roses et fragiles
Sur l’herbe délicate qui pousse
Sur la terre légère de cette tombe !

C’est là, colombe élégante, c’est là
Que dort à présent, le Poète
Jaime Choque Mata,
La voix la plus pure,
La voix la plus cristalline de Bolivie !

Une brise passe,
Un pétale de pêcher se détache
Avec la grâce d’un papillon.

II.

Viens ce jour de mai, âme de clarté,
Poète, doux cœur d’un peuple
Que tu as aimé jusqu’aux profondeurs
De la plus mortifère des douleurs !

Viens, âme sonore, avec moi
Et nous visiterons
Les sept îles de l’Amour !

Le feu de ton cœur tombera sur les livres
Et les brûlera d’affection !

Une branche parle à une autre branche,
Une étoile fait signe
A une autre étoile,
Deux hirondelles côte à côte
Dans la chaleur de leur nid.

III.

Non, le temps ne peut éroder ta bonté
Ni la neige ensevelir tes paroles !
Ton silence sur ma joue, âme,
Est une suave huile d’amande !

Ô, Amour, toi qui sais
Ce qui est caché en chacun,
Toi, soleil au cœur du jour aérien,
Dis à Jaime, à mon frère en tendresse,
Ma dévotion exaltée.
Toi, le plus digne des hommes,
Toi, l’Ami véridique des cœurs tristes !

Ô pauvre mésange blessée,
Si tu savais parler
Qui aurais-tu appelé à ton secours ?

IV.

Viens, joins à ma lèvre le souffle ensoleillé
De ta bouche !

Comme le cœur de la rose apparaît
Dans le parfum,
Ainsi ton cœur s’est déversé dans tes poèmes !

Ah ! Comme le mot Amour
Devient clair dans ton sourire !
Comme il résiste au glaive du temps
Qui tranche notre vie !

Devant sa maison misérable,
Une vieille femme dort,
Un petit chaton appuyé contre
Sa joue ridée.

V.

Ô voix andine, voix transparente
Qui parle nûment au ciel lumineux
De Bolivie !

Il y a dans tes mains cent rectitudes !
L’œuvre du juste
N’est-elle pas pur émerveillement ?
Toi qui as brûlé comme une phalène
Qui veut embraser le feu sacré de ta patrie !

Dans la douce clarté de la maison,
Une très vieille chaise bancale
Du temps de ton grand-père,
Tu soupires ! Ton cœur s’effondre.

VI.

Parle-moi, Jaime, rafraîchis
Le jardin de mon âme
Comme la pluie rafraîchit
Les herbes des prairies !

Entre ta parole et la mienne
Il y a le fleuve de l’éternel printemps !
Laisse ce jour l’ombre du faucon
Courir sur cette terre qui
Devint diamant dans ta pensée !

Fleur d’acacia précoce
Dans le bleu velours du ciel
Bolivien !
Fleur soyeuse d’acacia !

VII.

Fulgurance des mots, brillance du poème !
Mots puissants, altiers, frondeurs, bagarreurs !
La splendeur de la foi,
Les sortilèges de la passion !

Le mausolée lumineux de tes yeux
Visionnaires des profondeurs !
Toi, Jaime des Andes,
Toi qui as fait parler
Les profondeurs de l’histoire
Avec l’exaltation d’un prophète
Dans des vers hallucinatoires,
Electriques, syncopés.

Une fleur appuie sa joue
Contre une autre fleur,
Douce affection !
Le mois de mai !

VIII.

Ô inquiétude calme des nuits de La Paz,
Le temps qui dort dans ta belle langue espagnole
Est beau comme les narcisses sauvages
De Bolivie !

Silence dans la vieille maison,
Rideaux oubliés fermés aux fenêtres,
Il est temps d’admirer la solitude !

IX.

A présent, tu appartiens, frère,
A ta demeure éternelle
Et à ton nom !

Comme Abraham,
Trouve dans le sang de ta terre
Des cyprès et des jasmins,
Des murmures d’enfants
Et le chant d’une jeune fille !

Ô mon Dieu, toi qui nourris
De ton souffle l’eau des rivières
Et le sang dans mes veines,
Nourris à présent de violettes la mémoire
Du Poète !
Couvre son âme de blasons, d’hiéroglyphes,
De poèmes à déchiffrer,
De mots et de caractères à découvrir !

La blancheur des draps frais,
La lune dans leurs plis,
L’odeur des êtres que j’aime !

X.

Tu le sais, frère,
Le voyage intérieur
Court et au-delà des cieux !
Cet effacement divin,
Cette ivresse inconnue,
Cet anéantissement
Dans le cœur de ton peuple !

Ô douleur, fais-moi vivre ce jour
D’endormissement de l’ami
Dans toute l’épaisseur du regard
Qui me sépare de son visage !
Un goutte de pluie sur le toit,
Une autre goutte,
Sans cesse je pense à toi !

XI.

Et cette oscillation
Entre le regard et le geste !

Toi, maître sublime
De l’algèbre essentielle
De ta langue !
Toi qui as saisi toutes les nervures,
Tous les replis secrets
De ta pensée !

Dans les fentes intimes
Du temps,
Un souffle irrésistible
De renouveau !

XII.

Ô peuple aimant de Bolivie,
Remplis-toi à présent
De l’absence du poète
Qui a fait de son cœur ta barque de salut !

Ô colombe, chante,
Fais se profiler parmi les herbes,
Plus claire,
Plus rayonnante
La beauté
De son âme !

Chante celui
Qui a fait de son être
Une cime de vertige
Où librement vacillent
Les frontières de l’âme !

Il a traversé les saisons
Toutes les saisons de l’amour,
Le poète de lumière !

Je crois à l’éternité
Au vent immortel
Qui caresse les tiges
Des jeunes blés !

Ô quand vient l’été,
Quand vient l’été
Tout devient bleu.

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, Pâques, le 23 mars, Anno Domini MMVIII

Glose :


Terezinka Pereira : poète brésilienne, professeur de littérature portugaise à l’Université de Colorado [USA].

Jaime Choque Mata [1927-2008] : poète, professeur et journaliste bolivien. Il est l\'auteur de : Anthologie du Rêve, Orage [Prix National de Poésie 1963], Recueil de poésies lyriques de Condors, Soupir de Pierre, Source de Feu et d’une anthologie poétique: La foi par la vie. Poète associé par l\'UNESCO au programme Culture de Paix, il a été distingué deux fois par le Prix Alfonsina Storni de la Fondation Givré de Buenos Aires [Argentine 1965-1966], deux fois par le Prix de la Revue Sílarus de Battipaglia [Italie 1975-1976]. Jaime Choque Mata a obtenu quatre distinctions honorifiques en Espagne : trois à Barcelone et une au Léon [1966-1974]. Il a été décoré de l\'Ordre National le Condor des Andes en 2007.


PLEURS SOUS LES POMMIERS EN FLEURS

[In Memoriam]

A Jorge Debravo


« Llegas a mí con cada estrella.
En cada luna vienes a mis brazos. »

[« Tu viens à moi avec chaque étoile.
Dans chaque lune tu viens dans mes bras. »]


Cristiano Alberto Gómez

Les mésanges
Emplissent l’air du matin
De leurs cristallins piaillements.

Jorge, mon Ami,
De nouveau fleurissent les pommiers !
De nouveaux les rivages du ciel
Attendent les vertes modulations
De ta voix et les poèmes vivants des forêts.

Ô douloureuse palette du printemps,
Tristes pinceaux des nuages !

Je relis tes chants, frère aimé,
Des pleurs courent sur mes joues
Et tombent sur tes mots.
Aussitôt qu’elles les touchent
Ils se changent en papillons !

Un frôlement de soie blesse mes lèvres,
Les ailes du temps sur mon front !
Toi mort ?
Non, je ne peux le croire, mon Ami,
Tu vis, tu vibres, tu ris encore et toujours
Partout où les pupilles des jeunes amoureux
Boivent l’eau vive
De tes vers !

Ô subtile sensualité
Des bergeronnettes,
L’air autour,
Plein d’attention aux choses infimes !

Toi, Jorge, mon frère,
Etoile du matin que mon cœur
Berce avec suavité
Sur les blés en herbe !

Les gorges des peupliers palpitent
Et tu es, Ami, la pierre de touche
Par laquelle on distingue
L’or falsifié du vrai or !

Dors, dors en paix, Jorge
Des pommiers en fleurs,
Repose, mon frère en poésie
Au milieu des hautes artémises !

Que les jeunes filles de San José
Viennent le soir
Couvrir ta tombe
De leurs légers voiles de chants.

Et sache, frère, que tu as inscrit ton nom
Avec des pétales de roses
Sur tous les cœurs de ton pays !

Athanase Vantchev de Thracy

Glose :

Jorge Debravo
[1938-1967] : poète costaricain. Fils de paysans pauvres, il a connu la souffrance des simples gens. Sa poésie gagne immédiatement la sympathie du lecteur par sa grande sensibilité et son lyrisme profond.
Artémise - Artemisia Annua ou Armoise – Artemisia vulgaris [n.f.] : plante herbacée vivace de la famille des Astéracées [Composées], commune dans les régions tempérées, parfois cultivée comme plante ornementale, connue depuis l\'antiquité. Les Gaulois la nommaient « ponema ». Son nom vient du nom de la déesse Artémis, protectrice des femmes malades. Dans la mythologie grecque, Artémis [en grec ancien Ἄρτεμις / Ártemis] est la déesse de la chasse et une des déesses associées à la Lune [par rapport à Apollon, qui est le dieu du Soleil]. Elle est assimilée dans la mythologie romaine à la déesse Diane.
Elle est la fille de Zeus et de Léto et la sœur jumelle d\'Apollon [ou simplement sa sœur, selon l\'hymne homérique qui lui est consacré], avec lequel elle partage beaucoup de traits communs.
Cette plante a été utilisée pendant des siècles par la médecine chinoise traditionnelle contre la fièvre et le paludisme. Autres noms communs : armoise citronnelle, artémise, herbe royale, remise.
Cristino Alberto Gómez [né en 1987] : jeune poète de la République Dominicaine.


Voluptés inassouvies

« Et maintenant voici la nuit sans fin. »
Nikos-Alèxis Aslànoglou [1931-1996], La séparation

C’était, si ma mémoire est bonne, ô mon tendre enfant,
A Horefto, la petite plage captivante au pied du mont Pélion.
Ah ! Comme il pleuvait ce jour poignant du mois de novembre !
Comme la nature était morne à mourir,
Comme tout était lourd de nostalgie saturnienne !

Il n’y avait âme derrière les volets fermés,
Pas un seul café d’ouvert !
Revenir en arrière ? Mais ce n’était pas une solution !
Et l’on chercha désespérément, obstinément, humblement,
Avec un acharnement cyclopéen,
Fâchés contre nous-mêmes, brisés par le chagrin,
Une porte enfin ouverte !

Soudain des voix joyeuses arrivèrent jusqu’à nos mains,
Soudain des paroles mystérieuses
S’abattirent sur nos cils endoloris !

Nous nous précipitâmes, nous ouvrîmes la porte illuminée,
Nous entrâmes !

Et ce fut l’ineffable miracle !
Vous étiez là, devant nous, mon bel enfant,
Archange souriant, effigie éblouissante d’un dieu grec
Devenu lumière !

Et nous bûmes, assis côte à côte, riant en éclats,
Des vins inconnus fermes, suaves et frais
A la robe de grenat plein,
A la teinte d’or de mandarine, aux reflets vert d’eau des marées,
A la clarté d’or moyen ambré.
Des vins, mon ange inconnu,
Qui sentaient bon la menthe sauvage et le citron,
La cerise des bois et la pomme coupée,
L’abricot et l’absinthe végétale,
Et tous les fruits innombrables des forêts virginales !

On parlait un italien pauvre,
On disait mille petits riens ensorcelants,
Recelant d’insondables secrets.
Et un antique abandon
Se répandait dans mon sang, comme un lourd fleuve d’automne
Répand ses eaux fatiguées dans la plaine vespérale.

Et votre voix de velours voluptueux
S’arrêtait là, droit dans les paumes de mes mains,
Où restaient encore des traces de caresses et d’enfance !

Et ce regard plus doux, plus lisse au toucher
Que le vaste ciel thessalien
Ou l’air poudreux du Péloponnèse,
Plus riche que le luxe des ondes égéennes
Dans leur opulente oisiveté !

Vous vous courbiez vers moi
Comme le pêcher fleuri courbe au printemps
Ses rameaux odorants.
Et votre souffle de gerbes de blés
Caressait ma joue comme les calices du jeune coudrier
Frôlent de leur humble arôme
Les lèvres entrouvertes de l’éther !

Il pleut ce soir à Paris !
Seul, dans un autre café, mon bel enfant,
Terne à perdre tout espoir,
Je pense à vous, à vous, mon ange évanoui !

Je ferme les yeux et ouvre l’ouïe attentive !
Et de nouveau la source sonore de votre voix soyeuse,
Pareille au nectar vermeil d’un champ central de pavots,
Remplit les iris assoiffés de mes yeux de ses sortilèges!

De nouveaux des parfums lointains de basilic et de myrte,
De lupin frêle et d’aneth sauvage,
Orgueil des bocages de l’Hellade,
Déferlent contre l’incendie de mes tempes

Et entourent mon nom nu de poète
D’antiques voluptés inassouvies !

Athanase
Paris, le 2 décembre 2003 – 16h35


Glose :
Nikos-Alèxis Aslànoglou [1931-1996] : un des plus poignants poètes grecs, né à Thessalonique. Il a écrit peu de poèmes, mais d’une grande profondeur. Ces vers cachent difficilement ses grandes obsessions : la mort et les amours interdites. Sa belle voix voluptueuse résonne avec toute sa force et toute son ampleur dans « le très élégiaque et très mystérieux dernier recueil », Odes au prince [1981]. Aslànoglou fut très liés avec le grand poète francophone Théo Crassas et son frère Anastase.

Unsatisfied Desires

« And now, the endless night. »
Nikos-Alèxis Aslànoglou [1931-1996], The separation

It was, if my memory serves me well, O my tender child,
at Horefto, the captivating little beach at the foot of Mount Pelion.
Ah! How it rained that poignant November day!
How nature seemed gloomy enough to be in mourning,
how everything was weighed down with saturnine nostalgia!

There wasn\'t a soul behind the closed blinds,
not a single cafe open!
Go back? But that was no answer.
And we searched desperately, stubbornly, humbly,
with a Cyclopean determination,
angry with ourselves, broken-hearted with grief,
for a door that would finally open!

Suddenly joyful voices reached our waiting hands,
suddenly mysterious words
beat down upon our aching eyelashes!
We hurried over, opened the door where the light was, entered!

And this was the unutterable miracle!
You were there before us, my beautiful child,
smiling archangel, dazzling effigy of a Greek god
turned into light!

And we drank, side by side, laughing aloud,
unknown wines, full-bodied, sweet and cool,
rich with ruby,
tinted with the gold of satsumas, with green reflections of tidal waters,
with the brightness of amber-gold.
Wines, my unknown angel,
with the fine aroma of mint and lemons,
of wood cherries and cut apples,
of natural apricots and absinthe,
and all the innumerable fruits of the virgin forest!

Our Italian was poor,
we said a thousand bewitching little nothings,
concealing unfathomable secrets.
And an ancient abandon
spread through my blood, like a heavy autumn river
spreads its tired waters over the evening plain.

And your voluptuous velvet voice
stopped there, right in the palms of my hands,
where there still lingered traces of caresses, of childhood!

And that look, sweeter, smoother to the touch
than the vast Thessalian sky
or the powdery air of the Peloponnese,
richer than the luxury of the Aegean waves
in their opulent idleness!

You were bending towards me
like the peach tree in blossom bends its
scented branches towards spring.
And your breath of sheaves of corn
was caressing my cheek like the calyxes of a young hazel tree
brush with their humble scent
the parted lips of the ether!

It\'s raining in Paris!
Alone, in another cafe, my beautiful child,
dull enough to lose all hope,
I think of you, of you, my swooning angel!

I close my eyes and open my attentive ears!
And again the echoing spring of your silky voice,
like the rosy nectar of a field of poppies,
fills the thirsty irises of my eyes with its spells!
Once again distant perfumes of basil and myrtle,
of frail lupin and wild dill,
pride of the farmlands of Hellas,
break against the fires of my temples
and surround my naked poet\'s name
with ancient unsatisfied desires!

Athanase Vantchev de Thracy
Paris, December 2nd, 2003 – 16h35
Translated by Norton Hodges


Instant

Ces abeilles mélodieuses,
Poussière pure, graines d’or,
Semis transparent
Dans la tremblante ténuité du matin.

Soudainement, un chagrin bleu
Se saisit du cœur nu,
Un vide courtois où,
Aussitôt,
Comme un éclair,
Se précipite
La présence divine.

----
The melody of the bees,
pure dust, golden seeds,
transparent young tendril
in the shivering subtlety of morning.

Suddenly blue grief
seizes the stripped heart,
a welcoming void,
where instantly,
like a lightning flash,
the Divine Presence rushes in.

Athanase Vantchev de Thracy.
Translation by Norton Hodges


La mort du prophète

« Celui qui désire la vie future, qui fait des efforts pour l’obtenir, qui en outre est croyant, les efforts de celui-là seront agréables à Dieu »

Coran, sourate XVII, Le Voyage nocturne, verset 20

« Louange à Dieu souverain de l’univers,
Le Clément, le Miséricordieux,
Souverain au jour de la rétribution.
C’est Toi que nous adorons, c’est Toi dont nous
implorons le secours.
Dirige-nous dans le sentier droit
Dans le sentier de ceux que Tu a comblé de Tes bienfaits,
De ceux qui n’ont point encouru Ta colère
et qui ne s’égarent point.
Amen. »


Coran, sourate I, Au Nom de Dieu Clément et Miséricordieux

Viens sur mon cœur, Ange de la claire Lumière,
En ce Jour de cinglante affliction,
En cette Année de sourds gémissements,
En cette Heure ultime de sanglots,
Messager brillant du Beau Savoir,
Toi, céleste archi-stratège des hiérarchies du Ciel,
Guide et protecteur des immaculés,
Toi qui dictas de ta voix pareille au chant de mille fleuves,
Toi qui incisas sur les lèvres pleines d’excellence du Prophète
Les Paroles immortelles du Livre sacré !

Viens, Ange, entre le coucher des Pléiades et le lever du Soleil,
Touche de ton regard éclatant ma bouche excessive !
Rappelle-toi le serviteur de Dieu, al-Khidr,
Et la Divine Nuit, la Nuit du Destin, laylat al-qadr,
Pendant le lumineux mois du Ramadan !

La Nuit où la branche mélodieuse
Sur la branche mélodieuse, sa sœur, s’endort et se pâme,
La Nuit où l’air léger cesse de chanter,
Les lentes rivières s’arrêtent de couler,

Et le vent s’abandonne aux sereins baisers du silence !
La Nuit où, ô mon âme, on peut entendre frémir les hauts palmiers
Et grandir les herbes ténues sous l’haleine prodigieuse de la Lune !
La Nuit qui créa de brises insouciantes et de sables brûlant
L’agile, le rapide Bédouin,
Et d’une flèche véloce, d’un javelot chantant
Le cheval indomptable, le coursier indocile et rebelle comme l’éclair !

La Nuit qui a vu le Ciel, aussitôt devenu Verbe,
Déverser dans l’oreille de l’Elu, tel un luisant filet de miel,
Le mystère des mystères !

Ô Ange des songe harmonieux,
Change ma foi, droite comme le tranchant de l’épée,
En harpe vibrante et sonore, en cithare de clarté,
En beauté inscrite dans chaque graine,
En lac radieux, pur paysage de l’âme, de l’esprit et du temps,
En source translucide, en mots sans souillure,
En phrases sans hiatus ni perfide flétrissure !

Que résonnent ses cordes attentives !
Qu’elles disent aux âmes affligées,
Aux cœurs lacérés par la douleur
En ce jour de lamentation et de deuil,
Comment s’en est allé,
Dans la paix infinie de la bonne chaleur de ce mois de juin,
Le Divin Messager, l’Ami des hommes, le Fidèle, Al-Âmin,
Le doux cavalier de la Justice !

Dis les tressaillements délirants de la Terre,
Les frénésies irrésistibles des larmes,
Les ivresses funéraires des sanglots,
Les vertiges berceurs de la tristesse !

Dis, dis Ange des anges, comme il se leva, équanime et paisible,
De parmi ses terribles souffrances,
Comment, la tête bandée de la fine écharpe blanche,
Il alla, suffoquant de douleur, trébuchant,
Saluer les tombes sacrées des martyrs
Tombés à Ohod, corps bénis, couchés à présent, pour l’éternité,
Au cimetière accueillant de Baqi !

Comment, prosterné sur la terre aimante, la terre fidèle,
Il pleura de ses larmes justes et exactes,
Ses amis délectables, ses hommes vaillants,

Mouillant de la tendresse liquide de ses yeux magnifiques,
Ses yeux oints de kohol et de collyre à l’antimoine,
Leur repos irrépréhensible et doux !

Dis, ô Ange de l’Aurore, comment il demanda aux vivants
Sept seaux d’eau vive de sept puits différents
Pour rafraîchir, une dernière fois,
Son corps chancelant, son corps fragile
Comme une tige de narcisse du désert,
Comme un branche de grenadier !

Comment il alla, à pas mal assurés, à la mosquée de Médine,
Parmi ses frères et dévoués auxiliaires, les Ansars irréprochables,
Et les Exilés tant éprouvés de La Mecque,
Comment il monta en chaire
Dans le minbar et, ayant récité l’oraison,
Prononça ces mots terrifiants :

« Un parmi nous passera bientôt près du Créateur »

Ah, mots qui pousseront à jamais, comme le lierre sauvage des bois,
Dans le cœur des hommes qui l’aimeront pour toujours
Avec toutes les gouttes de leur sang !

Dis, Ange de l’éther, comment il demanda,
D’une voix merveilleuse de douceur et d’amour,
D’une voix débordante de confiance absolue
En la très grande et très tendre,
En la très sûre et belle bonté de Dieu notre Seigneur,
Pardon au peuple anéanti de chagrin,
Implorant ses amis à ne point ériger son tombeau
En lieu de pèlerinage et de culte

Ni sa maison en aire de prière !
Dis, Ange de Dieu, comment avec le dernier souffle
Qui lui restait encore dans sa défaillante poitrine,
Il demanda à sa femme tant aimée et chérie,
Aïcha, la pure et la douce, la mère
Du peuple innombrable des croyants,
De faire don aux pauvres de la cité,
De faire aumône suprême,
Des derniers sept dinars qu’il possédait,
Le seul, l’unique trésor de toute une vie
De sacrifices inouïs, de larmes, de supplices, de blessures,
De cicatrices, de famine, de soif, de labeur
Et d’abnégation insondable !

Comment il formula avec une grâce incomparable,
Avec la plus belle des bienveillances,
Sa dernière volonté de pureté :
Oui, il supplia, ô mon âme,
Qu’on lui lavât avec minutie,
Qu’on lui frottât avec courtoisie, avant le départ éternel,
Ses dents, blanches comme les marguerites du printemps,
Luisantes comme le silex des dunes.

Révèle, ô mon chant, comment à l’instant
Où il rendit à l’Ange Gabriel son âme déférente,
Le sceau céleste de la haute prophétie, le signe astral
Dont Dieu l’avait marqué à sa naissance entre ses deux épaules
S’effaça brusquement, subitement,
Comme un rêve froid s’évapore à la chaude clarté du matin,
Comme un soupir sonore se laisse étouffer par la brise,
Comme un songe se dilue dans l’eau caressante d’un baiser !

Et puis, comment dans sa maison si modeste,
Dans sa demeure simple comme la divine miséricorde,
Tomba le silence immuable de l’été irréprochable,
Comment la mer aventureuse de la grande chaleur herbée du Midi
Et l’ardeur cristalline de l’air transi de tristesse
Se couchèrent sur le seuil inconsolable !

Dis, Ange de la Voie Lactée,
Comment on lava son corps à jamais endormi
Dans les bras des anges éplorés,
Comment on l’a vêtu de la tunique blanche
En la jonchant de branches de jasmins,
Comment on l’a enveloppé dans le tapis rouge
Tissé par les mains aimantes et hâlées des fidèles Bédouines !

Dis, dis, ô Ange de la Dernière Heure,
Comment on l’a déposé dans la tombe émerveillée,
La face tournée vers La Mecque,
Vers la douloureuse, la brûlante, la cruelle, la tendre patrie,
La dure patrie de son enfance indigente,

Baignée par tant de larmes solitaires,
Recouverte par tant de cicatrices et de plaies !

Comment on a laissé découverte
La joue droite, sa joue douce et nacrée,
Pour que la terre puisse la toucher de ses lèvres reconnaissantes,
Pour que le sable puisse caresser
De sa chaude et ample bonté son sommeil !

Dis comment on a planté sur sa tombe fraîche
Un rameau de vert dattier
En signe de renaissance perpétuelle !
Dis, ô mon chant triste, ô mon âme inconsolable,
Dis si tu le peux encore,
Comment, quand les hommes se sont éloignés
De cet immortel cimetière,
Descendirent de l’azur les légions rayonnantes
Des prophètes et des saints
Pour accueillir l’âme lumineuse de l’Ami de Dieu !

Comment les anges supérieurs aux corps tissés d’étoiles,
Aux corps où frémit l’inépuisable jeunesse de la vie éternelle,
Déposèrent sur son cœur des fleurs de lys cueillies
Dans les jardins du Seigneur !
Ces anges qui l’avaient vu jadis monter, ravi, au Septième Ciel,
Atteignant Sidrat-al-Muntaha, l’Arbre de la Pure Lumière,
Le Lotus de la Clarté !

Ô nuit silencieuse, nuit de toutes les merveilles,
Inscris mon poème douloureux
Sur le velours noir de tes paupières,
Brode-le en lettres d’or sur ta mauve poitrine,
Accroche-le au sanctuaire de ton cœur !

Ô belle nuit, immense nuit arabique,
Jardin voyageur rempli de vivante sainteté,
Verse les baumes de la paix,
La fraîcheur viatique des songes impalpables
Sur le sommeil lumineux, sur le sommeil divin
Des êtres à jamais
Bons, Justes et Purs !

Ikra, lis,
Récite, nuit glorieuse,
Nuit célèbre, nuit des miracles,
L’abandon glorieux de l’âme
A l’insondable, à la sainte, à l’aimable volonté
De Dieu, notre aimable Seigneur
Qui rythme l’écoulement du temps intemporel
Et sanctifie de son Chant
Le chant de ses doux Glorificateur et Amis !

« Dis : Je cherche un asile auprès du Seigneur des hommes,
Roi des hommes,
Dieu des hommes,
Contre la méchanceté de celui qui suggère
les mauvaises pensées et se dérobe ;
Qui souffle le mal dans les cœurs des hommes ;
Contre les génies et contre les hommes. »

Coran, CXIV, Les Hommes

Athanase Vantchev de Thracy

Glose :

Le Prophète Mahomet [Muhammad] était le fils de ‘Abd-Allâh [‘Abdallah], prénom qui signifie « serviteur de Dieu », demi-frère d’al

 

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