Babacar SAMB
Nationality: 33
Email: bcalioune@yahoo.fr
Nationality: 33
Email: bcalioune@yahoo.fr
Babacar SAMB
Babacar SAMB est un poète.il est né le 21/02/1957 à Dagana. Il a fréquenté l’école coranique et l’école française L’école 1 de DAGANA d’où il sortit en Juin 1971 avec le Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires (C.E.P.E). Il intègre la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS) implantée à Richard Toll en 1971.
Monsieur Babacar SAMB a toujours aimé la poésie et continue toujours à l’écrire. Il est membre du Cercle des Écrivains et Poètes de Saint-Louis (CEPS).
Gorée
Gorée : nom aux rudes consonances !
Gorée : l’attrait et le signe d’une histoire !
Tel un vaisseau ancré à l’abri d’un certain port,
L’île de Gorée à l’océan, dresse son rostre basaltique strié d’orgues…
Gorée, forteresse naturelle qui tenta dans le siècle peuples, marins ou conquérant
Ces hommes qui bâtissent l’île lui imposant ses cours intérieures,
Peut-être sa chaux et sa pure ocre des façades.
O siècle chassé-croisé perpétuel !
Gorée où le Chevalier de Boufflers écrivait à Madame de Sabran[1] qui
Pleura pour te revoir.
Pour te revoir la « Méduse[2] » sombra…
Gorée la « Captiverie » ou la « vieille maison des esclaves »
Par ta porte façonnée au ras des flots, des milliers de Malheureux captifs
Ont chargé les voiliers vers l’Amérique.
Combien ne sont jamais parvenus au terme de ce voyage ?
Qui regardera sans émotion ce rectangle de lumière,
L’ultime vision de la Mère Afrique, la dernière image d’une Afrique,
D’un monde insensible ?
Gorée, chenue sous le poids de cette mélancolie, haut lieu de l’Africanité !
Gorée, symbole de la libération universelle !
Gorée : capitale mondiale des opprimés !
Gorée un monument du Souvenir face à la conscience des hommes !
Gorée, rêveuse et debout sous la brise !
Gorée, soucieuse du destin de l’homme dans l’espoir.
Art
Il est ma physionomie l’art.
Il est ma véritable sculpture.
Il embaume ma demeure.
Il me fait pleurer d’excès de vie.
Pour m’épargner du commun des mortels.
Et voilà qu’il me fait frémir le corps
Avec les sensations exquises de la conscience permanente.
De sa mélodie gutturale, pertinente
Au flottement de mon âme.
Art-Art inné, art acquis de l’atelier !
Celui qui marque dans sa conscience
Masque, Peintures rupestres.
Faculté de plus de m’enrôler le jargon
Au devant de la traduction de ses codes ;
De son message mortel, de son message d’odes
Art que mes veines acceptent, adoptent de sa tendre enfance du milieu
Art, je te reconnais de ma main
De ma main mainte,
De mes yeux qui aiment l’esthétique.
Art, je te reconnais du fond des tumultes
Du fond des silhouettes et dans les ombres.
Oh, oui ! L’artiste ne vit pas, il suscite la félicité ombrageuse.
L’artiste ne crée pas, il le vit
Il est celui qui ne grandit pas
Il n’est pas nain
Il est l’enfant qui joue avec une authenticité périlleuse,
Une humilité authentique
O Grimaldi Picasso ! Graal !
Mon frère
Ouvre, ouvre-moi ta porte,
Ne baisse pas les yeux,
Ne détourne pas la tête,
Ouvre, ouvre-moi ta porte !
Je suis ni blanc, ni noir,
Je suis ni jaune, ni rouge,
Je ne suis que le fils de l’homme.
Ouvre, ouvre la porte pour l’autre.
Mon fardeau est lourd,
Sur mon épaule je porte la charge des faibles
Je violerais la voix des sans voix
Dans le silence lourd des femmes
Ouvre, ouvre moi la porte.
Les aveugles, ont leur monde obscur,
Les oiseaux ; leur nid,
Le mort, son tombeau,
Le malade, son lit ;
Le paresseux, son refuge oisif,
Je suis seul, je n’ai où reposer ma tête,
Et je demeure, le fils de l’homme.
Ouvre, ouvre-moi ton cœur,
Je parlerais à l’univers
Ouvre, ouvre moi toutes les portes !
Saint-Louis, le 05-03-2008.
A L’OMBRE DE MES PERES
Quand viendra ce mardi dans novembre !
Quand ridé, loin de mes meilleurs ans,
Quand loin de toutes les musiques,
Quand la vie ne m’invitera plus aux noces du monde.
Quand hier assurant mon pas d’homme,
J’ai marqué mon époque les carrefours, les cérémonies.
Quand le temps m’ouvrira sa fenêtre
Sur le monde infini des esprits silencieux,
Comme un grain dans la terre,
Je voudrais me reposer à l’homme de mes pères !
J’ai écrit ma page, pleuré et ri en son temps,
Sur les plaines chargées du temps des saisons,
J’ai labouré ma parcelle, embelli ma demeure.
Fils, filles, épouses, amis
Même ennemis ne pleuraient pas,
Relisez mes poèmes !
Quant à l’ombre de mes pères dans ce cimetière
De saints à l’ombre des « sump[3] » à Dagana,
Je voudrais mourir !
Heureux est le pur qui va vers le Seigneur !
Heureux de mourir, loin des peines,
Heureux et libre vers mon seigneur !
Quand viendra ce Mardi dans Novembre !
Saint-Louis, le 05 Mai 2009.
Caire 86
Au grand club les grands problèmes !
C’est aussi qu’au grand pays les grands problèmes !
Le peuple profond dans l’espérance,
A vécu triste sans la répugnance,
Que de réveils dans le sommeil,
Que de risques dans le sommeil,
Où l’être dans l’espoir né du voulu,
A dans ce moment amer vécu le dévolu,
La brise consolait les maux,
Voyait de beaux mots,
L’espoir doutant,
Aux grands clubs les grands problèmes !
C’est aussi aux grands pays les grands problèmes !
Problèmes qui ouvrent des seuils réels aux intrigues menant vers le rationnel,
Ne voulant pas vivre comme rebelle tu fuis tout ce qui sent au cruel,
Et sous les temples qui martèlent, tu revis le rituel qui rappelle,
Ton double que les gens ont blanchi couvant pesamment l’être soucieux,
Comme vieilli dans ce moment de sourire retenu s’est senti revivre dans le reconnu.
O peuple ! Sur le nouvel hôtel du geste, tu présentas une jeunesse prête,
Le cœur que le déçu a marqué attend avec énergie un siècle griffé.
L’ouïerépétera-t-elle ses gestes pour deux fois sourire ?
Si gagner c’est jouer et recommencer, perdre est jouer et recommencer.
Allons ! Allons vers l’autre jouer, jouer,
Oui allons malicieusement jouer, jouer,
Grandement, sportivement car le ruisseau de la mémoire puisera encore sur demain,
Qui viendra, héritera, jouera et brandira…
Dagana, le 10 Juin 1986
L’Argent
J’ai fait un rêve,
Un rêve d’être de l’argent.
Je me suis réveillé pour trouver un argent
Qui change tout et rien
Qui simplifie tout dans le mal et bien.
Et voilà comme dans un piège,
Je rumine ma déception et mon angoisse
Dans la plus grande solitude au Niveau
Du vaste Empire du bien aimé argent.
Pourquoi suis-je ce métal blanc ou jaune qui révolutionne le monde ?
Pourquoi suis-je ce billet vert ou bleu qui ne résiste
Ni au vent, ni au feu, ni à l’eau ?
Non, je ne peux pas comprendre
Comment dans ma faiblesse
De papier, je puis être l’ami de tous les vivants ?
La seule puissance qu’on ne discute pas !
Le fondement des secrets et Espoir,
La clé de toutes les portes ?
Oui, j’ai été lâche et impitoyable
Dans mon rêve de posséder un
Argent qui fait courir et chanter
Mes frères handicapés dans une
Contradiction qui ne peut
Laisser insensible comme l’enclume.
D’avoir fait de mon frère jadis fier
Dans son humble champ, un rêveur
Dans l’air d’un…
D’avoir fait de ma sœur la travailleuse
Indésirée et désolante de sa mère,
De plonger ma cousine dans cette triste et
Confuse situation d’amoureuse
Pastiche et sans vergogne.
Oui, j’ai été cruel et sadique
Dans mon rêve d’empocher un
Argent qui est l’unité des pathologies,
Economique, la source et la finalité des assassinats,
Crimes et trahisons les plus horribles.
Le sorcier et le démon des malfaiteurs,
Producteurs de rixes les plus sanglantes,
L’objet de discussion et de querelle chaude
Entre le Père et le Fils, le Frère et la sœur,
Nation et Nation, le mari et la femme.
Pourquoi puis-je opter
A ce lien qui ne lie pas la paix et le monde ?
Et voilà je regrette et me sens
Ridicule d’avoir connu notre Ennemi Argent qui fructifie nos
Maux, qui nous injecte de notre
Univers biologique naturel plein
D’espoirs pour nous faire porteurs de caractères indignes.
Suis-je sans être rare
Dans les mains de tous les hommes ?
Suis-je valeureux entre les mains
De cet enfant qui m’enterre ?
L’argent fait le bonheur dit-on mais
Je permets seulement de mieux vivre
[1] La compagne du gouverneur le chevalier de Boufflers (1738-1815) au Sénégal.
[2] Bateau qui chavira dans la nuit du 02 Juillet 1816.
[3]Mot wolof qui désigne le dattier du désert. C’est un arbre épineux qui produit des feuilles et du fruit, consommés aussi bien par l’homme que par le bétail.